VOYAGE SRI LANKA

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Vos récits de voyages au Sri Lanka

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Un hôtel 4*+ le LANKA PRINCESS.

18 décembre 2004 : départ pour un vol en direction de Colombo au SRI LANKA.

Il a fallu 10 heures de vol relativement calme pour arriver à destination, il est 10h du matin, notre voyagiste sur place nous annonce qu’il y a encore 3 heures de bus jusqu’à notre hôtel à Aluthgama, près de Gallé, distant de seulement 58 km. Nous traversons les rues de Colombo où nous pouvons aisément contempler un bouddha sur la droite, des Père Noël accrochés aux arbres à gauche et des boutiques, nous traversons les villages suivants, première constatation : c’est assez sale. Les sri-lankais roulent à gauche et personne ne respecte le code de la route. Nous doublons une camionnette qui double un tuk-tuk qui lui-même double une bicyclette, et tout cela malgré les voitures qui arrivent en face, il vaut mieux ne pas regarder par le pare-brise… ça fait peur.

19 décembre : un bâtiment blanc, majestueux se dresse devant nous, un garde sri-lankais épais comme un cure-dent nous ouvre l’énorme portail, le bus s’arrête, nous descendons. Une dame vêtue d’un sari doré, les mains jointes au niveau de son front, nous accueille d’un "aayu-bowan". L’hôtel est magnifique, tout de marbre et des orchidées multicolores décorent joliment la réception. Un immense sapin de Noël se dresse au milieu du hall. On nous prie de nous asseoir et on nous sert un cocktail très frais, il faut dire qu’il fait 37°C. Nous sommes conduit à notre chambre au 1er étage, je suis muette d’étonnement, c’est la plus belle et la plus grande chambre que nous n’ayons jamais eu dans un hôtel. En cadeau de bienvenue nous trouvons posés sur le lit deux kimonos et des tongs. Du balcon nous pouvons voir le jardin riche de fleurs exotiques, le bassin des carpes koï et ses nénuphars, suivi de la piscine et au fond la mer.

Petit tour sur la plage, elle est belle, très large et bordée de cocotiers, le sable de couleur rose est fin et doux. De l’autre côté de la rivière Bentota, en face de notre hôtel se trouve une presqu’île à son bout se dresse un rocher sur lequel vivent 2 moines bouddhistes, on peut d’ailleurs entr’apercevoir un bouddha blanc entre les branches de cocotiers.
Nous sommes vite abordés par les rabatteurs locaux : « tu veux faire des excursions sur la rivière, voir les iguanes, les mangroves ? Tu veux visiter la ville de Galle ? Kandy ? Le plus grand bouddha du monde ? ». Nous n’avons rien décidé, nous aviserons plus tard.

20 décembre : nous profitons de la piscine de l’hôtel.

21 décembre : nous allons voir notre "rabatteur" pour la visite des mangroves, nous avons vu et immortalisé des oiseaux aux plumages multicolores, des iguanes de toutes tailles malheureusement toujours perchés sur des tas immondices, nous aurions dû voir des crocodiles mais… il n’y en avait pas ! Nous accostons dans une pseudo pharmacie locale (détour incontournable) où l’on nous conte les vertus de l’aloé vera, de l’huile de bois de santal, des feuilles de coca, et autres plantes, on nous masse le dos, les épaules et les bras. Nous avons été enduits d’huile, nous sommes aussi gras que des pommes frites plongées dans une friteuse. Evidemment tout cela n’est pas fait pour rien, puisque nous sommes conduits dans leur magasin afin de nous vendre tous leurs produits "miracles" et "rajeunissants", à des prix d’usuriers.

22 décembre : nous décidons de prendre nos serviettes et de nous faire conduire par bateau sur la presqu’île de l’autre côté de la rivière moyennant 200 roupies, armés de notre appareil photo, nous marchons sur des kilomètres de plage déserte. Nous nous sommes fixés comme but final le bout de cette plage qui est un peu surélevée par rapport au reste. Paradisiaque ! De toutes petites criques se présentent à nous. Nous nous installons et profitons de l’océan indien.

23 décembre : nous sommes à la recherche d’un coin où nous pourrions plonger avec palmes et masques nous marchons le long de notre belle plage, les locaux nous indiquent le phare c’est là qu’il y a les récifs où se trouvent les poissons les plus colorés. Mais voilà, le phare est loin et nous avons déjà parcouru pas mal de chemin, nous décidons de rester là où nous sommes.

24 décembre : nous attendons notre guide afin de réserver 2 jours de sortie à Kandy pour voir son lac artificiel et son orphelinat pour éléphants, puis Dambulla et son temple troglodyte où nous passerons la nuit avant de rejoindre le rocher de Sigiriya haut de 200 mètres, flanqués de 390 marches pour atteindre le sommet sur lequel se trouve une forteresse et où l’on peut voir des fresques de demoiselles peintes sur la pierre, pour finir par Polonnaruwa où est dressé le plus haut Bouddha du monde. Ca y est, C’est prévu pour le 28 décembre, tout est payé d’avance.
15 h : nous prenons un tuk-tuk pour faire quelques emplettes en ville, bâtonnets d’encens et huiles parfumées pour les copines, arak (alcool local) pour les copains. Arrêt chez le tailleur équipé d’une vieille machine à coudre Singer à pédale, pour qu’il nous confectionne 2 pantalons pour 1 000 roupies (environ 7 euros) chacun, livrable le lendemain.
19 h : champagne en apéritif et repas de fête, le buffet est grandiose, il y a même la traditionnelle bûche, les cuisiniers se sont surpassés. Une vingtaine "d’enfants de chœur " nous chantent les cantiques de Noël, pincement au cœur, puis larmes, c’est la première fois que je passe Noël loin de ma famille, elle me manque, un orchestre prend le relais et nous joue des chansons douces. Quelques couples dansent…

25 décembre : grand jour pour moi : c’est MON anniversaire.
8h30 : coup de sonnette, nous sommes encore couchés, zut ! J’ai pourtant mis le "do not disturb", je me lève et j’ouvre la porte, deux serveurs m’apportent sur un plateau une bouteille de champagne dans un seau et deux verres avec un mot de la direction.
9h30 : petit-déjeuner : les joyeux anniversaires fussent de partout. A la piscine sur mon fauteuil, un bouquet de roses est posé, une petite attention des serveurs. A midi retour dans la chambre, un magnifique bouquet de fleurs exotiques m’attend.
14 h : nous décidons de marcher dans les rues, les gens nous abordent avec des Merry Christmas et nous serrent la main, c’est tout simplement extraordinaire, c’est un bonheur, quel peuple adorable.
17 h : rendez-vous chez notre tailleur, son énorme ventilateur brasse un air lourd et moite, on essaye les pantalons et chemise commandés la veille, impeccable, rien à redire c’est parfait.
19 h : coup de téléphone dans la chambre on nous demande de rejoindre la salle à manger. Une table spéciale a été installée pour moi, elle est décorée de dizaine de minuscules fleurs et est ornée d’un grand cœur rouge sur lequel est marqué happy birthday. Je bénéficie d’un régime spécial avec un dessert confectionné rien que pour moi.

26 décembre : aujourd’hui c’est un jour spécial, c’est la fête de la pleine lune autrement dit "POYA DAY" qui représente la naissance de Bouddha. Grand événement fêté dans tout le pays.

9h30 : il fait 37,6°C, le ciel est bleu, mon mari prend quelques photos de l’hôtel et du parc. Je lui emboîte le pas et me dirige vers la plage où j’entends des gens rire et glousser, la mer est curieusement agitée ce matin, les enfants sautillent dans les vagues qui montent de plus en plus haut.
Je me dirige vers le garde de l’hôtel en faction à la porte et lui demande ce qui se passe, il me répond qu’il ne sait pas, qu’il n’a jamais vu la mer aussi agitée. Je lui indique notre intention d’aller plonger, il me réplique "Don’t go M’ame today the Sea is Dangerous". Bizarre, de grosses vagues viennent mourir à nos pieds, elles ont déjà englouti la plage, les gens reculent. Le garde me demande de rentrer dans le jardin, je cherche mon mari : "viens voir la mer, elle est drôle, regarde elle commence à envahir notre jardin".

D’où nous sommes perchés on peut voir le fleuve qui borde notre hôtel remonter le courant en sens contraire. Denis prend les premières photos, bientôt des vagues plus fortes commencent à arracher le grillage, déterrer les petites plantations, puis une vague plus violente fait valser la guitoune du garde et les fauteuils disposés çà et là dans le jardin. Une autre vient s’emparer du pool bar en apportant avec elle un tas de détritus de toutes sortes, les serveurs ont de l’eau jusqu’aux genoux et se sauvent.
Le garde nous demande de monter sur les bords de la piscine surélevés de 3 mètres. Personne n’a jamais vu çà, l’eau se retire.

11 h : petit tour sur la plage, c’est un drôle de spectacle qui s’offre à nos yeux, le fleuve a retrouvé son cours normal et charrie des tables, des chaises, un jet ski, et divers objets, des pêcheurs tentent de sauver des barques qui se sont retournées, puis la mer repart, elle disparaît littéralement et notre plage est comme grignotée, le sable se craquelle et telle des mini falaises tombe plus bas d’environ 50 cm. Nous marchons vers les hôtels voisins afin de constater leurs dégâts. Nous parcourons à peu près 300 m, quand on aperçoit une dizaine de promeneurs adultes et enfants inconscients qui se dirigent vers les rochers qui sont sous l’eau normalement, mais là il n’y a plus de mer et on peut y aller à pied.

"Ce n’est pas raisonnable ce qu’ils font car ce n’est pas normal qu’il n’y ait plus d’eau à cet endroit là".
A peine dit ces mots, qu’un grondement se fait entendre, ELLE REVIENT. Une vague d’à peu près 5 à 6 mètres de haut avec son sommet d’écume s’approche à toute vitesse vers la côte, les malheureux n’ont pas le temps de rejoindre la plage ils sont balayés comme un jeu de quille, des cris horribles nous parviennent aux oreilles.
Mon mari me hurle "Demi-tour, vite, cours puce, cours", je détale façon "forrest Gump".
ELLE s’approche de plus en plus près, je lui crie "on y arrivera pas, c’est trop loin, - alors engouffre-toi dans la première ouverture que tu trouves". Je prends la première porte qui se présente à moi, un garde sri-lankais m’arrête et me demande de quel hôtel nous venons, je lui réponds le LANKA PRINCESS, "ce n’est pas ici, retournez à votre hôtel" me rétorque t’il. "Non Monsieur nous n’avons plus le temps, regardez la mer", lui répondis-je dans un mauvais anglais. Un touriste allemand, nous dit "dépêchez-vous d’entrer sinon vous êtes morts", pas d’hésitation, je bouscule le garde, et chute dans un trou que les premières vagues avaient creusé, je tombe, me râpe toute la cuisse gauche, l’allemand m’avait bien dit "achtung" mais trop tard, je me suis foulé la cheville et méchamment ouvert l’orteil, il saigne beaucoup et mon pouce également, je me relève et continue à courir en boitant.
Tout le monde court vers le premier étage de ce petit hôtel qui a déjà été bien secoué par les premières vagues, dans notre fuite nous remarquons qu’il manque des pans de mur aux appartements du rez-de-chaussée. Nous longeons les couloirs et redescendons les marches de l’autre côté du bâtiment, à mi hauteur je reste tétanisée, je ne peux pas continuer, des iguanes sont au bas de l’escalier. "Fais pas l’andouille" me lance mon mari "sautes par dessus", plus facile à dire qu’à faire, je les piétine en hurlant.

Nous rejoignons notre hôtel par la route, les gens étonnés qui n’ont aucune idée de ce qui se passe en bord de mer, me dévisagent, je suis mouillée comme un chat, j’ai du sable dans les cheveux, je suis sale dans le visage et de plus, je suis en maillot de bain en pleine rue !!! Dans le petit chemin qui nous mène à l’hôtel une marée humaine à contresens nous dit "don’t go, don’t go, it’s dangerous, the Sea come". Oui mais c’est notre hôtel, on y a nos papiers et nos vêtements.
"Va prendre une douche, moi je vais faire quelques photos" m’ordonne mon mari, je refuse et le suis dans le jardin qui a fortement été endommagé, les murs de séparation se sont écroulés, les fosses septiques sont déterrées et se trouvent dans la cocoteraie du temple voisin, ça sent mauvais, coup d’œil rapide à la plage, l’océan a de nouveau disparu, plus d’eau à perte de vue. Mais que nous arrive-t-il ?

12h30 : les gardes nous alertent, ELLE REVIENT A NOUVEAU, encore plus haute que précédemment.
On a pas le temps de se mettre à l’abri, mon mari prend une dernière photo pendant que la mer envahit la piscine, puis c’est la course effrénée pour rejoindre la réception, trop tard la vague nous a pris de vitesse, l’eau nous entraîne, un touriste est happé et est violemment projeté dans le bassin des carpes koï, une personne arrive à le saisir par le bras et le sort non sans mal.

Tout le monde se donne la main afin de faire une chaîne humaine pour que personne ne soit emporté par la violence du courant, nous devons rejoindre le premier étage pour nous mettre à l’abri, nous traversons le restaurant où il n’y a plus de tables ni de chaises l’eau boueuse les a recouvert elle a maintenant envahi tout le rez-de-chaussée, il faut faire attention aux parasols qui ont été arrachés et qui menacent de nous empaler avant de se fracasser contre les baies vitrées, effrayée, je nage jusqu’aux marches de l’escalier aidée par un maître d’hôtel, mon mari me suit de près au cas où je faibli. Enfin, nous sommes tous à l’abri au premier étage, tout le monde est hébété mais que s’est il passé ?

L’eau se retire doucement et c’est prudemment que nous descendons de notre perchoir et évaluons les dégâts, les appartements du rez-de-chaussée sont tous noyés, la cuisine est inondée avec tous les aliments qu’elle contenait. La réception est encore sous 50 cm d’eau, les employés sont en train de mettre les meubles sur pilotis. Les ascenseurs sont remplis d’eau.

Certains clients proposent de donner un coup de main au personnel pour remettre de l’ordre dans l’hôtel. Des balais et des raclettes nous sont tendus et nous commençons à faire place nette, nous mettons sur un tas toutes les planches et les détritus que nous ont ramené les vagues, des pelles nous sont également fournies pour enlever les 3 cm de sable qui s’est déposé sur le carrelage. Le jardin est rempli de vêtements qui appartenaient aux vendeuses ambulantes ou aux petits magasins aux alentours. Deux employés sortent l’évier et le frigo du pool bar de l’eau noirâtre de la piscine, cette dernière est remplie de poissons de mer ; quant aux carpes koï elles n’ont pas survécues.

15h00 : la faim commence à se faire sentir, nous allons voir s’il y a quelque chose à manger, un peu de soupe, du riz blanc, des mangues et des bananes, c’est tout, nous grignotons debout par manque de meubles, tout a été emporté. On nous défend de sortir de l’hôtel tant que l’on ne sait pas ce qui s’est passé.
16 h : l’appel est fait, il n’y a pas de victimes dans notre hôtel, on nous apprend qu’il y a eu un tremblement de terre quelques heures auparavant à Sumatra suivi d’un tsunami, mais nous ne sommes toujours pas au courant de l’ampleur de la catastrophe.
Nous tentons de joindre notre famille par téléphone afin de les rassurer mais il n’y a pas de réseau, on essaiera plus tard. Au fur et à mesure on apprend qu’il y a de plus en plus de morts.
L’après midi se passe à nettoyer l’hôtel. Le repas du soir qui aurait dû être un repas somptueux se fait aux bougies et sera composé de poisson et de riz et les incontournables mangues et bananes sauvées des eaux.
Les toilettes se limitent à une pour 200 clients et l’on nous a mis à disposition un seau à champagne et une grande poubelle pour puiser l’eau afin de rincer nos besoins, de plus à la lueur d’une seule bougie et cela uniquement au rez-de-chaussée, ma hantise et si je dois faire pipi cette nuit…

20 h : enfin nous avons du réseau, j’appelle ma sœur pour lui dire que nous sommes sains et saufs, quel soulagement pour elle, elle était morte d’inquiétude, nous sommes coupées. J’arrive à la rappeler vers 23 h pour lui donner de plus amples renseignements sur notre situation. Je ne ferme pas l’œil de la nuit, je repense à cette journée, la course pour sauver nos vies, les chiens qui hurlent à la mort, le grondement incessant de la mer. Je me lève et vais sur la terrasse, mais je ne peux y rester, les moustiques me dévorent littéralement. Je retourne me mettre à l’abri sous la moustiquaire. Je pleure en silence pour ne pas réveiller mon mari…

27 décembre : petite toilette "de chat", on nous a mis à disposition de petites bouteilles d’eau pour nous laver et nous brosser les dents. Dehors c’est un ballet infernal d’hélicoptère de l’armée de l’air qui défile devant nos yeux, il y en a même un qui s’est posé sur notre reste de plage. Les morts se comptent par milliers maintenant.

Nous bravons l’interdiction de sortir de l’hôtel, armés de notre appareil photo. L’océan est toujours un peu agité et tout le monde craint les répliques.

Un spectacle hallucinant se présente devant nos yeux, où est passée la bijouterie construite 2 mois avant la catastrophe, il n’en reste rien. Les petits bars de plage ont tous été arrachés. L’Eden Park voisin a subi plus de dégâts que nous, il y a même une barque retournée dans le jardin, le Neptune a perdu tous ses bungalows ainsi que les personnes qui les occupaient, le Sagarika est totalement détruit avec beaucoup de victimes, l’hôtel que nous avions traversé n’existe plus, rasé ! Au fur et à mesure que nous avançons les dégâts sont de plus en plus importants. Des bateaux fracassés sont à moitié enterrés dans le sable que sont devenus les pêcheurs qui étaient dedans ? La galerie marchande si accueillante a été décapitée. Nous avons appris qu’à 20 km à la ronde le seul hôtel encore debout est le nôtre, nous devons notre salut à la presqu’île et son piton rocheux qui se dresse devant nous ce dernier est redevenu une île 6 ans après avoir été rattaché par le sable à la côte.

Des badauds nous abordent en nous disant "it’s a big Trouble" ils nous accompagnent dans notre ballade post-catastrophe, sur des kilomètres il ne reste que des ruines et sous les ruines des gens…
Des cocotiers couchés et le petit pont détruit nous empêchent d’aller plus loin, nous faisons demi tour. Sur la route nous pouvons également constater les dégâts, des bateaux fracassés dans les petits canaux, des jet-ski brisés, des briques et divers détritus jonchent le sol. Il ne reste rien du Bentota Beach Club un super hôtel qui a littéralement explosé sous l’assaut des vagues. L’envie de pleurer me revient, j’aimerais rentrer en France mais notre contact sur place ne donne pas signe de vie malgré tous nos appels téléphoniques, plus tard nous apprendrons qu’il s’est occupé de touristes qui avaient tous perdu, même des membres de la famille… NOUS ON EST VIE.

28 décembre : Je déprime, l’hôtel n’a plus d’électricité, plus d’eau, plus de toilettes, plus de piscine, plus de plage, nous n’avons presque rien à manger, les moustiques sont agressifs et ça pue. A ce moment là, toute l’ampleur de la catastrophe nous était inconnue.

Les mots croisés, Pierre Bellemare et ses aventures extraordinaires sont nos seules distractions.
Nous ne fermons pas l’œil de la nuit, les hurlements de chiens en sont la cause, au petit-déjeuner les moustiques, eux, sont d’attaque, moi je n’ai pas faim, d’ailleurs je trouve que le café et le thé, avant d’excellente qualité, ont mauvais goût. Nous retournons sur la plage, une odeur de cadavre nous prend à la gorge, c’est irrespirable, je n’irai pas plus loin, les larmes me viennent…

15 h : je suis malade, j’ai des coliques et la diarrhée, mon orteil n’est pas beau à voir il est enflé et infecté, j’ai mal, un médecin me soigne.
Au dîner, le directeur nous annonce que Thomas Cook affrète un avion rempli de médicaments et autres et que nous avons une place à bord pour le retour. Cris de joie et applaudissements ! A la fin du dîner nous faisons une collecte pour les employés de l’hôtel qui ont perdu des membres de leur famille et leurs biens.

29 décembre : 5 h du matin, le téléphone sonne, c’est l’heure du réveil, c’est dur je venais de m’endormir, je suis exténuée, mais contente de rentrer, après le petit-déjeuner nous distribuons le reste de nos roupies aux serveurs.
6 h : le bus est devant l’hôtel ça y est on part, on a au moins 4 heures de route d’après le guide. Il fait nuit on ne peut encore voir les dégâts causé par le tsunami, mais plus tard les premières lueurs du jour nous montre l’ampleur de la catastrophe, des villages entiers sont détruits, il ne reste des maisons que la dalle. Des amas de briques, de tuiles et de tôles ondulées s’enchevêtrent. La voie ferrée est impraticable, les rails ont été arrachés et sont posés à côté des ballastes, et plus haut la gare est détruite et recouvre la ferraille tordue. Ici on dégage un chalutier de la route, là un autre se trouve dans la cocoteraie, un troisième est complètement retourné dans l’eau, là encore il y en a un qui repose sur la digue avec un gros trou dans ses flancs. Plus on remonte vers Colombo et moins les dégâts sont importants heureusement. Enfin l’aéroport, il y règne une atmosphère étouffante, il doit y avoir au moins 4 000 personnes pour 5 ou 6 avions, on nous filme du 1er étage, on se sent mal tellement il fait chaud, on doit s’asseoir. Après un long moment notre contact vient nous chercher et nous guide discrètement vers un guichet d’enregistrement, voilà nous avons une place dans l’avion, ce qui n’est pas le cas de plusieurs personnes qui étaient dans le bus avec nous.

14 h : deux bus viennent nous chercher pour nous conduire vers notre avion. Les blessés montent en premier, à la porte de l’appareil les hôtesses de l’air nous accueillent d’un air troublé.

Nous atterrissons enfin à Francfort après 10 h de vol, des bus viennent nous chercher et nous conduisent vers une cellule de crise où l’on est pris en charge loin des reporters de la télévision, on nous propose du café chaud, j’accepte car je tremble de froid et de fatigue, un médecin de la Croix-Rouge remarque que je boite, il me fait enlever ma chaussette qui colle à la plaie celle-ci n’est pas belle, elle est à nouveau infectée, il s’empresse de me soigner et on me refait un bandage, on me donne une paire de grosses chaussettes que j’enfile car il m’est impossible de remettre mes chaussures. Mon mari a récupérer nos bagages. Nous n’avons même pas été contrôlés par la douane, nous sommes directement montés dans le train.

La famille nous accueille sur le quai de la gare il est 0h20, ma sœur fond en larmes, je laisse également couler les miennes et leur dis à quel point je les aime. C’est bon d’être rentrés. On fête l’événement, on ouvre une bouteille de champagne, puis deux, on regarde les photos sur l’ordinateur, coup de blues, j’ai un sentiment de honte d’être rentrée et d’avoir abandonné les sri lankais à leur misère.

Le lendemain coup de téléphone au Ministère des Affaires Etrangères pour leur signaler notre retour en France, nous étions portés disparus…
Dans ma tête rien ne va plus, je ne trouve plus le sommeil et quand enfin j’arrive à m’endormir, je fais des cauchemars, mais surtout je passe du rire aux larmes.

C’était il y a 7 ans, aujourd’hui je vais mieux, mais je n’oublierais jamais…

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