VOYAGE BALI - INDONÉSIE

Voyage à Bali et en Indonésie : Mer, volcans et forêt tropicale

Au delà de ses paysages de rêve (ses plages, ses lacs, ses rizières,...) et de son patrimoine culturel, l’Indonésie peut se transformer en une véritable aire de jeux en plein air. A Bali, vous pourrez vous adonner à la planche à voile, à la plongée sous-marine, au surf ou au scooter des mers à Kuta Beach, à Legian Beach ou à Sanur.
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Plus d’infos sur Bali et l'Indonésie

A voir lors de votre voyage à Bali et en Indonésie

Les principales îles, leurs villes, sites et richesses naturels:

  • Bali, l’île des Dieux, son patrimoine culturel (traditions artisanales, fêtes religieuses, musique et danses, etc.) et ses paysages à couper le souffle, entre les magnifiques rizières vertes en terrasses, Denpasar, les majestueux volcans (monts Batur et Agung) et bien sûr les plages mondialement connues, notamment par les surfeurs avertis et les amateurs de vie nocturne.
  • Java, la capitale indonésienne Jakarta et ses buildings impressionnants, les villes Solo et Yogjakarta, le vaste temple bouddhiste de Borobudur et les temples hindouistes de Prambanan, le haut volcan Semeru, point culminant de l’île, etc.
  • Sumatra, ses lacs (Toba et Maninjau) et volcans, ainsi que ses buffles et orangs-outangs
  • Kalimantan, partie sud de Bornéo, où l’on trouve à la fois forêts vierges et rivières où cohabitent crocodiles, pythons, singes et calaos
  • L’archipel des petites îles de la Sonde : les dragons (varans) de Komodo, plus grande espèce vivante de lézard, les plages et coraux de Lombok, Florès, Sumbawa,…
  • Sulawesi (ou Célèbes), ses rizières, plantes carnivores et orchidées, son lac Posso et le parc de Lore Lindu, les plages des îles Togian où la plongée se révèle exceptionnelle…
  • La Nouvelle-Guinée occidentale (Irian Jaya) et ses oiseaux de paradis, Madura et sa course traditionnelle de taureaux appelée le Karapan Sapi, Moluques, surnommée l’île aux épices, etc.

Climat à Bali et en Indonésie

29°C janv. 29°C fev. 30°C mars 31°C avr. 31°C mai 31°C juin 31°C juil. 31°C août 31°C sept. 31°C oct. 30°C nov. 29°C déc.


Meilleurs mois :
De mai à octobre pendant la saison sèche.


Mois à éviter : Entre novembre et avril la pluie est fréquente, cependant les mois de décembre et janvier sont prisés des touristes car les températures sont très agréables.


Spécialiste Bali - Indonésie : Victor Jouniaux

Victor Jouniaux

Vos récits de voyages à Bali et en Indonésie

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Lors d'un voyage en famille sur l’île de Java en indonésie, nous nous sommes aventurés en jeep dès l'aube entre des forets étriquées sous une fin de nuit étoilée.
Je ne voyais pas grand chose dans cette faune inconnue surplombée par des accents asiatiques dépaysants.
Nous sommes par la suite arrivés en haut d'une montagne et j'appercu dés lors un paysage désertique, des coulées de lave durcies, des chevaux, des dizaines de chevaux à la crinière épaisse avec derrière eux un mouvement incessant de poussière. J'étais obnubilée par cet odeur de souffre et par cette fumée vers laquelle nous devions poursuivre notre visite. Je me sentais vivante et à la fois si vide devant cette immensité, devant cette vie dont nous sommes souvent coupés, devant ce mont, ce mont bromo.
Nous sommes descendus vers cette plaine jaunâtre qui fut auparavant parsemée d'habitations. Nous avons entamé notre ascension et après m’être sentie vide et apaisée je me suis très vite sentie essoufflée dans cette immensité où nous continuons à avancer dans ce sable encore froid de la nuit.
Entre les hennissements des chevaux et le lever de soleil, je marchais sur ce flan si puissant d'un volcan, prés de ces coulées de laves si majestueuses. Arrivée, essoufflée et épuisée prés du cratère, je me suis avancée vers ce creux si profond et fumant et je me suis dis que les voyages vous font comprendre que la vie vaut le coup d’être vécue et que nous sommes si petit face à cette nature et à la fois si grand pour agir pour elle, pour agir pour nous.
Les voyages quels qui soient vous rendent vivant et vous emplissent de bonheur.

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Après quelques jours à Yogyakarta, dans un dépaysement total de couleurs, d’odeurs et de bruits, notre curiosité fut aiguisée à la lecture du guide de voyage, il existait à 40 km de la ville une gigantesque pyramide de pierre volcanique, le temple le plus important de tous les lieux de culte bouddhique et considéré comme un incontournable : Borobudur...

Le lendemain matin un taxi nous déposait au pied d’un éblouissant exemple d’architecture et de culture Javanaixe, un lotus géant de pierre érigé sur une colline naturelle, dominant les rizières, une beauté saisissante à couper le souffle !
Il était tôt le matin mais il faisait déjà très chaud, le parking était désert hormis une marchande de boissons qui nous vendit des boissons fraîches pour quelques rupiahs, et nous nous dirigeâmes vers ce chef-d’œuvre, boisson en main, profitant du silence et de la beauté.


La jeune marchande indonésienne commença à nous suivre, se cachant derrière les arbres lorsque nous nous retournions. Intrigués par le manège, nous nous sommes arrêtés pour la questionner sur son comportement, terminant notre boisson à ce moment là, elle vint vers nous, récupéra les bouteilles vides pour les mettre dans un panier et disparaitre rapidement. Nous faisions connaissance avec la discrétion et le service indonésien...

L’histoire de ce chef d’œuvre n’est pas banale. Construit au VIII et IXe siècles, il fut un sanctuaire et lieu de pèlerinage dédié à Bouddha, puis abandonné sans qu’on en connaisse la raison exacte vers 1100. Découvert dans la jungle par le lieutenant gouverneur Anglais de l’ile Thomas Stamfort Raffles en 1814 qui chargea un ingénieur Néerlandais Cornelius de défricher et restaurer ce bijou de pierre dans un écrin de verdure. Les travaux durèrent deux mois, 200 hommes y travaillèrent et le temple surgit de la jungle.

Carré de 113 mètres de côté, il est constitué de 4 galeries superposées, couvertes de bas reliefs relatant la vie de Buddha, les punitions pour les mauvaises actions, les douleurs de l’enfer, les plaisirs du paradis, une bande dessinée géante de 5 km.

L’ensemble est surplombé de 3 terrasses circulaires où l’on découvre d’immenses cloches de pierres ajourées, les stupas dans lesquels se trouvent des statues de bodhisattvas, saints hommes du bouddhisme ayant franchi tous les degrés de la perfection mais n’ayant pas encore atteint l’état de bouddha.

Vue du ciel avec ses 4 terrasses carrées et ses 3 terrasses circulaires, l’ensemble ressemble à un mandala.

Après une rénovation financée par l’Unesco en 1973, il redevint lieu de pèlerinage.

Les pèlerins sont guidés par un système d’escaliers et de couloirs leur permettant d’atteindre la terrasse la plus haute, chaque niveau représentant une étape du chemin vers l’illumination d’après la cosmologie bouddhiste, d’abord Kamadhatu, monde des désirs, puis Rupadhatu, monde des formes, et enfin Arupadhatu, monde sans forme...

Nous sommes restés, béats d’admiration, chacun dans ses pensées, effleurant les sculptures de nos doigts, regardant dans les stupas ou scrutant le paysage qui s’étendait à perte de vue, une partie de la journée, s’imprégnant de sensations bizarres faites de paix et de sérénité, les ondes de ce lieu magique nous rendait différents, il émanait de ces vielles pierres chargées d’histoire un monde fait de douceur et d’harmonie que nous garderions dans notre cœur et notre mémoire à jamais.

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Photo de nomadsland Photo de nomadsland Photo de nomadsland Voyager,c'est se laisser aller, s'oublier, se laisser imprégner par ce qui nous entoure, afin de ressentir le plus possible ,ça n'est pour moi possible que comme cela, ouvrir ses sens, sentir, voir, toucher, écouter, écouter même le silence parfois, juste interrompu par le clapotis de l'eau, le bruit des vagues de l'océan indien déferlantes sur une plage sublime, aux allures de carte postale, êter impressionné par la beauté et la majestuausité des lieux, des paysages à couper le souffle, comme le volcan batur, un géant trônant là, auprès du lac, rester simple et respectueux des peuples rencontrés, leur générosité si naturelle, si grande, sans intérêts, aucun, dans les campagnes environnantes, que d’être eux mède; la notre s'installe à son tour, une belle leçon de vie, reçue là bas, la preuve que même vivant dans des conditions difficiles, ces qualités et leur joie de vivre prennent le dessus, la confiance est de mise, et n'est jamais remise en cause, un partage fusionne..un geste, un sourire, un don en fait, le vrai don de soi..
bali, autosuffisante en riz, possède un charme fou, des rizières en terrasses, aux couchers de soleil au couleurs chaudes et chatoyantes,quel spectacle à jamais gravé dans ma mémoire..
MERCI BALI.

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Le 4*4 nous dépose sur la piste en nous disant de finir à pied, les pluies de la mousson ont été très fortes et le chemin est trop défoncé pour qu’il puisse continuer sans s’embourber.
D’après notre chauffeur, Batutumonga, notre destination, n’est plus très loin.
Nous chargeons nos sacs sur le dos et partons en navigant entre les flaques, en essayant de ne pas glisser.
Nous ne sommes pas seuls : nous doublons deux hommes pieds nus, qui portent un cochon noir, suspendu par les pieds à un grand bambou, bambou en équilibre sur les épaules des deux hommes.
Un peu plus loin, c’est sur ces pattes, mais motivé par une branche servant de cravache que nous croisons un nouveau cochon noir. Le jeune homme qui l’asticote ainsi répond d’un beau sourire édenté à notre « salamat pagui », bonjour en indonésien.

La vue est époustouflante : nous sommes à flanc de montagne, et les rizières se déroulent en terrasses jusqu’à la vallée. Des hérons s’envolent à notre passage et vont se poser sur un arbre flanqué au milieu des rizières.
Nous découvrons nos premières tombes Toradja, creusées dans le rocher qui surplombe le chemin. Elles sont fermées par des portes en bois, et un balcon accroché à la paroi lui aussi accueille des statues de taille humaine, représentant les défunts enterrés sur le lieu. Ils sont vêtus des habits des personnes décédées et nous suivent de leurs regards fixes.

Les premières maisons apparaissent enfin, telles des vaisseaux échoués en plein champ. Construites sur pilotis, leur formes de bateau est impressionnante. Nous entrons dans une cour où se baladent quelques poules décharnées pour demander où se trouve le « losmen » de Mama Rina, le logement chez l’habitant répandu en Indonésie.
Nous n’en sommes pas loin, mais à notre arrivée, nous trouvons le lieu trop… « touriste », trop « installé » et continuons notre marche dans l’espoir de trouver un lieu plus convivial et plus proche de la vie d’ici. Un peu plus loin à gauche nous ne tardons pas à trouver la perle rare. Un petit panneau de rien indique « losmen » et nous entrons dans un cour en faisant fuir quelques poules décharnées. Une femme au sourire lumineux vient à notre rencontre, suivie par deux fillettes rieuses, et nous proposent le grenier à grain comme logement. C’est simple, très simple : nous grimpons à l’échelle pour atteindre le grenier qui est en fait une seule et même pièce, avec des ouvertures un peu partout dans les planches, laissant passer l’air. L’endroit est magique. Nous sommes à l’intérieur d’une vraie maison Tongkonan. Même si la salle de bains se résume à un minuscule cabanon avec un pneu comme bassine, c’est parfait.
Nous allons passer plusieurs jours sur place, partant nous balader dans les rizières, au calme, et profitant de la convivialité de nos hôtes. Nous mangeons à leur table des plats délicieux comme le « chicken bamboo » poulet cuit à l’étouffé dans un énorme bambou creusé, du riz rose à tous les repas et des fruits de la passion cueillis directement devant nos yeux !
Les petites filles ne sont pas farouches et nous partageons avec elles des jeux et apprenons à parler indonésien : notre accent les fait hurler de rire. En échange, nous leur apprenons quelques mots français et des chansons enfantines qu’elles retiennent avec une facilité déconcertante.
Même le grand-père vient s’asseoir sur une murette pour nous tenir de long discours auxquels nous répondons par des hochements de tête, pour lui signifier que nous sommes à l’écoute, même si nous ne comprenons pas ce qu’il nous raconte. Cela n’a pas l’air de le déranger.
Nous sommes hors du temps, dans un endroit magnifique et avec des personnes magnifiques elles aussi. Que demander de plus ?

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Séjourner à Bali n’est pas une punition. Tout y est plus beau, plus calme plus simple. On y goûte une quiétude que l’on n’imaginait pas pour peu que l’on sache s’écarter des plages du Sud où des surfeurs australiens viennent rouler des mécaniques et se remplir de bière le soir venu, ignorant le monde raffiné qui s’épanouit à quelques kilomètres à peine.
J’ai connu Kuta à une époque où Bali rivalisait, dans le panthéon routard, avec San Francisco, Kaboul ou la route des Indes jusqu’à Katmandou. La ville n’existait pas et on logeait chez l’habitant pour quelques roupies, on mangeait chez les pêcheurs, sous des abris de tôle, ce que la mer leur avait offert. Les amateurs de champignons hallucinogènes déliraient gentiment et les nuits de pleine lune donnaient l’occasion de gigantesques rassemblements agités par des musiques planantes jusqu’au petit jour.

L’île aux dix mille temples n’a pas de comparaison sur la planète. Je n’aurais pas la prétention de croire connaître le monde entier mais s’il y a un bout de ciel sur terre, il ne doit pas être très loin d’ici.
A force de persévérance, avec beaucoup de chance aussi, j’y ai découvert mon coin à moi caché dans un repli de la côte. Rien de bien extraordinaire en soi : on y vit au rythme du soleil, se levant avec lui et se couchant avec les poules. On s’y fatigue à ne rien faire, à se baigner au bord d’un tombant où s’épanouissent des gerbes de poissons multicolores. On y grandit à des discussions apaisées avec des sages locaux qui ont compris depuis des lustres l’urgence de ne rien faire. Chaque soir les villageois se retrouvent et viennent puiser une parcelle de sagesse auprès d’anciens conteurs. A la lueur d’une lampe-tempête et devant un auditoire conquis d’avance , un vieux raconte sans se lasser l’histoire de la lune et des neuf soleils. Les enfants boivent les paroles pourtant connues et maintes fois répétées, conscients de devoir un jour en assumer l’héritage.

Quand les dieux eurent fini de modeler la terre, ils créèrent neuf soleils pour l’éclairer et la faire rapidement sécher. Mais elle sécha si vite que la terre se mit à craqueler et à devenir stérile au grand désarroi des hommes. Ces derniers firent appel à la lune pour les aider à retrouver un ciel plus clément. La lune demanda aux hommes de lui donner tout leur bétel. Le sacrifice, on l’imagine, fut énorme. La lune chiqua tout le bétel et cracha de puissants jets rouge sang à travers le ciel qui se retrouva ensanglanté à l’aube. Lorsque le père soleil apparut, suivi de ses huit fils, il demanda à la lune la raison de la présence de tant de sang dans le ciel. La lune répondit qu’elle avait dévoré ses filles les étoiles et qu’elle s’en était régalée jusqu’à la dernière. En effet, plus une étoile ne brillait dans le ciel. Le soleil gourmand, alléché à l’idée d’un festin, engloutit sur l’heure ses huit fils.
La terre retrouva alors une juste température à la satisfaction des hommes mais lorsque les étoiles réapparurent le soir venu, le soleil sût qu’il s’était fait berner. Dans sa colère, il chassa la lune du ciel et lui interdit de se montrer en sa présence. Depuis ces temps, quotidiennement, la lune fuit le courroux de l’astre du jour.
L’histoire s’enrichit chaque soir, se nourrit des exclamations et des étonnements, des commentaires qui fusent comme des répliques mille fois entendues mais qui font rebondir la légende et l’enracine dans les mémoires. Pour l’éternité.
Les yeux s’écarquillent de plaisir et de respect. La lune envahit le ciel et tous lui envoient un signe de remerciement et goûtent à la paix d’une nuit vouée aux dieux.
La vie s’écoule avec bonheur, sans surprises, sans sursauts, sans faux-semblants.
J’ai appris ici la force de me regarder en face, d’accepter mes faiblesses et de vivre avec. C’est là que je me comprends le mieux, que je sais faire se côtoyer mes deux visages sans que l’un d’eux en souffre. C’est là que j’ai compris que le voyage met en situation d’urgence qui oblige à élargir son champ de vision, à regarder différemment, sans a priori et sans compromis. On est, ici, ce que l’on a décidé d’être.
Les gens d’ « ailleurs » ont ceci de supérieur sur nous qu’ils savent dépasser le jeu des apparences, de manière innée. Ils ne trichent pas, ne travestissent pas leur pensée et peuvent ainsi voir plus loin.

J’ouvre les yeux. La quiétude de la nuit n’a fait qu’amplifier le bruit régulier du ressac qui fracasse, roule et polit les galets depuis la nuit des temps. Les nattes de bambou du plafond dessinent une rosace où s’enchevêtrent losanges et croix et me laissent imaginer le patient travail d’ouvrières joviales et affairées lors de veillées familiales. Le soleil perce lentement et s’insinue peu à peu par la fenêtre judicieusement placée pour ne pas inonder de lumière la chambre spartiate mais belle où je me suis installé.

On arrive à Tulamben presque par hasard car rien ne laisse deviner la présence de vie le long de la route qui paresse le long de la côte. Quelques lits de rivières asséchés attestent que les colères du ciel créent parfois de méchantes cataractes qui dégueulent vers la mer et repoussent, encore et encore, les roches noirâtres crachées par le volcan. Le village s’étire en longueur, s’enivre d’un silence rompu ça et là par un warung où viennent s’encanailler le soir les quelques jeunes qui n’ont pas eu la force, le courage ou l’argent pour partir d’ici.
Quelques restaurants vite comptés, trois gargotes enfumées, tuées par le désœuvrement, quelques magasins de bric-à-brac où l’on trouve un nécessaire dépannage et c’est tout. Si l’on n’y prenait pas garde, on dépasserait le village sans s’en apercevoir.
J’allais oublier bien sûr une poignée d’hôtels accueillant des voyageurs du monde entier venus pour aller voir la curiosité locale, l’unique raison objective de s’arrêter ici.

Une rapide explication. Pendant la guerre du Pacifique, la marine japonaise a torpillé le cargo américain « Liberty » au large des côtes. Soucieux de préserver une précieuse cargaison, le capitaine a échoué le navire sur la plage où il y est resté pendant vingt ans. En 1963, une magistrale colère du volcan doublée d’un tremblement de terre a bouleversé l’histoire. : une langue de lave a repoussé le cargo à la mer et il gît là, entre trois et trente mètres de fond.
Le temps, la mer, le corail et les poissons ont fait le reste.

Car sous des apparences de plage quasiment inhospitalière se cache une merveille d’aquarium en technicolor à trois brasses du rivage. Au monde terne et gris d’un village étouffé par un soleil inamical s’est opposé un kaléidoscope insensé, une profusion de couleurs, une explosion de nuances qui éclatent et se renouvellent encore et encore. Des poissons comme s’il en pleuvait, des coraux éclatants, feux d’artifice insoupçonnés aux couleurs inimaginables dans le monde noir et blanc brûlé et desséché de la surface. Il suffit simplement de braver les mauvais rouleaux du rivage et de mettre la tête sous l’eau pour rentrer dans une autre dimension.
Qui, sans la présence ici de ces merveilles, viendrait perdre une seule heure dans ce trou paumé ? Qui aurait la patience de vivre ici en comptant des minutes lourdes comme des heures, dans l’atmosphère lourde et languide d’un village sans désirs.
Même la plage, qui n’a de plage que le nom, rebute les baigneurs. Entrer dans l’eau relève d’une épreuve que seule la récompense du spectacle justifie. Avec une régularité de métronome, chaque lame ramène vers le rivage les pierres vomies par le volcan. Les galets roulent en craquements sinistres venus du fond de la mer. A chaque vague, on entend un signe des cieux et on se surprend à tourner le regard vers le Gunung Agung en soumission respectueuse aux forces de la nature.
Les lèvres du volcan semblent se relever alors dédaigneusement en un rictus malin pour nous rappeler la puissance de la terre et montrer que les forges de Vulcain, loin d’être éteintes ne sont que dangereusement, sournoisement assoupies.

La nuit a été courte. Comme si le silence devenait trop cruellement assourdissant pour empêcher le repos des corps. On se réveille tôt, écrasé dès l’aurore par une chaleur que le soir parviendra à peine à dissiper. J’aspire avec volupté les secondes qui s’égrènent, délicieusement volées à l’ennui. On ne peut être là que de passage même si les gens d’ici accueillent le voyageur avec gentillesse mais acceptent comme une fatalité le fait que la route puisse continuer pour vous alors que la vie les condamne à rester.
Bruit des vagues. Roulement, encore et encore, des galets piétinés par la mer.

Quelques femmes s’abrutissent à transporter les bouteilles et l’équipement des plongeurs venus du monde entier s’éblouir aux ballets des poissons perroquets, des barracudas, des raies pastenague ou de petits requins des récifs. Ces femmes s’esquintent les pieds dans les cailloux pour glaner au fil des jours quelques roupies qui adouciront le quotidien. Quelques jeunes s’ennuient à vendre des colliers de pacotille, des tee-shirts ou des cerfs-volants en attendant une improbable originalité, un simple imprévu dans une journée déjà mille fois vécue.
J’ai longuement marché le long de cette route, abruti par le soleil, à la recherche d’une hypothétique raison d’aimer cet endroit. J’ai fait le cauchemar qu’un autre tsunami venait encore endeuiller ce pays et touchait ce village du bout du monde. Aurait-il alors la force, par l’ironie d’un destin qui hésite à choisir son camp, de rejeter l’épave sur la plage ? J’ai imaginé alors que ce fantôme des mers, ce pantin déjà désarticulé, pourrait revenir hanter le rivage. Extirpé de l’eau par les forces telluriques, il offrirait sa carcasse impudique au soleil qui calcinerait ses vieux os en forgeant une de ces destinées qui tardent à s’accomplir et sur lesquelles pèse une incertitude céleste.
Je ne suis resté que quelques jours à Tulamben où j’aurais bien vu se dérouler une version exotique d’un Désert des Tartares : un endroit triste et beau où l’on tuerait sa vie dans l’attente d’un événement fantastique.
Une fois encore, l’envie de découvrir un ailleurs m’a poussé à mettre un peu d’ordre dans ma tête et à ranger mes affaires.

En me retournant lors de mon départ, j’ai vu l’énigmatique sourire d’une jeune vendeuse de mangues. Souhaitait-elle une autre vie, loin d’ici ? Avait-elle un jour comme moi imaginé ce pire qui ferait définitivement plonger Tulamben dans l’oubli, et qui l’obligerait à trouver le courage de quitter l’ombre du volcan ?
J’ai décidé encore une fois que j’irai toujours là où le vent me poussera. Partir à l’autre bout du monde ou m’arrêter au premier village, prendre plaisir à une virée en famille ou entre amis à dix minutes de chez moi, aller de toute manière là où l’on ne m’attend forcement pas avec, pour seules vérités apprises au long de ma route, la volonté de regarder au-delà des apparences et l’urgence de prendre mon temps.

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