Gérard DUSSOUBS, 45 - Loiret :
" UN TOUR DU MONDE A L'OEIL (3) "
" Si vous plantez une aiguille à tricoter sur une France de mappemonde, vous n'allez pas tarder à la voir ressurgir tout en bas, exactement à l'emplacement de la Nouvelle-Zélande...
Aucun doute, ce 16 novembre : je suis bien arrivé au point extrême de ce fabuleux tour du monde, aux antipodes de mon pays quitté huit jours plus tôt!
La Nouvelle-Zélande!!! Je me pince pour y croire ! Trente ans de passion rugbystique pour toucher enfin du doigt et du pied ce sol mythique et légendaire, véritable paradis où le ballon ovale est érigé en institution et où la nature, à travers ses immenses plages ombragées de palmiers, ses sommets enneigés, ses forêts luxuriantes et ses sulfureux volcans, a fait preuve d'une imagination débridée.
AUCKLAND: l'accueil est chaleureux, Gilda et Jean, correspondants locaux de l'agence de voyage, s'en occupent! Ce sympathique couple de Français exilés brise immédiatement la glace et me conduit derechef en haut des deux sommets volcaniques de la ville, le One Tree Hill et le Mount Eden. De là, la vision sur l'une des cités les plus étendues au monde est fantastique. A droite le Pacifique, à gauche la Mer de Tasmanie. En bon ex-talonneur de rugby qu'il est, Jean me montre au loin une couronne nacrée dans le soleil du petit matin: il s'agit de l'Eden Park, ce fameux stade où l'équipe de France s'est déjà brillamment illustrée dans le passé...Un vol de perruches sauvages multicolores vient se poser sur une branche de l'arbre sacré maori et nous ravit de ses trémolos.
Après un passage à l'aquarium de la ville où l'on peut admirer de magnifiques spécimens de requins et de raies géantes, dans un tunnel de plexi à effet saisissant, nous visitons le Musée de la Guerre, le deuxième choc artistique, pour moi, de ce beau périple après le Royal British Columbian Museum de VICTORIA la semaine passée. Dans les vitrines s'alignent comme à la parade des milliers d'objets domestiques, cultuels, vestimentaires ou guerriers de l'art maori. Un vrai régal des yeux ! L'une d'entre elles attire plus particulièrement mon attention: elle contient les vestiges de certaines pratiques locales heureusement révolues: inquiétants poignards crénelés, casse-têtes avec rigoles d'écoulement du sang incorporées et autres ravissantes fourchettes...à chair humaine !
Même pas le temps de souffler, la visite éclair d'AUCKLAND se termine: la "Fougère d'Argent" m'attend en gare. Il s'agit d'une rame ferroviaire du meilleur chic, genre "aluminium brossé", très peu utilisée par les autochtones, peu rapide mais assez confortable, avec service de restauration à bord impeccable. En route pour ROTORUA, petite ville située au centre de l'île du nord: par la vitre défile un paysage sublime de luxuriantes forêts de fougères géantes et de pâturages collinaires, constellés de moutons, de vaches et de daims d'élevage. Partout, dans chaque village ou ferme traversés, des terrains de rugby à foison, plein de jeunes à l'entrainement...Plus qu'une institution, ce sport est ici une véritable religion !
Grosse surprise à l'arrivée à ROTORUA: l'hôtel est situé carrément sur un champ de geysers ! Quel spectacle que de contempler en permanence depuis le balcon de ma chambre les superbes jaillissements périodiques d'eau chaude, accompagnés de l'odeur bien caractéristique d'œufs pourris ! Le soir venu, on peut déguster jambon et mouton sauce menthe cuits à l'étouffé dans la source même d'eau chaude toute proche. Le traditionnel "hangi" (concert maori) précédé du nom moins traditionnel "haka" (cri de guerre bien connu des fameux All Blacks) tient compagnie à ma fourchette, grâce à une troupe folklorique du cru.
Le lendemain matin, départ pour une excursion de très grande qualité dans la vallée de Waïmengu. L'aventure, la pédagogie, la diversité des paysages sont au rendez-vous avec, successivement et toute la journée, deux circuits pédestres guidés, dans un somptueux site volcanique, au milieu des fougères géantes, des oiseaux bariolés et des lacs d'eau à 50°, deux circuits nautiques sur d'anciens lacs de cratère avec pique-nique à bord du caboteur, la visite d'un village enseveli en 1886 par une explosion volcanique, la descente dans le canyon d'une petite rivière en cascade et puis pour conclure cette palpitante journée, véritable cerise sur le gâteau, une heure de bains polynésiens pour reposer le guerrier dans les bassins de sources chaudes de ROTORUA ! LE PARADIS TERRRESTRE, mes amis !!!
Hélas, les meilleurs choses ont une fin: il faut reprendre le train du soir pour AUCKLAND. Demain en effet, je m'envole pour l'Australie, quatrième étape de ce voyage mené un peu trop tambour battant à mon goût. Dernière ballade nocturne dans les rues d'AUCKLAND, uniquement peuplées à cette heure avancée de jeunes un peu paumés qui, comme partout, traînent leur alcool et leur ennui de surboums en night-clubs, dans la chaleur du printemps austral...
Adieu donc la Nouvelle-Zélande: quel dommage que le séjour le plus court de ce magnifique voyage ait coïncidé avec le pays le plus beau, histoire peut-être de m'inciter à y revenir le plus tôt possible !!! "