Voyage

CIRCUIT INDE

 
 
 

Circuit en Inde : Lumières et couleurs du pays des maharajahs


L’Inde c’est le pays des éléphants dans les rues, des palais de maharadjahs, des temples jaïns, des fêtes multicolores…Un circuit tout en émotions. Mais c’est aussi un patchwork de cultures avec plusieurs ethnies et une terre gastronome, reflet de cette diversité. Profitez-en : dégustez ses plats épicés ou végétariens.
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  Joris CAUQUIL, 81 - Tarn :

" Les "Indiens" en Inde du Sud "

 

Photo de Joris CAUQUIL " Les Indiens en Inde du Sud

Voyage du 11 au 23 Février 2011


11 Février

Nous l’avions demandé, et Shailesh l’a fait,
Il a fallu c’est sûr, beaucoup le relancer,
C’est vers l’Inde du Sud, que nous guident nos pas,
Et les Indiens sont prêts, oui vous n’en doutez pas !

Le circuit est bâti, par notre ami local,
Pour voyage et visas, c’est pas original,
Nous avons fait appel, à notre amie Julia,
Avec elle c’est sûr, on ne se trompe pas !

Nous partons de Toulouse, de Bordeaux et de Lille,
Et de Clermont aussi, un voyage tranquille,
A Paris attendons, pour les formalités,
Et nos amis du train, nous avons retrouvés.

Claude a bien débuté, se perdant dans l’avion,
Puis ses bouchons d’oreille, ont capté l’attention,
Il fallut discuter, pour passer la police,
Mais un des officiels, fut avec nous complice.

Shailesh attendait, devant l’aéroport,
Pour trouver ses valises, Claude a fait un peu fort,
Nous voici décorés, par de très beaux colliers,
Du jasmin odorant, tout est vraiment parfait !

Le portail de l’hôtel, était vraiment fermé,
Et il nous a fallu, quelques temps pour entrer,
Les valises portées, avec célérité,
Et une courte nuit, nous avons tous passée.

12 Février

Le matin découvrons, une charmante dame,
Le petit déjeuner, avec elle s’entame,
Née à Pondichéry, mais Française bien sûr,
Elle représente ici, l’agence qui assure.

Bangalore est c’est vrai, la ville des jardins,
Nous avons pu ensemble, vérifier ce matin,
Avons fait une halte, à la poste centrale,
Où des timbres achetés, ont validé l’escale.
Le très beau bâtiment, abritant l’assemblée,
Et aussi les Ministres, devant nous est dressé,
En face le ton rose, de la cour de justice,
A permis de jeter, un bon regard complice.

Autrefois un sultan, allié aux français,
Se battit fort ici, oui contre les anglais,
Utilisa un tube, pour lancer projectiles,
L’appellent bangalore, et oui, c’est très facile.

Les travaux du métro, partout nous accompagnent,
Et avec les autos, le désordre y gagne,
A grands coups de klaxon, les rickshaws, les motos,
Affrontent les camions, et ont le dernier mot.

L’orange du drapeau, c’est pour le sacrifice,
Le blanc c’est pour la paix, et la roue est complice,
Le vert est le symbole, de la prospérité,
Qui dans ce beau pays, est en train d’augmenter.

Quatre lions dos à dos, emblème national,
Bouddhisme diffusé, en tout point cardinal,
Figurent sur le toit, de la belle Assemblée,
Dressés sur une roue, religion font marcher.

On peut y voir aussi, d’étranges animaux,
Taureau, cheval, gazelle, un éléphant très beau,
Représentent Bouddha, ils ont marqué sa vie,
Que l’ami Shailesh, nous explique aujourd’hui.

La statue d’Ambedkar, a sa place ici,
Constitution de l’Inde, un jour il écrivit,
Nous sommes dans l’état, nommé Karnataka,
Avec un nom pareil, nous ne l’oublierons pas !

Bangalore est aussi, un lieu de garnison,
Et la force aérienne, ici c’est l’aviation,
On l’appelle aussi, la Silicon Valley,
Les logiciels ici, sont souvent inventés.

Monsieur Muti un jour, a créé InfoSys,
Le pentium et l’e-mail, il inventa aussi,
La bière King Fisher, dans ce lieu fabriquée,
Compagnie aérienne, en plus ils ont créée.

Les policiers ici, des cow-boys on dirait,
Habillés en kaki, délinquants vont traiter,
Si le chapeau est blanc, c’est la circulation,
Et ce n’est pas facile, avec tous ces camions !

Apercevons un temple, à Ganesh consacré,
Statues superposées, au ciel semblent monter,
Nous avons vu aussi, un énorme taureau,
En granit monolithe, quatre mètres de haut.

C’est un symbole ici, de la fécondité,
Les prêtres y reçoivent, des offrandes variées,
Devant un grand banian, les nuits de pleine lune,
Accepte de garder, bons maris sans rancune.

Le chauffeur c’est Mohan, Umesh est son second,
Et la circulation, tourne à la déraison,
Tout à coup, bruit bizarre, le car doit s’arrêter,
Durit et radiateur, ici avons cassés.

Des rickshaws aussitôt, nous amènent ailleurs,
Mais en nous secouant, aurons nous du bonheur ?
Pauline crie beaucoup, quand nous semblons foncer,
Dans tous ces véhicules, venant de tous côtés !

Nous arrivons alors, incroyable surprise,
On est au Golden Palm, ici pas de méprise,
Un Palace construit, au milieu de nulle part,
Une oasis de rêve, un coin vraiment à part.

Un parc avec des arbres, luxuriants, exotiques,
Des fontaines partout, et des statues magiques,
Palmiers et balisiers, des fleurs y en a beaucoup,
Et un gazon anglais, qui doit être bien doux.

Une super piscine, nous donne des regrets,
Car dans le car là bas, maillots avons laissés,
Nous patientons ici, en prenant un bon thé,
Et pour notre plaisir, nous mangeons un pumpet.

La réparation dure, il faut ici manger,
Le buffet y est bon, et le choix est parfait,
Pour rendre la monnaie, c’est un vrai jeu de piste,
Faut chercher où elle est, ce sont de vrais artistes !

Puis le car nous revient, Mohan a réparé,
Mais avant de monter, esprits il faut chasser,
Il quitte ses chaussures, fait des incantations,
Et sous les roues du car, il a mis des citrons.

Le trajet est très long, et vraiment chaotique,
Et voyager de nuit, ce n’est pas très pratique,
Nous arrivons enfin, à gagner notre hôtel,
Il nous faut du repos, c’est vraiment essentiel !

13 Février

Cette nuit les Garnier, ont eu un safari,
Provoqué, selon eux, et oui, par des souris,
Claude un joli gâteau, a très vite mangé,
Et il n’avait pas vu, qu’il y avait du papier !

La dynastie des rois, appelés Hoysala,
De beaux temples a construits, et c’est là que l’on va,
Avant de visiter, Shailesh nous explique,
De leurs divinités, un vrai guide pratique.

Shiva et Parvati, premier couple ici,
Dieu de la destruction, fertilité aussi,
Un trident, un taureau, voila bien ses symboles,
Et la déesse mère, s’appuie sur son épaule.

Deux fils, nommés Ganesh et puis Kartikkeya,
Le premier éléphant, si je me trompe pas,
Le second a toujours, sur toutes ses statues,
Une lance et un paon, qu’ici nous avons vus.

Vishnou, le Dieu du bien, et de la protection,
Possède quatre bras, qu’aussi nous admirons,
Une roue, une conque, un lotus, une masse,
Un aigle ou un cobra, il lui faut de la place !

La femme de Vishnou, s’appelle Lakshmi,
La déesse d’argent, quitte peu son mari,
Brahma, c’est le grand Dieu, il fit la création,
Possède quatre têtes, quelle imagination !

Déesse de la musique, sa femme Saraswati,
Dirige aussi les langues, les étudiants la prient,
Et ces divinités, possèdent des avatars,
Si j’essaye d’expliquer, on va se coucher tard !

Le nom de Hoysala, viendrait d’une légende,
Un bon sage Jain, attaqué fit demande,
« Il faut tuer le tigre », au Roi nommé Sala,
En langage local, ça se dit Hoy Sala.

Pour construire les temples, les pierres utilisées,
Avaient on nous l’a dit, grandes propriétés,
Etaient douces à sculpter, puis elles durcissaient,
C’est le schiste chlorique, que sur place on sculptait.




Les Hoysala permirent, à tous les intouchables,
De rentrer dans les temples, c’est vraiment formidable,
Et les noms des sculpteurs, sont indiqués ici,
On retrouve pas ça, ailleurs dans le pays.

Premier temple Belur, dédié à Vishnou,
Porche majestueux, et des statues partout,
Il fallut cent trois ans, pour le réaliser,
Pour toutes les conquêtes, il fallait remercier.

La dentelle de pierre, nous raconte alors,
L’histoire de ces Dieux, qui étaient vraiment forts,
Les détails des sculptures, nous ont émerveillés,
Et les belles légendes, du plaisir ajoutaient.

De splendides colonnes, attendent à l’intérieur,
Aucune n’est pareille, pour notre grand bonheur,
Comme dit Francis Blanche, pour bien se rappeler,
Shiva oui c’est la guerre, et puis Vishnou la paix !

Travail de canne à sucre, en route nous voyons,
Extirpent tout le jus, le cuisent à gros bouillon,
Le mettent en grandes plaques, sur des moules parfaits,
Et après le séchage, sucre brut ils ont fait.

Puis le deuxième temple, consacré à Shiva,
Préférèrent Vishnou, ne l’achevèrent pas,
Mais toujours des sculptures, de la pierre vivante,
Qui avec les légendes, oui vraiment nous enchante.

Mais la femme du Roi, qui adorait Shiva,
Fit construire à côté, le temple que voila,
Tout en prolongeant l’autre, il est bien mieux fini,
Et nous sommes bénis, en passant aujourd’hui.

La hauteur est ici, vrai signe de grandeur,
En bas les éléphants, soutiennent ces splendeurs,
Les Dieux sont tout en haut, et plus grands que les diables,
Même sans savoir lire, l’histoire est formidable !

On trouve à l’extérieur, des scènes érotiques,
Car la félicité, s’atteint pas ces pratiques,
Voulaient représenter, les scènes de la vie,
Et la sexualité, en fait aussi partie !

Un magicien a su, troubler notre cerveau,
On l’avait devant nous, on comprenait pas trop,
Boules disparaissant, baguette avec pompons,
Et l’œuf de Jean-louis, sorti du pantalon.

Il m’a permis aussi, de me débarrasser,
De toutes les boissons, ici ingurgitées,
Et le clou du spectacle, de sa bouche sortirent,
Des pointes en pagaille, et du feu pour finir.

Nous allons vers Mysore, et nous nous arrêtons,
Dans un petit village, dont tous nous garderons,
Merveilleux souvenir, pour l’hospitalité,
Que tous les gens d’ici, nous ont vite accordée.

Mysore la légende, est dans le nom déjà,
Car la déesse mère, y mena un combat,
Sous la forme d’un buffle, combattit le démon,
Et neuf jours et neuf nuits, explosa sa passion.

Le démon fut vaincu, et il lui demanda,
De donner à la ville, le nom qu’il avait là,
Elle lui obéit, et ainsi on comprend,
Le nom de cet endroit, où l’on va à présent.

La région vit passer Indous et Musulmans,
Et ils se succédèrent, on le sait à présent,
Elle abrita aussi, bien longtemps les anglais,
Qui ici se battirent, oui contre les français.

Parmi les cinq états, qui avaient un grand nom,
Celui-ci avait plus, de vingt coups de canon,
C’est une région riche, avec de beaux palais,
Que les anglais ont su, transformer en musées.

Ce soir c’est le palais, qu’on voit illuminé,
C’est une féerie, on dirait Walt Disney,
De nombreuses ampoules, nous montrent les contours,
De ce que nous verrons, dès demain au grand jour.

Le repas à l’hôtel, fut pas des plus faciles,
Nous trouver une place, fut vraiment difficile,
Et quant au beau buffet, il était épuisé,
Et le choix limité, pas grand-chose il restait !

14 Février

Vers Srirangapatnam, nous allons maintenant,
Pour voir les forteresses, du grand Tipu Sultan,
Elles occupaient un lieu, entouré de rivières,
C’est là que le Sultan, a battu l’Angleterre !




L’ensemble du domaine, possédait des remparts,
Et il y avait des douves, ici de part en part,
Un temple de Vishnou, avec un grand chariot,
Pour faire procession, on n’en fait jamais trop !

L’ancien palais détruit, on ne voit que des ruines,
Et tout près la rivière, divine on le devine,
Kaveri est son nom, il y a des pèlerins,
Qui font leurs dévotions, en y prenant un bain.

Des tombes d’hommes sages, qu’on enterre assis,
Un arbre et des offrandes, des ex-voto aussi,
Ablutions, oblations, se passent devant nous,
On est un peu gênés, car ils prient après tout !

Le ghât ou escalier, qui mène à niveau d’eau,
Nous venons de quitter, et c’est le car bientôt,
Tipu aimait les tigres, faisait des poésies,
Haïssait les anglais, mécanicien aussi.

Avait frappé monnaie, plusieurs langues parlait,
Un tigre en jouet, avait fait fabriquer,
Il tuait un soldat, oui bien sûr britannique,
Le bidasse criait, en forme de supplique.

La mosquée du Sultan, nous avons admirée,
Avec beaucoup de trous, pour les pigeons loger,
Puis le palais d’été, nous avons visité,
Les jardins tout autour, nous ont émerveillés.

Lors de sa construction, une grande influence,
Celle du Taj Mahal, c’est vraiment une chance,
Fut bâti pour fêter, une belle victoire,
Et pour ici passer, un bonheur sans histoire.

Car leur beau paradis, quatre fleuves possède,
Un de lait, un de miel, et du vin qu’on accède,
Aussi de l’eau sucrée, on retrouvait ici,
Ces fleuves en canaux, ils avaient convertis.

Mais on les a comblés, par des fleurs remplacés,
Et l’ensemble a gardé, toute sa majesté,
Le bâtiment en bois, avec des murs en briques,
Un extérieur quelconque, intérieur fantastique.

Les plafonds sont sculptés, et les murs souvent peints,
On peut y observer, de Tipu le destin,
Scènes de procession, et des batailles aussi,
Il ridiculisait, tous les anglais pardi.

On y a vu aussi, des scènes de la vie,
Le côté militaire et politique aussi,
Femmes représentées, vivant au jour le jour,
Et la vie des villages, qu’il y a aux alentours.

Allons alors monter, colline Chamundi,
Là où le bien, le mal, ont heurté leurs esprits,
Car la déesse mère, un démon combattit,
En neuf jours et neuf nuits, le combat fut fini.

Avant d’être tué, le démon demanda,
Que l’on donne son nom, à la ville d’en bas,
Ainsi naquit Mysore, le démon avons vu,
Un beau lieu de légende, qui nous a beaucoup plu.

Nous avons vu aussi, temple de la déesse,
Ici les petits singes, oui, ils sont vraiment lestes,
Attrapaient les bananes, pour offrandes prévues,
Les mangeaient aussitôt, pour qu’on ne les voit plus.

La déesse d’argent a Sri devant son nom,
C’est pour marquer ici, des gens la compassion,
Nous avons dégusté, du bon lait de coco,
Et bien mangé la pulpe, il n’y en avait pas trop !

En descendant visite, à la statue taureau,
Symbole de Shiva, il est vraiment très gros,
Avons aussi pu voir, la ville de Mysore,
Elle s’étend en bas, un fabuleux décor.

Alors nous visitons, de jour le beau palais,
Il est aussi splendide, qu’hier la nuit l’a fait,
A l’intérieur il y a, de fabuleux trésors,
Et même en écrivant, mes yeux sont pleins encore.

Le palais précédent, avait été brûlé,
Sans y mettre de bois, le nouveau fut donc fait,
Pour le construire fallut, quinze bonnes années,
Et c’est Henry Erwin, qui ce trésor a fait.

On y a vu tout d’abord, de Chamundi l’histoire,
La parade du Roi, trône en or, c’est notoire,
Des peintures racontent, toutes ces processions,
Avec de tels détails, qu’on a tous le frisson.

Plafonds de tek sculpté, belles chaises d’argent,
Et des chaises en cristal, nous plaisent infiniment,
La salle des mariages, son dôme de vitraux,
Ses colonnes altières, c’était vraiment très beau.

Salle Durban public, pour faire réceptions,
Du marbre ici il y a, partout à profusion,
Des colonnes, des dômes, avec lotus, étoiles,
Nous donnent l’impression, d’un peu mettre les voiles.

Des tableaux dans des cadres, divinement sculptés,
Nous racontent ici, bien des divinités,
Parlent aussi des Rois, de cinq générations,
Qui connurent et oui, ce palais d’exception.

Salle Durban privé, pour Roi et conseillers,
Du bleu et puis de l’or, et des vitraux parfaits,
Des portes en argent, et d’autres en ivoire,
C’est beau de feuilleter, ce grand livre d’histoire.

Puis un tour au marché, enfin nous avons fait,
Ici les fleurs se vendent, pour faire des colliers,
Et un jeune garçon, nous a fait acheter,
Des parfums odorants, à un prix négocié.

Le soir avons mangé, ici chez l’habitant,
Famille Kodava, c’est vraiment excitant,
La fille Atchayya, nous y a bien reçus,
Hollandaise et anglais, avons aussi connus.

Des plats très raffinés, faits avec de l’amour,
Des épices souvent, pimentant le parcours,
Pour les bons estomacs, ce fut un vrai régal,
Et pour tous un moment, de bonheur sans égal.

Au retour un beau chien, avait suivi Claudine,
Il l’avait adoptée, et c’était sa copine,
Il monta dans le car, ne voulait plus descendre,
Nous avons rigolé, vous pouvez le comprendre.

15 Février

Visitons ce matin, ashram original,
Ici Datta Pitham, un dieu vraiment local,
Le gourou des gourous, enseigne en ce lieu,
Shailesh nous explique, on comprend un peu mieux.

L’abeille fait partie, de tout ce qu’il vénère,
On ne doit pas stocker, plus que le nécessaire,
Il admire aussi, serpent nommé python,
On doit se contenter de ce que nous avons.




La légende nous parle, d’Atri, un homme sage,
Sa femme Anusuya, belle comme une image,
Elle était très fidèle, les Dieux sont étonnés,
Et viennent sur la terre, pour ici la tenter.

Se transforment en mendiants, elle doit les honorer,
Et pouvoir leur donner, ce qu’ils vont demander,
Lui demandent son lait, elle se met à chanter,
Et voilà nos trois Dieux, en bébés transformés.

Elles les allaite alors, les Dieux sont embêtés,
Car même beaux bébés, ne veulent pas rester,
Lui demandent pardon, et un Dieu est créé,
Un corps et les trois têtes, des Dieux qui l’ont tentée.

Datta a donc les têtes, de Vishnou, de Shiva,
Et puis bien entendu, oui celle de Brahma,
Sa statue nous voyons, au dessus de Vedas,
Quatre chiens qui remplacent, les textes sacrés là.

Nous visitons ici, un splendide jardin,
Des bonzaï magnifiques, c’est quasiment divin,
Beaucoup de beaux ficus, un bananier aussi,
Et bien plus surprenant, des baobabs petits !

Aux signes du zodiaque, plantes sont associées,
Ficus pour le taureau, gémeaux pour le jacquier,
La vierge et le manguier, tula et la balance,
Palmier pour le lion, tout cela porte chance.

Les planètes aussi, aux arbres sont liées,
Au milieu du jardin, il y a un grand pilier,
Image de l’univers, et du corps les chakras,
Chaque jour de l’année, petit pilier il y a.

Notre guide adore, de ses bonzaï parler,
Nous explique comment, il faut les empêcher,
De grandir, de pousser, on peut les obliger,
A prendre directions, pour des formes donner.

Plantes médicinales, avons aussi trouvé,
Ici les maux de l’âme et du corps sont traités,
On cherche l’équilibre, de toute l’énergie,
Les humains et les plantes, sur ce point communient.

Le secrétaire ici, nous a vite rejoints,
Et comme un gars du sud, il parle avec ses mains,
Nous invite à aller, ensuite au réfectoire,
Offre à boire et manger, et sans faire d’histoire.

Direction Calicut, traversons des forêts,
Les bambous sont en fleurs, nous ont émerveillés,
Car trois fois dans leur vie, ils se parent de fleurs,
C’est triste car après, tout simplement ils meurent.

On voit aussi des tecks et un daim tacheté,
Tous les arbres ici, les feuilles ont tombé,
Quittons Karakala, entrons au Kerala,
Les arbres ici les feuilles, ils ne les tombent pas.

On nous conte une histoire, une fois un gourou,
Une femme fidèle, et trois enfants en tout,
Vit venir une vache, qui chercha à rester,
Et l’hospitalité, bien sûr lui a donnée.

La vache était magique, un Roi passa ici,
Il venait de la guerre, combat avait conquis,
S’arrêta pour repos, avec toute l’armée,
La bête les nourrit, c’était vraiment parfait.

Le Roi décide alors, la vache d’emporter,
Et le gourou lui dit, qu’il faut lui demander,
Elle refuse tout net, et le Sire en colère,
A détruit la maison, avec ses locataires.

Mais le plus jeune fils, dans le lieu n’était pas,
Il devint fou de rage, et partit au combat,
Avec sa grosse hache tua Roi et armée,
Conquit tout le royaume, rites pour parents a faits.

Il donne tout aux pauvres, part en méditation,
Mais il n’a pas de lieu, pour ses bénédictions,
Au grand Dieu de la mer, il va le demander,
Mais celui-ci refuse, alors il est vexé.

Il lance donc sa hache, le Dieu doit reculer,
La partie dégagée, il pourra occuper,
On raconte que c’est, l’Inde Occidentale,
Où la hache tomba, des chaînes de montagne.

Cet exemple de lutte, entre guerriers et prêtre,
Nous a bien plu ma foi, c’est bon de le connaître,
Les arts martiaux bien sûr, s’enseignent au Kerala,
S’inspirent de ces faits, que je vous conte là.

La danse au Kerala, on fait bien la pratique,
Folklorique on y pense, mais aussi bien classique,
Katakali c’est sûr, danse de Mohini,
Nous en verrons un jour, durant notre circuit.

Des plantations de thé, café et hévéa,
Des lagunes c’est sûr, on ne les compte pas,
Des variétés de fleurs, en grandes quantités,
Et de très bons épices, ici on peut trouver.

Le communisme aussi, a très bien réussi,
Avec la liberté, on choisit comme on vit,
Le bœuf vendu ici, c’est vache aussi taureau,
Allèrent à l’étranger, pour travailler bientôt.

Musulmans, catholiques, sont tous venus ici,
Les femmes sont plus libres, que dans tout le pays,
Parlent très bien l’anglais, et vraiment sans accent,
Et la noix de coco, ils travaillent vraiment.

On nous raconte alors, l’histoire compliquée,
Celle de Ramayana, je vais vous l’expliquer,
Date du premier siècle, mais a vu des rajouts,
Je ne sais si je vais, arriver jusqu’au bout !

Un voleur criminel, homme sage arrêta,
Il voulait le tuer, et l’homme demanda,
« Pourquoi fais-tu cela ? », « Pour ma famille » il dit,
« Ils vont être maudits, et l’ont-ils bien compris ? »

Il demande à sa femme, elle n’est pas d’accord,
Chacun est responsable, de ses actes d’abord,
Il surseoit à tuer, et un beau jour il vit,
Un couple de cigognes, qu’un chasseur vise ici.

Le mâle est tué, la femelle s’enfuit,
Mais de chagrin elle meurt, il a ainsi compris,
Il lui faut raconter, des histoires à morale,
Ce sera désormais, pour lui, son beau travail.

De la vallée du Gange, trois femmes et puis un Roi,
Et toujours pas de fils, était triste ma foi,
Pour changer tout cela, doit traverser un feu,
Et les Dieux l’aideront, à exaucer son vœu.

Lui donnent un gâteau, à partager en trois,
Comment faire cela, hélas il ne sait pas,
Il donne le gâteau, alors à ses trois femmes,
Qui le coupent en quatre, ce pourrait être un drame.

Les deux aînées ne prennent, chacune qu’un morceau,
Et la troisième a eu, et oui la part en trop,
Quatre garçons naquirent, l’aîné était Rama,
Ecole pour religion, et armes fréquenta.

Il arriva un jour, à l’âge du mariage,
Et un Roi pour sa fille, voulait quelqu’un de sage,
Concours organisa, avec un arc très lourd,
Tendre corde et tirer, est l’objet de ce jour.

Le Roi de Sri Lanka, le nommé Ravana,
Pour conquérir la fille, il était aussi là,
Mais l’arc était trop lourd, et il tomba dessous,
Il fut vite sauvé, par le héros du jour.

Car vous l’aurez compris, le fils aîné du Roi,
Souleva l’arc très lourd, banda corde ma foi,
Il gagna donc la fille, Ravana enrageait,
Sita serait sa femme, pouvait pas l’accepter !

Troisième femme du Roi un jour l’avait sauvé,
E il avait promis, deux vœux à exaucer,
Demande qu’un de ses fils, un jour devienne Roi,
Et que Rama douze ans, parte très loin ben quoi !

Le Roi était très triste, près de crise cardiaque,
Mais Rama revenait, il fallait qu’il attaque,
Demanda de partir, et Rama accepta,
Mais Sita en colère, ben oui l’accompagna !

Et le deuxième fils, voulut partir aussi,
Troisième et quatrième, sont pas là aujourd’hui,
Quand reviennent, très fâchés, ils décident alors,
De refuser le trône, Rama est le plus fort !

Je résume la suite, Rama un jour revint,
Après des aventures, qui m’ont semblé sans fin,
Récupère le trône, mais soupçonne Sita,
D’une infidélité, qui la concernait pas.

Elle montre sa candeur, mais dit que c’est fini,
Elle part donc ailleurs, où elle aura deux fils,
Et ces derniers un jour, racontent à Rama,
L’histoire de sa femme, qui s’est enfuie là bas.

Il devint soudain triste, décida de partir,
Pour pouvoir mieux penser, à tous ses souvenirs,
Confia le royaume, aux deux fils de Sita,
C’est la fin de l’histoire, et je m’arrête là.

Pendant cet exposé, nous sommes descendus,
Pente vertigineuse, conduite très pointue,
Nous passons très souvent, tout près de l’accident,
Quand arrivons en bas, sommes vraiment contents !

Devons prendre le train, à Cochin nous allons,
Claudine y a trouvé, trois enfants ben voyons,
La discussion s’engage, je participe aussi,
Rejoint par les parents, qui avaient tout suivi.

J’ai passé un moment, et des plus agréables,
Assis dans mon fauteuil, oui assez confortable,
A discuter de tout, avec nouveaux amis,
Qui m’invitent ce jour, à revenir ici.

Comme un est photographe, Jean-Pierre participe,
Et les échanges fusent, les mots viennent très vite,
Claudine a commencé, premier cours de français,
Avec les trois enfants, par ici rencontrés.

Faire de tels voyages, permet bien de s’offrir,
Ces moments de bonheur, qui hélas vont finir,
Des e-mails, des adresses, nous avons échangés,
Et peut-être qu’un jour, on va se retrouver.

16 Février

Cochin pas une ville, pas une île non plus,
C’est un morceau de terre, avec la mer en sus,
Beaucoup de petites îles, dont cinq de principales,
Et la mer au milieu, structure sans égale.

L’île dite Willingdon, a même augmenté,
Oui de superficie, dragage port ont fait,
Elle sert de stockage, pétrole, denrées sensibles,
Et aussi à l’armée, ils y sont plus tranquilles.

C’est l’île Fort Cochin, que nous visiterons,
Personnel de l’armée, y vient en formation,
Elle recèle aussi, de jolis monuments,
Que l’on va pouvoir voir, dans un petit moment.

C’est Vasco de Gama, qui en venant ici,
Développa commerce, vers de nombreux pays,
La route de la soie, dans sa version terrestre,
Sous contrôle des Turcs, était fermée ou presque.

Arrive à Calicut, pour la première fois,
Il reviendra deux fois, et le commerce croit,
Puis il mourut ici, au troisième voyage,
Fut enterré sur place, pour lui rendre hommage.




Eglise San Antonio, lui servit de tombeau,
Son fils revint un jour, pour changer son caveau,
Le prend au Portugal, où il repose encore,
A Lisbonne bien sûr, c’est écrit dans l’histoire.

Côté agriculture, plantèrent ananas,
Pommes de terre, café, cacao aussi là,
Un jour un temple Hindou, ils avaient dé sacré,
Et le Roi de Cochin, en fut vraiment fâché.

Pour obtenir pardon, offrirent un entrepôt,
Restauré en palais, qu’ils voulurent très beau,
Reconstruirent le temple, mais le grand souverain,
Avec les portugais, avait mis le mot fin.

Les hollandais venaient, ici de débarquer,
Il diminua l’aide, donnée aux portugais,
En augmentant aussi, celle des arrivants,
Qui contrôlent le coin, et très bien à présent.

Commerce continue, toujours très important,
Ont restauré palais, offert par précédents,
Ont peint de belles fresques, sur religion Hindoue,
Ramayana, Shiva, et puis aussi Vishnou.

Les dessins vont montrer, comment les hollandais,
La religion d’ici, avaient interprété,
On peut les voir encore, ont résisté au temps,
Une leçon d’histoire, nous prenons tout autant.

Les hollandais un jour, réduisent les affaires,
Cédant la place ici, à la vieille Angleterre,
Font plantations de thé, cacao et café,
Et le pays entier, vont bientôt occuper.

Le palais hollandais, où peintures avons vues,
Garde d’un entrepôt, la structure et en plus,
Possède des décors, adaptés au pays,
Sur le toit éléphants, versant l’eau ils ont mis.

Les plafonds sont splendides, et en bois bien sculpté,
Des boutons de lotus, avons pu observer,
Avons vu palanquins, servant pour les mariages,
Puis costumes et armes, nous venant d’un autre âge.

Synagogue ensuite, nous avons visitée,
Les juifs étaient ici, depuis l’éternité,
Au début sont venus, sans porter la Tora,
Et donc leur religion, ici s’assimila.

Firent commerce d’huile, fermé le samedi,
Et cette tradition, se conserve aujourd’hui,
Deuxième groupe arrive, le rituel revient,
Firent la synagogue, que l’on voit ce matin.

N’est plus utilisée, est devenue musée,
Par de très nombreux lustres, elle est bien décorée,
Et son parquet étonne, des carreaux bleus parfaits,
Sont pas azulejos, mais en Chine étaient faits.

Le quartier des laveurs, et son linge étendu,
Sont en coopératives, les clients payent leur dû,
Nous voyons des pêcheurs, avec leurs carrelets,
Et les poissons pêchés, avec tous ces filets.

Un excellent repas, européen pour moi,
Shailesh est gentil, et bien plus qu’on ne croie,
L’église San Antonio, qui a changé de nom,
C’est Saint François Xavier, qu’ensuite visitons.

Au départ catholique, devenue protestante,
Aujourd’hui anglicane, le mélange nous tente,
De très grands éventails, y étaient agités,
Pour permettre aux gens, la chaleur supporter.

Danse Kathakali, nous allons voir enfin,
C’est la danse classique, que font ici indiens,
Seuls les hommes la font, car du poids faut porter,
Et que toute la nuit, aussi il faut danser.

Elle est basée sur gestes, danseurs ne disent rien,
Et sur les expressions, du visage et des mains,
Héros visage vert, vilains c’est noir et rouge,
La musique accompagne, tous les muscles qui bougent.

Nous avons assisté, à leur long maquillage,
Et aux transformations, faites à leurs visages,
Des couleurs minérales, de l’huile de coco,
Le résultat c’est sûr, il est vraiment très beau.

On nous montre d’abord, gestes et expressions,
On peut voir un visage, parcouru de frissons,
Les yeux bougent ici, au rythme de musique,
Et les muscles aussi, c’est vraiment fantastique.

On a vu un pêcheur, la mer et les poissons,
Des fleurs et une abeille, qui butine très fort,
Et puis des expressions, d’amour ou de colère,
De surprise aussi, et de grande prière.

Un tambour, des cymbales, accompagnent les gestes,
Les danseurs aériens, nous semblent vraiment lestes,
C’est l’histoire d’un prince, qui vit au paradis,
Qui rencontre une femme, ravissante pardi !

Le séduit tout de suite, et veut se marier,
Il veut l’accord du père, pour pouvoir accepter,
Elle le désire trop, et le veut tout de suite,
Tente de l’embrasser, mais il s’enfuit très vite.

Et il comprend alors, que c’était un démon,
La femme démasquée, fait sa transformation,
Elle tente d’enlever, le prince en enfer,
Mais il est vraiment fort, ne se laisse pas faire !

Il la massacre alors, avec sa grande épée,
L’expulse du paradis, pour tout ce qu’elle a fait,
Morale de l’histoire, quelle que soit notre vie,
Le mal est à la fin, heureusement puni !

Un apéro festif, fête Claude et Claudine,
Du rhum et du coca, mémoire on le devine,
Du même apéro, qu’avons six ans plus tôt,
Un jour au Rajasthan, pris c’était vraiment beau.

Un repas de gala, avec poisson grillé,
La soupe délicieuse et le dessert parfait,
Le responsable agence, est assis avec nous,
Nous le félicitons, de bien penser à tout !

17 Février

En route vers Munnar, là haut dans la montagne,
La pierre est rouge ici, car c’est le fer qui gagne,
Se coupe facilement, est spongieuse aussi,
Pour les murs des maisons, et intérieurs des puits.

Plantations d’ananas, nous voyons en passant,
Et Shailesh nous parle, politique à présent,
Lors de l’indépendance, plus de cinq cent états,
Et il a bien fallu, réorganiser ça.

Ont fait constitution, anglo-américaine,
L’ont d’abord adoptée, puis ont eu de la peine,
A faire signer cession, par les maharadjahs,
De toute cette terre, qu’ils possèdent ici bas.




Perdent titre princier, mais gardent leurs palais,
Et tous les biens aussi, qu’ils avaient amassés,
Ils reçoivent en plus, dotation annuelle,
Doivent communiquer, leurs finances actuelles.

Seuls trois Rois ont traîné, pour donner leur accord,
Mais vote populaire, leur a tous donné tort,
En fonction de la langue, ont alors regroupé,
Ainsi vingt huit états, furent ici créés.

Français et portugais, étaient encore là,
Les premiers pour partir, étaient d’accord déjà,
Les seconds refusaient, et on dut les chasser,
On disposait enfin, du pays tout entier.

Voulurent imposer, l’hindi dans le pays,
Mais le sud refusa, fallait un compromis,
Comme deuxième langue, l’anglais resterait donc,
On pouvait maintenant, bâtir une nation.

Ont gardé éléments, reçus des britanniques,
Gouverneur de l’état, n’est pas un politique,
Il doit bien contrôler, si tout se passe bien,
Par le gouvernement, est appointé enfin.

Tout se passe pareil, pour le gouvernement,
Fédéral, ou local, marche pareillement,
Sont élus pour 5 ans, peuple pour députés,
Elus pour sénateurs, qui vont se compléter.

Gouverneur, Président, marchent aussi en chœur,
Le second proposé, par son prédécesseur,
N’est que chef de l’armée, pas beaucoup de pouvoirs,
Si les choses vont bien, lui faut seulement voir.

Parti majoritaire, forme gouvernement,
Et en haut pour l’Etat, justice uniquement,
Elle est indépendante, les lois sont proposées,
Ici par sénateurs et bien sûr députés.

L’armée n’existe aussi, qu’au niveau fédéral,
Elle est en trois sections, de Gandhi le travail,
Terrestre et sur la mer, mais aussi aérienne,
Elle aide les états, pour que rien ne survienne.

Nous recherchons un coin, pipi avons besoin,
Mais ce n’est pas facile, au long de ce chemin,
Nous décidons alors, d’aller voir la nature,
En se cachant un peu, de toutes les voitures.

Forêts exubérantes, nous avons traversées,
Nous ont tous étonnés, par leur diversité,
Des tecks à larges feuilles, fleurs oranges à présent,
L’arbre nommé pallach, annonce le printemps.

Bollywood rime avec, industrie cinéma,
Le B c’est pour Bombay, on ne le savait pas,
L’art des frères Lumière, arriva vite ici,
Et il est, c’est bien sûr, important aujourd’hui.

Le cinéma est kitch, et en plus il est long,
Et il comprend en plus, de nombreuses chansons,
Se compare au théâtre, où les acteurs chantaient,
Et où le beau spectacle, toute la nuit durait !

Musique sert ici, à raconter l’histoire,
Les films d’aujourd’hui, sont plus courts, c’est notoire,
Deux heures au lieu de trois, parfois plus de chansons,
Technologies modernes, font bien les transitions.

Les films très souvent, en hindi sont tournés,
Certains sont en tamul, ils sont plus avancés,
Le thème c’est toujours, héros ou héroïne,
De niveau différent, et vilain on devine.

Le vilain évolue, avec l’actualité,
C’est celui qui refuse, droit de remarier,
C’est ensuite l’anglais, qui est un occupant,
Puis celui refusant, le développement.

Il devient le patron, puis choses se précisent,
Fait des contrefaçons, l’idée n’est pas permise,
Puis est contrebandier, enfin un politique,
Et pour dater les films, cela est bien pratique.

Le cinéma indien, est dans le monde entier,
Dans ancien cinéma, ce soir on va coucher,
A l’hôtel Silver Tips, situé à Munnar,
Nous allons devenir, tout simplement des stars !

Nous voyons désormais, beaucoup de champs de thé,
Ils sont sur les collines, parfaitement plantés,
Mille a deux mille mètres, souvent très grande pente,
Et pas d’herbe à côté, avec thé, pas d’entente.

La région fut trouvée, un jour par les anglais,
Qui poursuivaient Tipu, et voulaient le chasser,
Des cartes furent faites et un jour ils plantèrent,
Le thé qui donne ici, une industrie prospère.

En mille neuf cent vingt quatre, un très violent orage,
Dévasta plantations, terrifiante image,
Les sinistrés restèrent, recommencèrent tout,
En mille neuf cent vingt huit, bien tout était debout.

Les chambres de l’hôtel ont trait au cinéma,
Nous c’est My Fair Lady, on ne regrette pas,
Sur la porte Audrey, nous sourit en entrant,
De ce petit détail, sommes vraiment contents.

Finlay était ici, plus gros propriétaire,
Et Tata vint un jour, pour faire des affaires,
Il s’associa à lui, et puis le racheta,
Il possède deux tiers, des belles terres là.

Son usine a vendue, ici aux employés,
Aujourd’hui elle est donc, bien sûr autogérée,
Des jeux, des hôpitaux, et de grandes écoles,
Capital, communisme, rapprochés ça fait drôle !

Nous avons visité, ici musée du thé,
Dans la région est bu, toujours avec du lait,
Procédé CTC, on nous a expliqué,
Ecraser, déchirer, et ensuite enrouler.

Ce n’est que l’un des quatre, procédés qui existent,
Le dernier au thé blanc, finalement s’applique,
C’est le thé le plus cher, car cueilli à la main,
Et en plus on ne garde, que le bourgeon très fin.

Une vie de cent ans, peut avoir le théier,
Une fois par semaine, ses feuilles sont ramassées,
On prend que jeunes pousses, à la main au ciseau,
Ici ce sont les femmes, qui font tous ces travaux.

Nous avons pu les voir, en plein travail ici,
Nous ont fait appeler, pour discuter pardi
Après démonstration, Julie a essayé,
Et Jean-Louis rayonnant, l’a bien accompagnée.

Shailesh eut très peur, en partant du musée,
Son appareil photo, il y avait laissé,
Mais Claude qui surveille, s’en était emparé,
Et la crise cardiaque, ainsi fut évitée.

Nous visitons aussi, une usine à papier,
C’est encore Tata, qui ici l’a pensée,
Il recherche toujours, à être indépendant,
Pour ses activités, tout fabrique vraiment.

Il utilise ici, tous les déchets du thé,
Mais de l’eucalyptus, aussi il va traiter,
Des restes de tissus, des troncs de bananiers,
Des crottes d’éléphants, des ananas rejets.

Fabriquent jolis sacs, recyclent le papier,
La matière est broyée, puis dans l’eau est trempée,
L’amidon ajouté, pâte ensuite étalée,
Séparées par tissus, couches superposées.

La presse sert ensuite, à l’eau éliminer,
Puis il faudra à l’ombre, encore bien sécher,
Les couleurs d’origine, plus pâles on aura,
Colorants naturels, aussi on y mettra.

Ici sont employés, nombreux handicapés,
Et des fraises confites, aussi sont fabriquées,
Font aussi la teinture, impression sur tissu,
Et dans le monde entier, employés sont connus.

Le soir, lors du repas, deux pannes de lumière,
Nous avons démarré, bien sûr dès la première,
Et bon anniversaire, nous avons tous chanté,
Devant quelques locaux, qui étaient étonnés !

18 Février

Nous quittons donc Munnar, route pour Periyar,
Et comme d’habitude, personne n’est en retard,
Le thé omniprésent, occupe les collines,
On ne voit que du vert, une impression divine.

Parfois la pente approche, les cinquante pour cent,
Ils doivent s’encorder, ici, on le pressent,
S’il y a de la ferrite, des chênes argentés,
Sont une aide au thé, car l’eau il faut ôter !

Plus loin la cardamome, prend la place du thé,
Ce serait un épice, très bon pour la santé,
Voyons aussi manioc, parfois jacaranda,
Arbres et fleurs luxuriants, on ne s’en lasse pas !

Claudine a composé, une belle chanson,
Que nous allons reprendre, bien sûr à l’unisson,
Shailesh dit toujours, « c’est vraiment magnifique »,
C’est donc ce thème là, choisi comme musique.




Notre hôtel est situé, au cœur d’un parc très beau,
Recevons la tika, et des colliers floraux,
Marius nous amenons, très vite à l’hôpital,
Son début d’allergie, a viré général.

Un chauffeur, une jeep, un accompagnateur,
A l’hôtel ils font tout, oui pour notre bonheur,
C’est à St Augustine, que nous sommes rendus,
Nous avons de la chance, n’avons pas attendu.

Le docteur est bizarre, il remue tout le temps,
On ne sait s’il dit oui, ou bien non à présent,
Je fais tableau clinique, Marius est ausculté,
Et vite une ordonnance, on va lui rédiger.

Faut faire une piqûre, l’infirmière est jolie,
Mais tant pis pour Marius, et bien oui, on le suit,
Nous donnent des cachets, aussi une pommade,
Très vite notre ami, ne sera plus malade.

Démonstration ce soir, de la danse locale,
Une belle danseuse, nous raconte une histoire,
Son visage, ses mains, ses yeux et puis ses pieds,
Bougent avec la musique, nous ont émerveillés.

A la fin du repas, chanson distribuée,
Tous les amis ici, ont envie de chanter,
Claudine ta chanson, avec ou sans musique,
On peut dire maintenant, oui qu’elle est magnifique !

19 Février

A cinq heures du matin, nous sommes réveillés,
Par un chant psalmodié, comme une mélopée,
Le muezzin à son tour, appelle à la prière,
Comment faire pour dormir, ce n’est pas des manières !

On va chez Abraham, dans le jardin d’Eden,
Ou plutôt des épices, même s’il est divin,
Passe à la télé, en France, en Angleterre,
Ici dans ce climat, végétation prospère !

Du poivre noir et blanc, et d’autre encore vert,
De la noix de muscade et bétel, on s’y perd,
Clous de girofle, gingembre, racine curcuma,
La plante de curry, moi, j’en achète pas !




Vanille, fleurs de crevettes, et piments de Cayenne,
Fleurs de pompon, vigognes, hibiscus et cannelle,
Suzanne aux yeux noirs, et bégonia bambou,
Hier, aujourd’hui, demain, et puis ce n’est pas tout !

Arbre aux quatre épices, les feuilles de henné,
Cardamome et ses fruits, qui poussent sur son pied,
Balisier et mûrier, bananier et jacquier,
Basilic et piments, papaye et citronnier.

Un beau manguier en fleurs, un arbre à cacao,
Et des queues de renard, tout est vraiment très beau,
Les chaussures de femmes, goyavier, tamara,
Oreilles d’éléphant, aussi fleurs d’alpinia.

Belles pommes cannelles, café arabica,
Aussi du libéria et puis du robusta,
Des bananes sont rouges, et des bambous dorés,
Pamplemousse, avocat, piment oiseau c’est vrai.

Tamaris longs, manioc, qui sert pour tapioca,
Des fruits de la passion, mimosa poulica,
Des caféiers en fleurs, ont fait notre bonheur,
Deux récoltes par an, trente jours après fleurs.

Tout au long de la route, voyons des plantations,
Poivre et cardamome, du thé à profusion,
C’est du Connemara, qui est ici vendu,
Infuser dans de l’eau, avec du lait en plus.

Nous voyons une église, c’est celle de Marie,
Ici ni bancs, ni chaises, c’est à genoux qu’on prie,
Continuons à descendre, voyons des hévéas,
Et pour bien mieux comprendre, on va s’arrêter là.

Il faut près de dix ans, pour les faire produire,
On incise l’écorce, et la sève va suivre,
La pente du sillon, protégé par plastique,
Commencent par le bas, car c’est bien plus pratique.

La sève recueillie, on fait alors cailler,
Avec formique acide, que l’on doit ajouter,
On fait de grandes plaques, par l’eau on va laver,
Puis on presse ensuite, enfin on va sécher.

Vers la coopérative, on va vite amener,
Plaques devenues brunes, après avoir séché,
Le latex servira, pour gants médicinaux,
Le bois lui peut servir, pour des meubles très beaux.

De bien belles maisons, tout au long de la route,
Arrivons dans la plaine, tout va changer sans doute,
Des rivières ont créé, des lagunes ici,
Quand vers la mer d’Oman, elles se sont réunies.

Ce sont les back waters, on a fait des canaux,
Parfois la mer y rentre, sont salés mais pas trop,
Des maisons sont construites, le long de ces rues d’eau,
Jamais d’inondations, car l’eau monte pas trop.

Certains lacs sont séchés, terrain est cultivé,
On y plante le riz, ensemble récolté,
Des maisons sont en bois, dans un style chinois,
D’autres sont vraiment belles, petits châteaux parfois !

On élève canards, et aussi des poulets,
Mais les jacinthes d’eau, vont parfois étouffer,
La vie dans les canaux, et tuer les poissons,
C’est ici un fléau, qu’espérons ils vaincront.

On y voit cormorans, des ibis, des hérons,
Et il y a dans l’eau, de très nombreux poissons,
De beaux petits bateaux, sont faits en cocotier,
Sur un house boat ici, nous allons demeurer.

Ils servaient au début, à transporter de tout,
Mais ceux que nous prenons, sont transformés pour nous,
En palaces flottants, avec tout le confort,
Cette fois Shailesh, il a fait vraiment fort !

Occupons trois bateaux, le notre est le plus grand,
Et les deux de devant, nous escortent à présent,
Pas de bruit, le confort, fauteuils et canapés,
Une belle balade, ici nous avons fait.

Des canards par centaines, et des martin pêcheurs,
Cormorans et hérons, nous donnent du bonheur,
Un arrêt à l’église, ici Champakulam,
Beau plafond et retable, c’est un régal vraiment.

Voyons la pharmacie, qu’on vient d’inaugurer,
Petits morceaux de sucre, ici nous sont donnés,
Ordinateur fleuri, et la flamme sacrée,
Ils sont vraiment gentils, les gens de la contrée.

Nous mangeons sur le pont, en navigant ou pas,
Saluons tous les gens, oui que nous croisons là,
En doublant le bateau, où se trouve Julie,
Chantons « c’est magnifique », par les autres repris.

20 Février

Le petit déjeuner, est pris sur le bateau,
Les paysages ici, sont toujours aussi beaux,
Une bonne omelette, café et thé aussi,
Gâteau à la banane, on mange bien ici !

Nous quittons à regret, le bateau Flamingo,
On passe à Allepy, et toujours les canaux,
Leur niveau d’eau plus haut, que celui de la mer,
Limite les entrées, par les digues à travers.

Krishnapuram Palace, nous allons visiter,
C’est à Kayamkulam, que faisons notre arrêt,
Le palais secondaire, d’un Roi qui fut ici,
Super bien rénové, pour que on l’apprécie.

Boite à lettre spéciale, symbole du palais,
Bien dessiné dessus, nous accueille à l’entrée,
Bois de teck, bois de rose, pour toitures et plafonds,
Argent, or cuivre, fer, pour les objets qu’ils ont.

Grelots, poids et mesures, et aussi poteries,
Et pour bien discuter, une caqueterie,
Habitants respectaient, cinq éléments ici,
Air, feu, eau, terre, espace, Shailesh nous a dit.

Dolmen aussi menhir, endroit de crémation,
Un palanquin aussi, fait notre admiration,
Les charnières des portes, sont aussi faites en bois,
Une pierre rappelle, donateurs d’autrefois.

La main d’une statue, est tournée vers le haut,
C’est la bénédiction, que traduire il faut,
Si tournée vers le bas, c’est une indication,
Pour enlever le mal, et la malédiction.

Sur le mur une fresque, le roi des éléphants,
Se baigne et crocodile, veut le manger vraiment,
Il appelle Vishnou, qui lance alors sa roue,
De Gajendra Moksham, la légende pour nous.

Salle de bains du Roi, en toute intimité,
Des marches et un toit, pour dans lac se baigner,
Tout est bien étudié, pour faire aérations,
Des fenêtres servaient, domestiques discussion.




Avons vu des monnaies, au début coquillages,
Des poinçons pour frapper, qui datent d’un autre âge,
Des statues de Ganesh, et même mieux pourtant,
De Shiva et Vishnou, le beau fils Ayyapan.

Un bouddha de mille ans, attend dans le jardin.
Nous devons nous remettre, et bien vite en chemin,
Des histoires de vaches, Shailesh nous raconte,
Poème sur café, c’est Claudine qui conte.

Shailesh nous confie, de très belles monnaies,
Coq gaulois, fleur de lys, oui par français frappées,
Mais pièces du pays, elles ont servi un jour,
Et de notre ami guide, la collection prend tour.

Kovalam nous attend, avant nous les hippies,
Etaient venus ici, attirés par la vie,
Et la pensée bouddhiste, divinités Hindoues,
La musique locale, on retrouva chez nous.

Le soir lors du repas, nous chantons les anglais,
Qu’un jour sur la Tamise, leurs manches retroussaient,
Les spectateurs affluent, car tout le personnel,
Veut surtout rien rater, concert exceptionnel !

21 Février

Les mouettes du pays, elles ont aussi bronzé,
Car c’est par des corbeaux, qu’elles sont remplacées,
Nous avons droit ce jour, massage Ayurveda,
Devons voir le Docteur, qui analysera.

La technique créée, il y a cinq mille ans,
Est issue de deux noms, et alors on comprend,
Ayur, c’est prolonger, la vie, très bonne idée,
Véda veut dire science, c’est vraiment plus concret.

Trois centres d’intérêt, intimement liés,
Oui aux cinq éléments, que l’on nous a cités,
La terre, l’eau, le feu, l’air et aussi l’éther,
Il faut équilibrer, c’est un tout peu plus clair.

Vatha, les mouvements, air, éther est lié,
Pitha, la digestion, au feu identifiée,
Kapha, l’immunité, lien à eau et à terre,
Pour chacun d’entre nous, combinaison première.




Deux ou trois de ces centres, nous sont attribués,
Quand sommes à l’équilibre, tout est vraiment parfait,
Si la balance penche, il faut intervenir,
Massage avec huiles, il faut alors s’offrir.

Masseur Mathukutly, me fut attribué,
M’a d’abord demandé, de me déshabiller,
Puis je me suis assis, une vénération,
Et il a débuté, toute l’opération.

Commence par la tête, s’occupe des cheveux,
De l’huile il a mis, il frotte à qui mieux mieux,
S’occupe du visage, et ensuite des bras,
Du torse et du dos, ça ne s’arrête pas !

Les mouvements sont lents, puis soudain saccadés,
Sur les doigts, sur les bras, il se met à tirer,
Me tapote la tête, avec ses doigts serrés,
Puis se sèche les mains, me dit de m’allonger.

Sur le ventre d’abord, et d’huile il m’inonde,
Me voilà prêt à cuire, c’est ma pensée profonde,
Puis il masse partout, vite ou bien lentement,
Et la relaxation, oui enfin, je ressens.

Le dos, les bras, les jambes, rien ici d’épargné,
Et les fesses aussi, il m’a bien sûr massées,
Soudain, le rythme baisse, ne fait que m’effleurer,
Je sens monter en moi, de la félicité.

Caresses sous les pieds, font aussi des chatouilles,
J’étais bête vraiment, d’avoir de ça la trouille,
Je passe sur le dos, et l’huile coule à flots,
Il me semble quand même, qu’il en met un peu trop !

Les massages reprennent, partout il est passé,
Vite ou bien lentement, c’est bien organisé,
Parfois il frappe un peu, le bruit est étonnant,
On dirait que fessée, il me donne à présent !

Il revient aux caresses, et ses effleurements,
De drôles de sensations, je ressens à présent,
Comme une excitation, début de jouissance,
Un moment étonnant, oui j’ai eu de la chance.

Termine par visage, avec huiles odorantes,
Puis un grand peignoir vert, aussitôt il présente,
Me voilà chirurgien, mais vraiment relaxé,
Dans une heure faudra, que j’aille me doucher.

Au sortir comparons, bien sûr nos impressions,
Masseuses pour les filles, masseurs pour les garçons,
Avis sont favorables, une grande expérience,
Et c’est à Shailesh, que devons cette chance.

Plage, shopping, piscine, chacun avait le choix,
Certains optèrent aussi, pour balade ma foi,
Le soir avons chanté, pour notre ami indien,
C’est magnifique c’est sûr, et à demain matin.

22 Février

Aujourd’hui nous partons, destination Bombay,
Et c’est de Trivandrum, qu’allons nous envoler,
King Fisher nous transporte, et tout se passe bien,
Pour manger faut payer, alors on mange rien !

Arrivés à Bombay, des sandwiches nous avons,
Collègue à Shailesh, a fait les commissions,
Un bus nous attend là, il est vraiment très grand,
Confortable en plus, tout le monde est content.

Bombay, la capitale, a une longue histoire,
Deux siècles avant JC, sa présence est notoire,
Au départ des bouddhistes, qui des grottes habitent,
Puis ce sont Rois indiens, qui ensuite arrivent.

Nombreuses forteresses, pêcheurs pour habitants,
On ne sait pas vraiment, d’où vient son nom présent,
La déesse Maman, Mumba Aai était,
Ou bien en portugais, Bom Bahia puis Bombay.

Depuis quatre vingt quinze, origine ont voulu,
Mumbai pour les indiens, c’est le nom retenu,
Les îles au départ, attiraient les moustiques,
Et pour développer, ce n’était pas pratique.

Sept îles composaient, la ville qu’on va voir,
Mais ont comblé les vides, avaient besoin terroir,
Et deux tiers, de la ville, ont gagné sur la mer,
C’est la présence anglaise, qui a gagné la terre.

Et en mille neuf cent vingt, la ville est importante,
Commerce maritime, et rail cela la tente,
La guerre en Amérique, prive Europe de coton,
Calcutta vers Bombay, ici exporteront.




La ville devient riche, des usines il y a,
Se consacrent au textile, la demande est là,
Un port est consacré, totalement au coton,
Travail, aussi main d’œuvre, en quantité ils ont !

La gare Victoria, est vite ici construite,
Elle est très imposante, nous allons la voir vite,
Patrimoine mondial, vient d’être reconnue,
Peut pas se visiter, extérieurs avons vus.

Au départ logements, pour les seuls ouvriers,
Et puis rapidement, famille ont amené,
Il faut beaucoup construire, le terrain devient cher,
Et il y en a bien sûr, qui ont fait des affaires.

Vingt millions d’habitants, habitent aujourd’hui,
La ville et sa banlieue, cela nous a surpris,
C’est la population, et oui de l’Australie,
Que sur ce territoire, on va trouver ici.

De très belles maisons, rarement restaurées,
Mais sur les extérieurs, il ne faut pas juger,
En cas de catastrophe, il y a beaucoup d’entraide,
La pluie, les terroristes, jamais moral n’altèrent.

Nous allons donc sur l’île, prenons un pont récent,
Arrêt près de la gare, que voyons à présent,
Le « collier de la reine », y mène directement,
Avenue de la plage, le soir scintille vraiment.

Un maire de Bombay, a ici sa statue,
Puis c’est vers le musée, que nous sommes rendus,
Il fut inauguré, par le Prince de Galles,
La fontaine de Flore, est vraiment formidable.

Voyons le bâtiment, où Shailesh étudiait,
Par l’Alliance Française, notre langue enseignée,
Puis la porte de l’Inde, qui ouvre sur les ports,
Son histoire est contée, c’est un moment très fort.

Georges Cinq vint ici, on construisit ensuite,
La porte où il entra, ben elle était factice !
Mais c’est surtout ici, que les soldats anglais,
Lors de l’indépendance, ont un jour embarqué !

Grand hôtel Taj Mahal, classique ou bien arabe,
Fut construit par Tata, et semble confortable,
Un jour on l’expulsa, car il était indien,
Voulut faire un hôtel où tout le monde vient !

Shivaji monte ici, sur son plus beau cheval,
Dynastie des Marath, un seigneur sans égal,
Contrôla l’Inde entière, descendants furent battus,
Se replièrent au Sud, et anglais sont venus.

Nous voyons des carrioles, par des chevaux tirées,
Par fleurs ou bien ballons, elles sont bien décorées,
Un défilé de Miss, vraiment inattendu,
Caméras et micros, par journalistes tendus !

Puis un dernier repas, prenons dans un hôtel,
Nous sommes rafraîchis, avant ce rituel,
Des chambres très spacieuses, nous ont été prêtées,
Ce fut un bon moment, nous sommes délassés.

Shailesh ne vient pas, jusqu’à l’aéroport,
Petit désistement, que l’on regrette fort,
Des soucis pour trouver, des places à côté,
Marius par la police, ici est arrêté.

On soupçonne un coupe ongle, en trop dans son bagage,
C’est celui de sa femme, notre ami est en nage,
Mais pince à épiler, par Jeannot est trouvée,
Tout se termine bien, il peut enfin passer.

23 Février

Arrivés dans l’avion, nous prenons vite place,
Mais deux dames voudraient, qu’on leur laisse l’espace,
Nos tickets en effet, ont mêmes numéros,
S’ils font du surbooking, c’est vraiment un peu gros !

Un stewart me demande, de montrer nos tickets,
Sans aucune méfiance, je les lui ai donnés,
Il revient, me les rend, alors je m’aperçois,
Qu’un autre numéro, ils portent cette fois !

Ils ont des magiciens, c’est certain à Air France,
Devraient faire un spectacle, ce serait une chance,
Une hôtesse demande, si on veut bien changer,
Acceptons sans problème, bagages on peut placer.

En plus nous retrouvons, avec tous nos amis,
A l’enregistrement, il n’était pas fini,
Celui qui mit une heure, pour donner nos tickets,
En émit tellement, qu’il dut en déchirer !




Se trompa sûrement, et déchira les bons,
A Paris avons eu, même situation,
Heureusement que là, ils ont réglé l’affaire,
En montant dans l’avion, plus de souci à faire !

Shailesh nous a fait, vraiment un beau séjour,
Mohan est bien passé, malgré tours et détours,
Umesh a bien chargé, tous les jours nos bagages,
Et nous sommes restés, presque tous les jours sages !

Partir avec un guide, et en plus un ami,
Avec des gens qu’on aime, et que l’on apprécie,
C’est vraiment merveilleux , une grande expérience,
D’avoir vécu cela, avons beaucoup de chance ! "

Les photos de Joris CAUQUIL



 
  valérie Roziere, 1 - Ain :

" Lorsque je suis devenue hors castes "

 

" Bénarès, tu as gardé mon coeur à jamais ; d'abord parce que les cendres de ma soeur baignent pour toujours avec la Déesse Ganga, mais tu m'as fait connaître les plus belles personnes qui chaque jour me manque ; Toi Soubach, mon coup de foudre, notre mariage. Tous nos pleurs lorsque je devais rentrer en France.
Mais surtout vous, plus humbles parmi les humbles, votre sourire, vos yeux, votre amour ne m'ont jamais quitté et mon coeur se serre en pensant à vous. Tous ces mois passés parmi vous à penser vos blessures, vous lépreux que les faiseurs de pudja ont excluent de la société. Vous m'avez réchauffé le coeur à jamais. Assise sur la terre de Shiva, parmi vous, je n'oublierais jamais ces moments de partage d'amour, de chaleur humaine à boire le Tchai et manger les biscuits que vous me tendiez avec vos doigts mutilés. Ils ont été les meilleurs biscuits que j'ai mangé. Trois mois par an à vous écouter, à vous soigner, à supporter avec vous le regard méfiant des pèlerins. Vous me manquez et que Dieu fasse que je puisse repartir. Bénarès, tu me manques, les longues promenade en bateau avec Anoup, vrai fils du fleuve. Tu savais préparer les plus belles offrandes, ces centaines de fleurs et bougies que nous déposions avec ferveur dans les eaux sacrées. Le feu du coucher de soleil, et nos offrandes qui illuminaient Ganga, je te respecte plus que les Brahmanes à roupies.
Vous les plus humbles, vous êtes le coeur de Bénarès.
Subash, Anup amaré bahia hé, Bayalal tchai shop où l'on se réfugiait lorsque la mousson dévalait les pentes de Dasashwamed Ghat. Mamie et tes bègels, sabdji vala, où tu m'a pris en photos dans ton petit marché de légumes. Jamais je n'avais vu mes yeux si lumineux. Je vous aime tous, vous êtes dans mon coeur à jamais. Et toi ma soeur, restée là bas à jamais. Tous nos amis étaient là pour préparer ta crémation. J'espère que tu as trouvé la vrai paix promis à ceux qui décède à Bénarès, en finir avec le cycle des réincarnations.
Je vous aime tous ? les odeurs me manquent, les chants des mosquées me manquent, les chants des prières des temples me manquent. Dieu les retrouverais je un jour?
Aré Rama, Aré RAma, Rama, Rama, Aré, Aré
Aré Chrishna, Aré Chrisna, Chrisna, Chrisna, Aré, Aré...; "



 
  Hélène Schneider, - :

" Sur les ghâts de la rivière Shipra à Ujjain... "

 

Photo de Hélène Schneider " Sur les ghâts de la rivière Shipra à Ujjain, des brahmanes rendent un culte à l’âme d’un défunt : noix de coco, fleurs et poudres colorées sont les ingrédients de ce psaume magique qui s’envole derrière un rideau d’encens.

Sur les ghâts d’Ujjain, faire de la balançoire, c’est rendre un culte à Krishna. J’aimerais oser prier ce dieu facétieux…

Sur les ghâts de la rivière Shipra, des femmes, ni très jeunes, ni très belles, – intouchables sans doute – savonnent leurs cheveux, défont leur sari, se lavent, sous l’œil impudique de quelques touristes.

Sur les ghâts de la Shipra, un bébé de la caste des brahmanes, le crâne rasé coloré de safran est présenté pour la première fois à la rivière. Il hurle dans les bras de son père. Sa mère, derrière les murs de sa maison, pense à lui en découpant l’agneau, en l’épiçant des couleurs de la fête. Les flammes des becs de gaz font pleurer son front.

Sur les ghâts, un prêtre shivaïte me dessine doucement un lingam sur le front. Son doigt est puissant. Je ferme les yeux et pendant deux jolies secondes, m’abandonne.

A Ujjain, le soir va tomber. Des centaines de pèlerins vont descendre vers la rivière. Avancer, serrés. Certains passeront la nuit là, couchés à même le sol. Des chants seront psalmodiés au rythme lancinant des tambours. Parfois, la Shipra criera entre les rochers ; peut-être parce qu’elle aura vu rougeoyer dans la pénombre l’œil d’un de ses dieux.
A Ujjain, le soir va tomber. Il est temps pour moi de remonter. "

Les photos de Hélène Schneider



 
  Jean Zucchet, 36 - Indre :

" Mandala (Laddak) "

 

" Srinagar
On aime à croire que partir c’est renaitre, que demain expliquera aujourd’hui, que l’horizon n’est créé que pour être franchi et dépassé.
La vie était si douce au Cachemire … trop douce peut-être. Il faut reprendre la route et quitter la vallée que Vishnou offrit aux hommes. C’est l’heure où, venu du marché flottant, le fleuriste passe sur sa barque-étalage proposer quelques bouquets alors que les brumes estompent encore les mauves de la chaine himalayenne. Quant aux aigles pêcheurs, ils commencent leur ronde.
Trois jours de bus sont nécessaires pour franchir les 340 kilomètres qui séparent Srinagar de Leh, capitale du Ladakh, sur une route encombrée de convois militaires prioritaires et de camions décorés comme des arbres de Noël. Trois jours de lente et dangereuse progression au bord des frontières chinoise et pakistanaise dans un paysage minéral, lunaire. Vagues d’horizons successifs à plus de 5000 mètres. Royaume de pierres découpé par des canyons vertigineux où de puissants cours d’eau, comme l’Indus, ne parviennent même pas à fertiliser leurs berges.
Les ladahkis, grâce à quelques canaux d’irrigation, réussissent, à la bonne saison, à cultiver un peu d’orge. Coulées de verdure sans aucune éclaboussure, émeraudes enchâssées dans le roc gris, larmes de vie sur rochers stériles.
Dans un semblable univers, la pierre est message, trace du passage. On en dépose au bord du chemin, on édifie d’étranges tours, sorte d’autels en plein air dont les cinq étages symbolisent la progression de l’homme vers sa réalisation spirituelle.
Sur les hauteurs isolées, la silhouette des monastères se confond avec la roche. Là, on a choisi le vrai voyage, le voyage intérieur, celui qui passe par l’immobilité de la concentration, par les moulins à prières que l’on tourne sans cesse, par les mantras éternellement répétés et comptés sur les 108 perles du rosaire.
L’été, il est vrai, les moines participent aux récoltes, à la cueillette des abricots que l’on sèche pour l’hiver. Ce sera l’unique douceur d’une alimentation composée exclusivement de galettes d’orge et de thé au beurre salé (et rance…).
Sur le chemin rocailleux, je croise quelques femmes aux rides profondes creusées par le soleil et le froid. Sur la tête, elles portent la traditionnelle perak dont le feutre s’orne d’une rivière de turquoises polies, dot transmise de mère en fille, dans un pays où la femme a conquis une forte position sociale.
Arrivée au monastère. Quelques moines assis dans un angle sombre égrènent leurs litanies.
S’arracher à l’impermanence des choses. Contempler l’extrême complexité des mandalas peints sur les murs ou sur des pièces de tissu qu’éclairent chichement quelques lampes à beurre. Annihiler la passion, le désir.
Un jeune novice me fait signe de le suivre discrètement. Un cortège se forme et se dirige vers une salle où l’on a dessiné grâce à des poudres colorées un mandala d’environ un mètre de diamètre. Un travail de plusieurs jours certainement, de plusieurs semaines peut-être, mais le mot patience n’a, ici, aucun sens. Le futur n’est qu’une suite de présents.
Le jeune moine soulève avec précaution le grand plateau de bois qui sert de support aux poudres colorées. Ses doigts laissent quelques empreintes sur le bord du dessin. On ouvre une porte qui donne sur la falaise ; on présente le plateau au vide, et, en quelques secondes, le vent emporte cette éphémère création.
Vanité des choses.
Sur le plateau ne restent que quelques traces de poudre bleutée… "



 
  Jean Zucchet, 36 - Indre :

" Chandra "

 

" Bombay
Le moteur du bus hoquette avec un bruit de ferraille inquiétant. Le chauffeur est allé s’accroupir, à l’indienne, sur le trottoir voisin. Assis sur ses talons, le bras droit posé sur le genou, il attend manifestement d’autres clients avant de démarrer. Deux ventilateurs de plastique vert tentent vainement de brasser un air épais et poisseux, les autres ne fonctionnent certainement plus depuis longtemps.
Huit heures de vol depuis Frankfort. Une sorte de course à la rencontre du soleil. Une nuit de trois ou quatre heures, moins peut-être. Faute de place, surbooking sans doute, la compagnie m’a généreusement placé en première. Couverts en argent, champagne, chariot de digestifs. Une rose « Baccarat » avec son petit réservoir transparent sur chaque plateau de diner. Au réveil, serviettes chaudes « more coffee, more toasts mister ?
Dix kilomètres en dessous de nous les fines ciselures d’un paysage désertique. Iran ? Afghanistan ? Puis la crasse de la mousson. Descente sur Bombay. Juste avant l’atterrissage, entre deux nuages sales, on aperçoit, en bout de piste, les morceaux d’un jet dont le crash, si l’on en juge par l’éparpillement des structures, n’a pas dû laisser grande chance aux passagers. Vert presque noir de la végétation. Bidonvilles inondés au ras du ruban de béton.
Ouverture des portes. Le souffle d’un énorme ventilateur. Impression de pénétrer dans une gigantesque laverie. Bain de vapeur. Avant même de parvenir au bas de la passerelle, les vêtements en une carapace tiède et humide. La transpiration vous inonde. Déjà le rêve d’une douche… Devant moi une jeune allemande porte un gros bouquet Ce sont les roses abandonnées par les voyageurs. A moins de 100mètres, derrière les grillages, un groupe d’enfants nous regarde débarquer d’un autre monde.
Formalités, valises, douanes, tampon, retampon et puis la première foule indienne dans laquelle il faut tenter de suivre son porteur patenté (plaque métallique numérotée fixée sur une chemisette à la couleur indéfinissable). Enfin le bus, la valise dans la soute, la première main tendue.
Le moteur continue de secouer toute la carcasse. Les quelques passagers déjà installés sont silencieux, immobiles, le regard un peu fixe. La plupart serrent sur leurs genoux leur bagage à main. Premier choc avec l’Asie. Une énorme gifle dont chacun sait qu’il ne s’en remettra que difficilement.
La jeune femme au bouquet est assise devant moi. Une petite main frôle son bras posé sur le rebors de la fenêtre. Faire semblant de ne rien sentir, de ne rien voir. Les doigts se font plus insistants C’est une enfant d’environ huit ans. Robe jaune déchirée sur des jambes squelettiques. L’inévitable petit frère accroché à son cou. Yeux noirs immenses cernés de khôl. Sur un ton plaintif, elle répète sans cesse la même litanie : « one roupie, one pen, one bonbon …»
Petit geste d’impatience de l’allemande, un peu comme on chasse une mouche tout un sachant très bien qu’elle reviendra se poser sur votre peau quelques instants plus tard. One roupie, one pen, one bonbon » ; le ton n’a pas varié. A quoi bon d’ailleurs, c’est sur la faculté de résistance que l’on joue quand on mendie à huit ans et que le touriste, prisonnier de sa boite métallique, ne risque pas de vous filer sous le nez.
De sa main droite, la jeune femme tente de remonter la vitre, inutilement bien sûr, il doit y avoir bien longtemps que la rouille a eu raison du mécanisme.
One roupie, one.. » La cantilène est interrompue par un cadeau surprenant : le fameux bouquet.
Eclair de déception. Quelques piécettes auraient mieux fait le bonheur de l’enfant, la marchande de beignets est là tout près, la fumée de sa friture doit être si tentante.
Le petit garçon caresse doucement les pétales rouge sang.
Un sourire éclaire le visage de sa sœur.
Mon matériel photo est posé près de moi sur le siège défoncé, prêt à fonctionner… je ne parviens pas à me décider à saisir l’un de mes appareils…
Chandra ! Une femme, la mère certainement , appelle l’enfant qui s’éloigne en courant
Cette photo non faite, c’est à toi Chandra que je la dédie.

Tu es la lumière du monde. "



 
  Laurence Ponchon-Barège, - :

" Odeur de l'Inde "

 

" **La suite du voyage de Laurence et Patrick en Inde (retrouvez le début de leur voyage sur la page Séjour Inde de VoyagerMoinsCher.com)**

18 février, Neuf heures quinze, gare routière de Cochin

Nous allons prendre un car local pour nous rendre à Munnar. The car : il s’agit d’un gros car rouge et jaune des années 1950. La rouille l’envahit. Les sièges en Skye usé vont nous coller à la peau. Les banquettes sont dures et le siège du conducteur est complètement défoncé. Il se console avec des chiffons.
Nous nous entassons avec nos bagages. Nous avons la chance d’être assis. Ce n’est pas le cas de tous. Le moteur vrombit, tout vibre. Le véhicule n’a pas de fenêtre et c’est une chance. C’est beaucoup plus agréable que la clim.
Nous mettons plus d’une heure à sortir de Cochin puis encore une heure à rouler en traversant des agglomérations. La population s’entasse. Certaines scènes sont pour nous insolites.
Les klaxons sont partout.
Enfin, nous voyons la campagne. Il nous reste deux heures trente de trajet. Sur le bord de la route, parfois, nous croisons des groupes de femmes poussiéreuses qui nettoient les fossés. Certaines dorment le long de la route. Certaines ont installé des gamelles. On dirait une armée de cantonnières.

Nous commençons à monter. La forêt tropicale est autour de nous. Un singe grimpe un fossé. Nous ne connaissons pas les plantes qui nous entourent. Avec l’altitude, l’air est plus frais plus léger. Ce sont les Ghats occidentaux (une chaîne de montagne). Munnar sera à 1600 mètres d’altitude.
Le car peine. Impossible de vérifier la vitesse même si nous sommes assis derrière le chauffeur car le compteur est cassé. L’immense levier de vitesse craque. Nous négocions difficilement certains virages. Pour se croiser, le conducteur doit parfois effectuer des marches arrière.

Et puis, c’est arrivé : dans une épingle à cheveux très pentue un gros craquement nous surprend. Il nous semble que la première vitesse a sautée. Le chauffeur s’acharne au milieu des klaxons. Nous bloquons la circulation dans les deux sens. En vainc. La grosse carcasse ne veut plus bouger. Des chauffeurs descendent des véhicules qui nous entourent. Chacun semble vouloir donner son avis. Nous ne comprenons pas. Des calles sont posées et nous devons descendre avec nos bagages. Une ultime tentative est infructueuse. Boîte à vitesse cassée ?
Nous voici tous, une trentaine de personnes, posés avec les bagages dans le fossé. Je ne vois pas comment la solution pourra rapidement arriver même si le chauffeur nous dit qu’un autre bus va arriver. Quand ? Je propose plusieurs fois à Patrick de nous installer plus loin en auto-stoppeurs mais il hésite.
La solution vient à nous. Une jeep s’arrête. Nous montons six personnes et finissons la course d’une vingtaine de kilomètres pour deux cents roupies (soit environ quatre euros).
Le paysage change. Nous découvrons les plantations de thé. C’est simplement magnifique, le vert des feuilles de thé, la végétation en fleurs. La montagne est splendide.

Nous avons réservé une chambre d’hôte chez Aïda. La famille nous accueille très gentiment et nous propose de l’eau minérale. Ils louent quelques chambres. Ils vivent mais ne semble pas faire fortune. Roy (le mari de Aïda) est un indien maigre et étroit au sourire agréable et accueillant. Comme sa famille, il est habillé de tissus usés.
Même si les draps sont élimés et si le robinet de la douche nous reste dans les mains, tout est propre et tout va bien.
Nous irons nous promener sur le marché. C’est un marché couvert de tôles avec un sol en terre battue. Les produits s’entassent, les passages sont étroits et encombrés. Nous ferons le plein d’épices. Nous croiserons un couple de français qui nous offrira un massala chai dans un petit café. Ici, le contact est spontané. Ils sont très sympathiques.

MUNNAR 19 février

Roy nous serre gentiment le petit déjeuner en nous installant une vieille table en plastique devant sa maison. Confiture à l’ananas au programme.
Nous décidons de marcher un peu dans la montagne. Nous empruntons une petite route calme, sans circulation. Ceci nous éloigne du tumulte habituel.
Nous longeons les plantations de thé, les cultures de cardamone, traversons une épaisse forêt. Ici, nous sommes loin de la clameur du monde. Tout est reposant. Le temps s’étire. La nature est splendide, éclatante.
Nous traversons un petit village. Si la nature est riche, il n’en est pas de même pour les habitants. Les habitations sont en matériaux de récupération. Le linge usé et triste pend le long des murs. Des femmes lavent dans des sceaux posés sur le sol. Nous remarquons une minuscule boutique où sur de vielles planches quelques objets sont mis en vente.
Nous croiserons des ouvriers, des paysans, des femmes qui cueillent les feuilles de thé. Dans la tristesse de leurs habits, ils ont une vraie beauté car leur sourire en nous voyant est franc et spontané. Ils nous saluent avec beaucoup de gentillesse. Leur sourire exprime la douceur plus que la gaité. Nous nous sentons complètement en sécurité.
Nous trouverons le long de la route un restaurant avec une superbe vue. Les serveurs sont heureux de pouvoir discuter avec nous. Ils sont originaires du Kérala et sont venu ici pour travailler.
Pour raccourcir notre retour nous interpellons un rickshaw (ils se font rare ici). Il a déjà un client. Qu’à cela ne tienne. Nous nous serrons.
En chemin, dans un village nous avons photographié des villageois et promis de leur envoyer les photos. L’adresse est notée.
Après ces quelques heures de marche, nous sommes heureux de pouvoir nous reposer chez Aïda.

20 février

Huit heures. Nous sommes à la gare routière de Munnar. Nous voulons rejoindre Madurai. Devant nous, sans aucun espace de protection, un gros car essaie ses freins. Il accélère et freine plusieurs fois dans la poussière.
Nous chargeons nos sacs. La route commence. La montagne est de plus en plus belle. Nous bénéficions d’une très belle lumière. Toujours les plantations de thé (la plupart appartienne à Tata). Les hommes répandent des traitements, les femmes cueillent.
Cardamone, fleurs de toutes les couleurs.
Un lac scintille au loin.
Le paysage est somptueux.
Notre vieux car avance lentement. Le chauffeur conduit plus calmement que notre précédent conducteur. La mécanique pourra peut-être lui résister.
Les descentes sont impressionnantes. Les freins pleurent en permanence. Quelques frayeurs puis nous nous laissons aller dans le mouvement.
Deux heures plus tard, nous pénétrons dans l’état du Tamil Nadu. La frontière est passée. Nous faisons une pose dans un petit village aux multiples échoppes petites, rafistolées, usées, proposant essentiellement de quoi se restaurer.
Une descente de quarante cinq minutes commence. J’ai confiance au chauffeur mais moins en sa mécanique. Les feins sifflent. La montagne s’impose. Trois singes assis au bord du fossé nous regardent passer puis se sauvent. La vue est grandiose, sensations fortes garanties.
Puis, la plaine s’étend devant nous avec ses plantations de canne à sucre, maïs, riz, cocotiers et ses troupeaux de chèvres et moutons. L’air est redevenu lourd.
A Theni, dans la gare routière animée, bruyante, nous trouvons facilement et rapidement notre correspondance. Le car est bondé pourtant, nous pouvons monter. Le contrôleur fait lever deux personnes pour que nous ayons une place assise au fond sur la banquette. Cette proposition nous met mal à l’aise mais nous n’avons pas le choix.
Après cinq heures trente de route, arrivée à Madurai. A peine descendu du véhicule, nous sommes happés par un rabatteur. Il nous monte dans un rickshaw. Nous n’avons pas pu réserver d’hébergement (ceux de nos deux guides affichaient complet).
Le rickshaw nous arrête devant un bel hôtel (Le Royal Court). C’est avec un look chiffonné et nos sacs à dos que nous serons acceptés sans problème dans cet établissement (nous devons tout de même avoir des looks de bonnes cartes bancaires).
Nous logerons ainsi dans une grande chambre salon au sol en marbre et à la décoration standard mais raffinée. Au loin, le tumulte de la ville. Ce confort nous repose.
Nous logeons à côté du grand temple de Madurai. Ces quatre portes s’imposent dans toute la ville. De la terrasse de notre hôtel, nous pouvons les admirer.
Visite du temple dans l’après-midi : il est immense, coloré. Nous sommes surpris d’y croiser un éléphant. Certains visiteurs lui mettent des pièces dans la trompe et se laissent bénir par l’animal. Il y a de nombreux pèlerins. L’espace du rituel religieux nous est interdit.

MADURAI 21 février

Une bonne nuit réparatrice.
Nous décidons de retourner au temple. C’est dimanche, il y a moins d’activité dans les rues, moins de circulation, plus de calme. Les mendiants sont toujours présents. Certains sont d’une maigreur qui n’appelle à aucun commentaire.
Aujourd’hui, nous demandons les services d’un guide en français. Nous déambulerons avec lui dans les divers espaces du temple durant plus d’une heure. Six hectares, milles sept cents colonnes, des milliers de statues. C’est intéressant, soit un peu sommaire mais pour nous qui n’avons aucun savoir, c’est suffisant.
Mis à part son grand temple, Madurai ne nous attire pas. Nous visiterons également le mémorial du mahatma Gandhi, musée un peu démodé dans sa présentation mais restant intéressant.
C’est donc dès notre arrivée à Madurai que nous nous sommes occupés de la réservation de billet de train pour ce soir. Le système de transport ferroviaire a une organisation complexe. Nous avons du aller deux fois à la gare hier pour nous inscrire sur des listes d’attente.
Enfin, cet après midi, un employé de la gare nous confirme que nos deux couchettes nous sont attribuées sur le train de nuit pour Madras (ce soir à vingt heures quarante cinq).
Nous avons pris la précaution de demander la catégorie la plus luxueuse. En la découvrant ce soir, il est difficile de parler de luxe. Le confort est sommaire, la propreté un peu approximative. Nous avons donc fait le bon choix.
Nous voici parti pour Madras car nous voulons rejoindre Pondichéry.



MADRAS 22 Février

Tôt le matin, nous voici dans la gare. C’est à tort que nous suivrons un rabatteur qui nous propose un taxi. L’affaire n’est pas des meilleures. Nous paierons un prix abusif pour monter dans la vieille Ambassadore. Ces vieilles voitures sont courantes en Inde. On les voit partout circuler au milieu du trafic. Elles sont en majorité de couleur blanche.
La voiture n’ira pas jusqu’à Pondichéry. Le chauffeur nous pose en chemin et nous continuerons dans un véhicule similaire jusqu’à destination. La voiture avait-elle vraiment un problème de mécanique ou le chauffeur avait-il décidé de partager la commission bien payée avec un autre chauffeur ? Nous nous permettons de douter de sa sincérité.

PONDICHERY 22 février

Pondichéry : nous découvrons notre logement, une chambre d’hôte que nous avions réservée pour deux nuits avant notre départ. Le lieu est agréable, reposant, on s’y sent bien. Il s’agit de Aurodham Héritage Guest House. Ce lieu anime une galerie d’art et quelques chambres d’hôte. Dans les chambres comme dans les pièces communes, de nombreuses peintures, une décoration raffinée et de bon goût nous entourent. Cette maison se situe dans le quartier français de Pondichéry.
En effet, à Pondichéry, nous découvrons une ville différente. La ville est divisée en deux quartiers : un quartier français et un quartier indien. L’ambiance y est différente de celle des précédentes villes indiennes que nous avons pu découvrir. Dans le quartier français, le monde occidental est présent d’une part par les anciennes constructions coloniales (pour beaucoup très bien conservées) et d’autre part par l’attitude générale, les commerces, les restaurants, son parc. La ville est agréable et nous aimons marcher le long de ces rues rectilignes et charmantes ou le long de son front de mer. Nous dinerons ce soir au restaurant « le rendez-vous ». la langue française est encore un peu ici (sûrement entretenue par un tourisme francophone important).
La journée a été douce et tranquille. Le ciel est resté bleu, sans brume. Il fait chaud mais l’atmosphère est beaucoup moins humide qu’à Cochin.

PONDICHERY 23 février

Après une nuit réparatrice bercée par le bruit du ventilateur, nous prendrons notre petit déjeuner dans la salle à manger, une grande pièce qui veut s’isoler du soleil et qui dégage une lumière douce et apaisante. Ici aussi, comme dans toutes les pièces, des tableaux sont exposés, complètement intégrés au décor.
Nous partageons la table avec un couple de français qui arrive du Sri Lanka. Ils sont maraîchers en produits bio dans la région d’Avignon et passionnés d’herboristerie.

La journée se poursuivra dans le quartier indien puis dans le quartier français au hasard des multiples rues. Quelques photos, quelques achats.

PONDICHERY 24 février

Ce matin, nous décidons de nous rendre sur le marché indien. Au hasard, nous nous introduisons dans cet espace serré, chargé en odeurs, en bruits. Nous sommes avec les marchands de poissons. Cet endroit est particulièrement agité. Le bruit est assourdissant. Chacun expose quelque poisson à la vue d’un éventuel acheteur. Le sol est boueux et je suis obligée de relever mon pantalon. Nous préférons rejoindre le coin des épices et des légumes. L’endroit est plus tranquille. Seules quelques charrettes débordant de détritus s’imposent à la circulation des acheteurs. Nous sommes obligés de nous réfugier sur un étale pour les laisser passer.
Nous rejoindrons ensuite doucement le quartier français et plus particulièrement l’Ashram de Sri Aurobindo. C’est une demeure très zen dans laquelle on rend hommage au poète et philosophe ainsi qu’à sa compagne (une française) La Mère. Cet ashram est une œuvre essentiellement spirituelle mais qui ne semble pas renier la face matérialiste du monde. En effet, c’est aussi une organisation financière puissante. A Pondichéry, toutes les demeures peintes en gris et blanc appartiennent à l’Ashram. Elles sont nombreuses (école…). En 1968, La Mère lance une expérience étonnante. A une dizaine de kilomètres de Pondichéry, Auroville se construit. C’est une cité universelle où hommes et femmes de tous les pays peuvent venir s’installer en paix et en harmonie. Cette ville n’appartient à personne mais à l’humanité. Nous ne pousserons pas notre curiosité jusqu’à ce lieu car nous ne pensons pas pouvoir en saisir le sens lors d’une visite éclair.
Nous achèterons tout de même deux ouvrages de Sri Aurobindo pour nos prochaines lectures.

En début d’après-midi, nous réorganisons nos sacs à dos. Par l’intermédiaire d’Aurodham Héritge Guest House, nous louons les services d’un chauffeur. Il est chargé en fin de journée de nous déposer à l’aéroport de Chenai. Dans l’après-midi, nous souhaitons qu’il nous arrête à Mahabalipuram ou Mammalapuram. Ceci va nous permettre de nous promener sur trois sites archéologiques aux beaux temples indous du VIIéme siècle, Shore temple et Five Rathas. Les sites sont agréables et imposants. Dans la ville, il y a une multitude de tailleurs de pierre. C’est eux qui donnent l’activité au lieu.

Nous remontons dans notre taxi pour rejoindre Madras. La voiture est récente, sécurisée. Dans cet espace aseptisé, je regarde défiler les dernières images que je garderai de ce pays. Que de monde, tout bouge, chacun avance et cherche sa place dans ce tumulte. Les voitures les plus puissantes s’imposent dans la circulation. Au bord de la route des hommes, des femmes. Chacun essaie de suivre son activité. Des scènes sont insolites, certaines complètement désolantes. La vraie misère s’étale au grand jour dans ce grand pays en pleine explosion économique.

Aéroport de Chenai : nous nous restaurons dans un bar à Tapas. Dans ce lieu moderne, climatisé, écran plat, musique occidentale (Rolling Stones, Eagles , The Beattles …)
Jeans et tee-shirts sont de mises. Pas de sari, pas de Panjabis. Il n’est plus nécessaire de cacher la grisaille de la misère par ces beaux tissus éclatants.
A croire que nous sommes déjà loin de l’Inde que nous venons d’humblement croiser.


***********


« Il suffit de considérer leur manière de dire oui. Au lieu de hocher la tête comme nous, ils la secouent, comme quand nous disons non : la différence de geste n’en ai pas moins énorme. Leur non qui signifie oui consiste en une ondulation de la tête (leur tête brune dansante, avec cette pauvre peau noire, qui est la couleur la plus belle que puisse avoir la peau), avec une tendresse, dans un geste empreint de douceur : « Pauvre de moi, je dis oui, mais je ne sais pas si c’est possible », et d’embarras en même temps : Pourquoi pas ?, de peur : C’est si difficile, et même de coquetterie : Je suis tout pour toi. La tête monte et baisse, comme légèrement détachée du cou, et les épaules ondulent également un peu, avec un geste de jeune fille qui vainc sa pudeur et montre effrontément son affection. Vues de loin, les foules indiennes restent gravées dans la mémoire, avec ce geste d’assentiment, et le sourire enfantin et radieux dans le regard, l’accompagnant toujours. Leur religion tient dans ce geste. »

« « L’odeur de l’Inde » de Pier Paolo PASOLINI "



 

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