CIRCUIT EGYPTE

Circuit en Egypte : Pyramides et Nil éternel

L’Egypte est LA destination découverte par excellence. Optez pour un circuit pour un voyage incroyable dans un livre d'histoire grandeur nature. Vous y visiterez des palais, des mosquées, ou encore des monastères (Sainte-Catherine, Saint-Siméon), les vestiges de l´ancienne Thèbes, ainsi que la fameuse pyramide de Khéops et le Sphinx de Gizeh.
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Premier jour de notre voyage en Egypte

Mardi 31 janvier 2006, veille de notre départ, j’ai préparé les valises et les sacs en veillant à ne rien oublier. Après un dîner rapide, nous avons fait la vaisselle pour ne rien laisser en désordre. La nuit a été courte ! Couchés à 9 heures, trop excités par la perspective du voyage, nous avons peu dormi jusqu’à la sonnerie du réveil programmée à 3 heures. Après une brève toilette et un léger petit-déjeuner, nous étions fins prêts !
Notre charmant voisin Jean-Pierre nous a conduits à Orly pour arriver à l’heure précise du rendez-vous fixé à 4 heures 15. Emmitouflés dans nos parkas, nous avons affronté le froid matinal de ce premier jour de février en rêvant au soleil d’Egypte que nous allions découvrir bientôt.
A l’aéroport, après les formalités d’usage, l’attente nous a semblé interminable. Au moment d’embarquer, je suis passée par la porte magnétique comme tous les autres passagers. A ma grande confusion la sonnerie a retenti. Une femme policière m’a palpée et fait enlever ma ceinture lombaire cause de tout ce bruit. Si j’avais transporté de la dynamite, cela n’aurait pas été pire !

L’avion a décollé avec un léger retard. Assise près du hublot, j’ai pu suivre le déroulement du vol. Une légère appréhension m’a saisie au moment de l’appareillage en constatant que nous étions à bord d’un Boeing 737 de mauvaise réputation. La moiteur de mes mains s’est vite dissipée, j’ai essayé en vain de dormir, trop occupée à regarder autour de moi. L’hôtesse annonça que nous allions survoler la Suisse, la Grèce, la Croatie, la Turquie et l’Irak avant d’arriver à destination où la température serait de 15 degrés et le temps nuageux.
Les lumières de la ville de plus en plus petites se sont effacées rapidement. L’avion à plus de 10 000 mètres d’altitude volait à la vitesse d’environ 950 km à l’heure. Le paysage miniaturisé ressemblait aux gravures des livres de géographie. Le lever du soleil offrit un spectacle féérique. Quelques turbulences nous ont obligés à attacher nos ceintures. Un épais tapis de nuages voila le paysage. Parfois, le sommet des montagnes émergeait, des lacs et des rivières apparaissaient puis c’était de nouveau un blanc tapis ouatiné dominé par l’azur du ciel.
A mi-chemin, un copieux petit-déjeuner nous redonna des forces.

Au bout d’environ 4 heures ¼ de vol l’avion commença à perdre de l’altitude. Après la traversée du manteau nuageux, j’ai aperçu des maisons, des routes, des lacs puis des champs découpés en rectangles réguliers, d’un vert intense, entourés de palmiers. Les lumières de l’aéroport se sont rapprochées, les bâtiments ont grossi et nous avons atterri comme prévu à 11heures 50, heure locale, soit 10 heures 50 à Paris. J’ai avancé ma montre d’une heure. L’aventure commençait !
Nous sommes descendus un peu engourdis par la longue station assise. Les groupes se formaient autour du délégué de chaque tour-opérateur. Sam nous attendait muni d’un écriteau portant le nom « Rêv Vacances ». Après nous avoir accueillis, il nous donna rendez-vous à l’extérieur après les formalités de routine et la récupération de nos bagages.

Dès ces démarches accomplies, nous l’avons retrouvé près d’un minicar un peu vétuste pouvant transporter 8 personnes. Nous avons constaté avec surprise et contentement que nous étions seulement trois couples. Wael, le guide désigné pour nous servir de mentor durant notre séjour au Caire, nous souhaita la bienvenue avec chaleur. Notre véhicule s’ébranla après avoir passé la barrière de contrôle. Au départ de l’aéroport, le chauffeur emprunta l’autoroute en direction du Caire. Ensuite, nous avons traversé la ville au milieu d’une circulation intense et affolante pour des Européens. Les cars et les autos frôlaient les carrioles tirées par des ânes malingres, les plus hardis s’engageaient sans se soucier des autres et ô miracle, ils passaient ! Les feux étant pratiquement inexistants, cela tenait du prodige. Les klaxons fusaient de tous côtés, émis par des voitures bien cabossées pour la plupart, dont une majorité de Peugeot 504, voiture égyptienne la plus courante. Wael descendit à un arrêt, en nous donnant rendez-vous à 20 heures à l’hôtel pour le dîner.

Les différents quartiers défilaient sous nos yeux. Un grand nombre de policiers et de militaires montaient la garde devant certains édifices.
Les maisons délabrées des faubourgs populaires contrastaient avec les immeubles élégants, les bâtiments administratifs, les universités et les hôtels luxueux datant en majorité de l’occupation anglaise. D’immenses affiches ornaient les façades des cinémas égyptiens. Le minaret des mosquées émergeait à chaque coin de rue, justifiant le surnom de la ville aux mille mosquées.
Au bout d’une bonne heure de route, nous avons aperçu une tour métallique en forme de minaret dite la Tour du Caire. Construite en 1962, elle mesure 180 mètres de haut. A son sommet un restaurant permet d’avoir une vue panoramique sur le fleuve et la cité. Les Cairotes me paraissent un peu présomptueux de la comparer à la tour Eiffel !

Arrivés à destination, nous avons été réceptionnés par un portier et des bagagistes attentionnés sous l’œil protecteur des policiers qui veillaient à quelques pas. Après avoir franchi un portique magnétique, je suis restée sans voix en arrivant dans l’immense hall éclairé d’un lustre monumental. L’hôtel Pyramisa, construit en 1994, donnait l’impression de dater de l’époque de la domination anglaise. Emerveillée par le luxe de ce palace somptueux, au style victorien mêlé d’orientalisme, je croyais rêver. Outre la réception, le rez-de-chaussée se composait de plusieurs salons et restaurants, d’une banque et de plusieurs boutiques. Le premier étage abritait un casino, un grand restaurant pour les galas et différentes annexes.

Guidés par le garçon d’étage, nous sommes montés au second dans un ascenseur aux portes dorées puis avons parcouru un grand corridor garni d’un tapis rouge avant d’intégrer la chambre 257. La spacieuse pièce climatisée, aux meubles d’acajou très British, était meublée d’un grand placard penderie, de deux lits séparés par un chevet et d’une table-bureau. Un téléviseur, un téléphone et un mini frigidaire complétaient l’agencement. Une salle de bain avec WC, baignoire, douche, lavabo et sèche-cheveux, apportait le confort souhaité. La grande baie donnait sur une terrasse pourvue d’une piscine probablement très appréciée en été.
Notre programme de visites commençait le lendemain matin. En attendant, nous étions libres de nos mouvements. Malgré la fatigue j’ai accepté la proposition de Jacques qui désirait faire un tour en ville. Dehors, la poussière soulevée par la circulation intense m’a suffoquée, j’avais du mal à respirer l’air pollué. Les trottoirs défoncés, parfois chargés d’immondices, rendaient la marche difficile. Découragée par l’impossibilité de traverser la rue pour rejoindre les bords du Nil, j’ai refusé de poursuivre cette promenade infernale. De retour à l’hôtel, j’ai goûté un peu de repos sur mon lit ferme et confortable à souhait. Jacques, intrépide comme à son habitude, repartit déambuler dans le bruit et la poussière. A son retour, nous sommes descendus au salon.

Nos partenaires de voyage étaient déjà en compagnie de Wael, notre guide. Un élan de sympathie réciproque créa de suite un lien entre chacun de nous. Eliane et Michel venaient d’Avallon en Bourgogne, Hélène et Jean-Claude habitaient à Amboise. Ces personnes à la bonne éducation me firent bonne impression. Un autre couple attendu le soir à une heure tardive porterait notre groupe à 8 personnes. Nous avons choisi une table d’un commun accord et le repas a commencé dans la bonne humeur. Les plats présentés sous forme de buffet affichaient un choix important. Craignant d’être malade, j’ai résisté à la tentation de manger des crudités pourtant si appétissantes, Jacques a pris la même résolution. La fatigue et le manque de sommeil nous incitèrent tous à nous coucher tôt.


Notre chambre Le Caire La tour du Caire
Deuxième jour, jeudi 2 février

Le muezzin de la mosquée proche nous réveilla à 5 heures 15 par son appel à la prière transmis par des haut-parleurs, répété un quart d’heure plus tard. Condamnés à l’entendre chaque matin durant notre séjour, nous n’avions pas besoin de mettre le réveil à sonner ! Le rendez-vous avec le guide avait été fixé à 6 heures 15 dans le hall. Nous avons rejoint nos amis pour prendre un petit déjeuner au choix vaste et illimité. Wael présenta Christiane et Robert, les nouveaux arrivants originaires de la Savoie. La bonne impression produite par ce charmant couple ne s’est jamais démentie au cours de ce périple. Heureuse de débuter le voyage en de si bonnes conditions, j’avais le cœur léger, ayant du mal à réaliser que mon rêve était devenu réalité. Et si j’allais me réveiller ?

Nous avons bénéficié d’un grand autocar prévu pour une trentaine de personnes et non pour huit, c’était inespéré ! Le guide nous donna un surnom : « Les Jeunes » qui servirait à nous rallier parmi la foule si nous devions nous égarer. Très érudit, il nous décrivait avec précision les différents lieux traversés. Le village des tanneurs où les peaux sèchent à l’extérieur, doit exhaler une odeur nauséabonde en été. La Cité des morts, immense nécropole, abrite de grandioses mausolées de dignitaires mamelouks enterrés-là dès le 15ème siècle ainsi que de simples catafalques de pierre abritant les restes de petites gens. Des paysans habitent dans les petites maisons construites au siècle dernier pour veiller les défunts, tradition du temps des pharaons. Faute de logements plus décents inaccessibles à cause de leur prix trop élevé, ils ont l’avantage de vivre au calme ! D’autres gens peu honorables en ont fait une véritable cour des miracles où il ne fait pas bon s‘aventurer seul.

Arrivé à la Citadelle, le chauffeur passa la barrière de sécurité gardée par des policiers armés. Cette forteresse édifiée à la fin du XIIème siècle par Saladin abrite plusieurs musées et la Mosquée Ibn Qalaoun, actuellement en restauration, remarquable par son dôme en faïence verte.
Dans son enceinte, l’imposante Mosquée Mohamed Ali au vaste dôme flanqué de quatre demi-dômes et de minces minarets est la copie de Sainte Sophie de Constantinople. Ce lieu saint construit entre 1824 et 1848 sur les ordres du jeune officier albanais qui gouverna l’Egypte de 1805 à 1849, porte le nom de son fondateur qui repose dans un angle à l’intérieur, à droite de l’entrée.
Arrêtés dans la cour pavée de marbre, près de la fontaine aux ablutions, nous avons dû nous déchausser pour respecter la loi islamique. Les explications de Wael ont duré une vingtaine de minutes. Le froid gagnait nos pauvres pieds engourdis ! Puis, nos chaussures à la main, nous avons enfin pénétré dans l’édifice religieux.

Un immense lustre en cristal offert par Louis-Philippe orne le plafond suivi d’une vaste suspension en fer forgé munie de 365 lampes à huile éclairant la salle monumentale. Un escalier permet d’accéder à une chaire ancienne très haute pour que la voix de l’imam soit entendue par tous. Une autre chaire plus moderne, construite à hauteur d’homme, est flanquée d’un haut-parleur. Assis inconfortablement à même le sol sur un large tapis, nous avons écouté les commentaires savants de notre mentor. Des touristes à la tenue jugée indécente par les gardiennes vigilantes avaient été obligées de revêtir une grande robe verte.
Avant de réintégrer notre véhicule, nous nous sommes rechaussés avec satisfaction.

Notre chauffeur reprit la route pour nous conduire au musée des Antiquités égyptiennes fondé par Auguste Edouard Mariette, égyptologue français qui repose dans le jardin attenant à l’édifice.
A l’entrée, une copie de la pierre de Rosette nous rappelle que c’est grâce à elle que Champollion déchiffra les hiéroglyphes. Dès l’entrée, les statues monumentales étonnent le profane. Nous avons parcouru avec respect et admiration les salles immenses du rez-de-chaussée où sont exposées les merveilles de l’Ancien Empire, du Moyen Empire et du Nouvel Empire. Les statues en calcaire ou en diorite verte des rois Djoser et Khephren, du scribe accroupi et des triades de Mykérinos sont d’admirables témoignages du passé. D’autres en bois peint ou en granit noir, des chapelles, du mobilier, des chambres funéraires sont autant de merveilles auxquelles j’aurais aimé consacrer plus de temps. Impossible de tout voir, le guide nous arrêtait devant les sujets les plus intéressants.
Les statues d’Aménophis IV dit Akhenaton et de son épouse Néfertiti sont surprenantes. Ce pharaon hors du commun se faisait représenter avec les attributs d’une femme. La poitrine généreuse, les hanches fortes et le ventre rond n’évoquent pas un individu mâle. Aucune explication n’a été trouvée à ce jour. Son visage anguleux au crâne allongé en font un personnage antipathique. Sa femme à la beauté légendaire est l’antithèse de son mari.
Le premier étage est réservé pour moitié aux trésors découverts dans la tombe de Toutankhamon. J’avais déjà contemplé une partie de ces chefs-d'œuvre en visitant l’exposition de Paris mais ce que je vois ici dépasse l’imagination. Tant de richesses laissent sans voix. Une salle drapée de noir, munie de grilles, est spécialement aménagée pour exposer les bijoux. Le masque en or massif trône au milieu de la salle dans une cage de verre. Les trois sarcophages dont le dernier est en or massif s’emboîtent les uns dans les autres ainsi que les chapelles d’or grandes comme des maisons. Cette vision est extraordinaire. Les trônes, les lits les statuettes et les objets usuels sont des œuvres d’art dans leurs moindres détails. Emue, j’évoque le destin de ce roi disparu en pleine jeunesse.

Après avoir acquitté un droit d’entrée, nous pénétrons dans la salle des momies où douze d’entre elles sont exposées. La pièce climatisée ressemble à un sanctuaire. Les momies débandées, dont celle de Ramsès II, reposent pour l’éternité sous les yeux des visiteurs. Quelques-unes portent encore leur masque mortuaire, certaines ont conservé leurs cheveux, leur dentition apparaît dans un rictus sous leur peau parcheminée. Emue, je me sens pleine d’humilité et de respect. Aurai-je commis un sacrilège en contemplant ces morts qui vivaient à une époque si lointaine ?
La foule est moins dense pour observer les momies d’animaux dans une pièce voisine. C’est un spectacle étrange de voir ces bêtes momifiées comme des humains. Chats, chiens, singes et crocodiles, entourés de leurs bandelettes, sont présentés dans des vitrines.
Dans les autres salles et galeries, les nombreuses statues, maquettes funéraires et objets usuels mériteraient une visite plus approfondie. Le style grec témoigne du règne des Ptolémées.
Nous repartons impressionnés avec l’envie de revenir pour voir ces merveilles plus en détail.
Des immeubles paraissant inachevés nous intriguaient. Répondant à nos questions, Wael expliqua qu’en Egypte les acquéreurs achètent les murs à l’Etat, ayant à leur charge les travaux d’intérieur, y compris la plomberie et l’électricité. Les finitions extérieures sont réalisées quand tout est vendu.

Un abondant buffet nous attendait dans un restaurant touristique en ville. De multiples crudités, des légumes, du poisson, du poulet, des boulettes de viande à l’orientale et de nombreux gâteaux offraient un choix varié. Le déjeuner pris dans une ambiance joyeuse prodigua un repos indispensable.

Après ce bon repas, le chauffeur nous déposa à proximité des souks pour faire du shopping. Les nombreuses échoppes côte à côte dans les ruelles étroites offraient toutes sortes de produits artisanaux. Les humbles boutiques de vêtements traditionnels, bijoux, poteries ou copies de statuettes antiques côtoyaient des bijouteries plus luxueuses. Les vendeurs essayaient de nous attirer dans leurs bazars. Prudents et avertis, nous avons déambulé au milieu de la cohue sans nous arrêter, sauf pour acheter un collier, acquis au quart du prix demandé après bien des palabres ! Nous avons retrouvé le guide et nos compagnons dans le café oriental situé près de l’entrée.

De retour dans la chambre, un peu de repos et une bonne douche nous a délassés.
Dès 19 heures, tout le monde se retrouva au salon de l’hôtel pour rejoindre l’embarcadère des bateaux de plaisance. Un dîner-promenade de 2 heures sur le Nil nous était proposé sur un bâtiment décoré comme un temple antique au nom de « Pharaon » Les serveurs, le front ceint du némès, arboraient une robe immaculée agrémentée du collier et de la ceinture traditionnelle des anciens maîtres de l’Egypte. Ce clinquant décor de pacotille faisait encore partie de mon rêve.
Le buffet présentait de nombreux mets appétissants du même type qu’au déjeuner. D’un commun accord, nous avons commandé une bouteille de vin rosé, réglable en partageant les frais. Son goût pharmaceutique dû sans doute aux épices ajoutées m’a paru exécrable.

Un jeune couple occupait la table à côté de la nôtre, sans doute pour fêter un anniversaire. Les Egyptiens étaient peu nombreux, le prix élevé du repas n’était pas accessible à toutes les bourses. Nos amoureux, décidés à profiter pleinement de leur soirée, avalaient une quantité monumentale de nourriture. Leur corpulence laissait à penser qu’ils avaient bon appétit, mais à ce point c’était phénoménal. Nous les observions à la dérobée avec un étonnement admiratif pour leur capacité à ingurgiter tant de mets. Ils n’en laissèrent pas une miette !
Au moment du dessert, les musiciens jouèrent de la musique orientale. Une jeune et jolie danseuse exécuta un spectacle de qualité. Très applaudie, elle laissa la place à un derviche tourneur qui se mit à tourbillonner au son de la musique à une vitesse vertigineuse. Entraîné par la rotation, un premier jupon remonta jusqu’à ses épaules. Il s’en débarrassa tout en continuant de pivoter. Un second jupon retenu par des bretelles comme un parachute tournoya au-dessus de sa tête. Il fit tourner ce parasol improvisé avec un seul doigt en passant de table en table pour une photo souvenir avec chaque couple. Des applaudissements nourris saluèrent son départ.
La musique reprit, quelques couples égyptiens dansèrent sur la piste. Le Caire illuminé défilait sous nos yeux mais personne n’y prenait grand intérêt. Aucun monument n’est construit au bord du Nil, seuls les minarets éclairent la nuit de tous leurs feux. La fête terminée, nous avons regagné l’hôtel.


Danseuse orientale Derviches tourneurs
Troisième jour, vendredi 3 février

Réveillés de nouveau à 5 heures 15 par l’appel à la prière du muezzin de la mosquée proche, nous nous sommes levés péniblement pour commencer une journée pleine de promesses. Le petit déjeuner englouti, nous avons pris la route en compagnie de notre aimable guide Wael.
Le programme a commencé par la visite de Saqqarah. En arrivant, nous avons aperçu la pyramide à degrés du roi Djoser se profiler en toile de fond.
Quelques chameliers semblaient attendre les clients avec leurs animaux couchés près d’eux.
La plus ancienne nécropole d’Egypte s’étend sur plus de huit kilomètres de long sur deux de large. Dix-huit pyramides royales et des centaines de mastabas y furent construits dans la partie septentrionale depuis la première dynastie jusqu’à l’époque ptolémaïque. Les mastabas des membres de la famille royale et des nobles dignitaires, aux salles décorées de grands thèmes de la vie terrestre, sont éparpillés tout autour du site. Nous avons pénétré par une porte étroite dans l’une des tombes où le guide, muni d’une lampe électrique, nous a fait découvrir les gravures murales.

Ensuite, nous avons roulé vers l’enceinte qui délimite le complexe funéraire du roi Djoser. L’entrée débouche sur une allée bordée de 40 colonnes fasciculées qui sont les premières de ce type connues en Egypte. Au nord de la grande cour se dresse la pyramide à degrés du roi Djoser. Haute de 60 mètres, c’est la première construction de ce genre, construite en pierres de tailles par le génial architecte Imhotep. Près de l’entrée nord s’élève le serdab, pièce entièrement fermée percée de deux trous sur le côté principal, au travers desquels on peut voir la réplique de la statue en calcaire peint du roi Djoser dont l’original est au musée du Caire. Les gens se pressaient pour la contempler, nous avons attendu patiemment notre tour.
La vue de ces monuments funéraires qui ont défié les siècles m’a laissée méditative.

Un trajet de quelques kilomètres nous a conduits au musée de plein air de Memphis, l’ancienne capitale de l’Egypte, bordé par la palmeraie de Mit-Rahiné. Quelques rares vestiges témoignent de la splendeur passée. Une statue couchée de Ramsès II en granit rose, très impressionnante par sa taille colossale et la majesté qui en émane, repose dans un petit temple. Après en avoir fait le tour, nous l’avons admirée du haut d’un promenoir. A l’extérieur, un petit sphinx à tête de femme non identifiée intrigue par son sourire énigmatique. Plus loin, une immense statue de Ramsès II, toujours en granit rose, se dresse dans toute sa splendeur. Des traces de peinture témoignent d’une coloration initiale. Ptah veille toujours sur les créatures terrestres qu’il créa à l’aube de l’humanité.


Petit Sphinx Dieu Ptah Ramsès couché
Un arrêt dans un magasin de vente d’huiles essentielles servant à la création des parfums nous a procuré un moment de détente. Assis sur des sièges confortables pour déguster un thé à la menthe offert par la maison, nous avons humé les différentes senteurs proposées. Je n’ai rien acheté.
Notre chauffeur nous conduisit dans un grand parc où se pressait une foule colorée. A l’entrée, des femmes affairées confectionnaient les galettes traditionnelles dans des fours extérieurs. Des baraques de marchands de souvenirs rivalisaient d’ingéniosité pour attirer les clients éventuels.
Un restaurant en plein air, au toit recouvert de paille, occupait la place centrale. De nombreuses photos de mariées ornaient les murs intérieurs. Renseignements pris, il s’agissait de vedettes ayant posé pour la publicité. Les touristes arrivaient en grand nombre. Dès notre installation, chacun s’est servi à sa convenance. Le décor couleur locale était plaisant, le buffet dressé présentait des plats appétissants. Après avoir déjeuné, nous avons roulé en direction du plateau de Guizeh.
Les grandes pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos, à la taille impressionnante, surgissaient du désert. Celle de Khéphren, reconnaissable à son sommet encore recouvert de calcaire lisse, paraissait plus grande que celle de Khéops, d’une hauteur pourtant supérieure. Celle de Mykérinos, plus petite, est quand même de dimensions imposantes. Wael, incollable sur l’histoire de l’Egypte, répondait à toutes les questions.
Une foule nombreuse se pressait autour des sites gardés par les policiers vigilants dont certains, à dos de dromadaires, surveillaient les alentours du haut des dunes.
Quelques étudiantes égyptiennes, vêtues d’un uniforme à la longue jupe, les cheveux recouverts d’un voile, semblaient effectuer une sortie culturelle avec leurs professeurs.
Les touristes étaient assaillis par les petits marchands de cartes postales et de souvenirs. Une multitude de bédouins proposaient leurs montures pour une promenade à cheval ou à dos de dromadaire ou simplement pour poser en leur compagnie. Pour les photographier, une récompense s’avérait de bon ton, car ici rien n’est gratuit, le bakchich est une institution nationale.
Des gens inconscients grimpaient le long des parois des monuments. Cet acte défendu à cause du danger était passible d’une forte amende. Sans doute gratifiés d’un pourboire, les policiers ne se manifestaient pas. Des cavaliers, à cheval ou à dromadaire, passaient tout près de nous. Certains, moins téméraires, avaient emprunté des carrioles tirées par des ânes.
Une promenade à pied nous a initiés à la marche dans le désert ! Un vent de sable désagréable a limité nos ambitions. Nous avons réintégré notre véhicule pour rejoindre le célèbre sphinx au corps de lion et au visage de pharaon, fidèle gardien du site. Sa piètre figure au nez cassé fait peine à voir.


Notre groupe Pyramide de Khéphren Le Sphinx

Une tache brune ornant le front de Waël nous intriguait. Il nous expliqua qu’elle était due à la répétition de ses prosternations pour faire sa prière 5 fois par jour, comme tout bon Musulman. Effectivement, de nombreux Egyptiens portent une marque identique, preuve de leur piété.
De retour à l’hôtel, nous avons pris un peu de repos avant de retourner sur les lieux assister au spectacle « Son et lumières » programmé pour 18 heures 30 car la nuit tombe vite dans cette région. Idéalement placés, nous avons apprécié la représentation de qualité malgré la température glaciale, heureusement bien supportée grâce à nos vêtements chauds.
Après le dîner, j’ai refait les valises et préparé nos habits pour notre départ du lendemain. La nuit serait courte, le rendez-vous à l’aéroport était prévu à 5 heures.
Quatrième jour, samedi 4 février

Notre petit réveil de voyage mis à sonner pour 3 heures ½ a bien fonctionné. Levée avec difficulté, j’avais encore les yeux pleins de sommeil quand je suis descendue boire mon thé matinal. Le séjour au Caire terminé, nous allions vers de nouvelles découvertes.
Nous avons fait nos adieux à Wael en regrettant qu’il ne continue pas le voyage avec nous. Le chauffeur du car nous a conduit à l’aéroport une heure avant l’envol prévu à 6 heures. L’embarquement s’est passé le mieux possible et l’avion a décollé à l’heure prévue. Le temps de prendre un petit déjeuner servi par l’hôtesse et nous arrivions à 7 heures à Louxor.
Accueillis par le représentant de « Rêv Voyages », nous avons ensuite été pris en charge par Mostafa, notre accompagnateur pour la croisière. La traversée de Louxor jusqu’aux embarcadères des bateaux fut un total dépaysement, je me sentais dans un autre monde. La ville apparaissait plus accueillante et plus propre que Le Caire. J’ai aperçu avec surprise le temple pharaonique en pleine ville, à proximité du Nil. Nous avons longé le fleuve par une large avenue parallèle aux rives encombrées de nombreux hôtels flottants amarrés côte à côte. Arrivés à destination, nous avons emprunté la passerelle du premier bateau à quai. Nous l’avons traversé ainsi que trois autres avant d’atteindre celui qui nous était destiné. Leur similitude pouvait faire croire à un modèle unique copié en plusieurs exemplaires. Une impression de luxe émanait des halls aux plafonds décorés de vitraux et aux meubles et boiseries rutilants.
Notre bateau nommé King of Thèbes n’était pas le Queen of Sheeba prévu initialement. Sur le moment, nous n’avons pas été choqués, notre carnet de voyage spécifiait que nous pourrions avoir un similaire. Le décor était superbe, le sol de l’entrée, orné en son milieu d’un carrelage aux fleurs stylisées entourées de colonnes de marbre, faisait un effet ravissant. J’ai aperçu un salon aux sièges dorés qui m’ont fait penser au trône de Toutankhamon ! Notre arrivée n’étant pas prévue si tôt, des cabines provisoires nous ont été affectées en attendant que les nôtres soient prêtes. Conduits par des employés au large sourire, nous avons pris un peu de repos.
Vers 11 heures, les bagagistes nous ont accompagnés jusqu’à la cabine 210. Avec stupeur, nous avons constaté qu’elle ne correspondait pas à celle que nous avions choisie sur le plan du Queen of Sheeba. Le numéro était le même mais au lieu de nous trouver sur le pont supérieur pour lequel nous avions payé un supplément de 56 €, nous étions sur le pont inférieur avec la vue à ras de l’eau. Jacques n’était pas disposé à se laisser faire et moi non plus ! Hélène et Jean-Claude rejoints au salon, connaissaient les mêmes déboires. Hélène, furieuse, interpella le guide avant de se rendre à l’accueil pour téléphoner à son agence.

Mostafa, pour nous démontrer la similitude des deux bateaux, nous emmena sur le Queen of Sheeba amarré près du King of Thèbes. Evidemment, les cabines étaient identiques, nous ne pouvions le nier mais leur disposition ne correspondait pas à notre choix puisque situées sur des ponts différents. Non convaincus par ses arguments, nous sommes restés sur nos positions et avons regagné nos locaux, très contrariés par cet incident.

J’ai quand même défait mes valises pour suspendre les vêtements dans la penderie. La pièce spacieuse possédait deux lits séparés par un grand chevet avec audio et téléphone, un mini frigidaire, une grande table avec tiroirs, un téléviseur, deux fauteuils, un tabouret et un guéridon.
La salle d’eau avait un grand lavabo, un sèche-cheveux, une baignoire-sabot avec douchette et les W-C, le tout très propre.
Redescendus, nous avons rencontré le guide qui, après avoir contacté ses employeurs et reconnu l’erreur, nous a proposé la cabine 309 sur le pont supérieur. Nos compagnons ont bénéficié de la même régularisation, au soulagement de tous.
Les valises refaites, nous avons suivi les bagagistes et gravi un escalier aux balustrades de fer forgé garni de dorures. Nous étions enfin chez nous, installés dans une cabine analogue à la première mais dont la grande fenêtre permettait d’avoir une vue superbe sur le Nil pendant la navigation !
Dans le restaurant situé sur le pont inférieur, Mostafa nous avait réservé une table près du dressoir aux desserts. D’un commun accord, nous en avons choisi une autre moins exposée à la bousculade. Cette table resta la nôtre durant la croisière.
Sitôt le repas ingurgité, nous avons suivi notre guide pour la visite du temple de Louxor. Il nous attribua le surnom « lotus ». Un autocar nous a conduits près des ruines grandioses du temple construit par Aménophis III au nord de Thèbes, l’ancienne capitale. Ramsès II ajouta la grande cour avec ses nombreuses colonnes et son pylône imposant. Des six statues monumentales édifiées à sa gloire, il ne reste que deux colosses assis.

Dès l’entrée, j’ai été saisie par l’impression d’éternité dégagée par ces constructions gigantesques. Le spectacle insolite d’une mosquée émergeant de ces ruines grandioses m’a choquée ! Réalisée quand le temple était ensablé, ses fondateurs ignoraient la présence des vestiges du passé grandiose de leur pays. Depuis le dégagement des monuments, elle paraît avoir été construite au-dessus.
Des scènes à la gloire de Ramsès II, gravées sur le pylône, décrivent la bataille de Qadesh contre les Hittites. Deux obélisques de granit rose dressés devant ce pylône furent offerts au roi Louis-Philippe par Mohamed Ali. Un seul fut transféré à Paris, place de la Concorde, le second est resté sur place. La grande cour de Ramsès II avec ses colonnes, ses statues et ses bas-reliefs est suivie d’une allée de 14 colonnes à chapiteaux papyriformes qui conduit à la cour d’Aménophis III entourée d’une double rangée de colonnes. La salle hypostyle a perdu son toit mais a conservé ses 32 colonnes au sommet en forme de papyrus et ses chambres dont l’une décrit la naissance divine d’Aménophis III. La visite intérieure s’est terminée par le sanctuaire.
Sur les murs extérieurs, des gravures décrivent les campagnes militaires de Ramsès II.
En revenant au grand pylône, nous avons arpenté l’allée des sphinx à visage humain, grande voie qui menait au temple de Karnak distant de 3 kilomètres.

Le site étant situé au centre ville, Mostafa nous proposa de rentrer à pieds par nos propres moyens. Jacques et moi avons suivi sagement les indications de sortie alors que nos compagnons repartaient par la porte d’entrée.


Temple de Louxor Obélisque Vue générale du temple de Louxor

La sortie conduisait à proximité des souks. Nous en avons profité pour nous promener dans ces ruelles populaires où nous avons été sollicités par les nombreux marchands. En sortant du dédale de ruelles malpropres, nous sommes rentrés par le boulevard longeant la corniche. De nombreux promeneurs arpentaient le mail dont les arbres prodiguaient une ombre bienfaisante. Des étudiantes en uniformes chantaient et riaient pour fêter leurs vacances scolaires. Au travers de la végétation, des hôtels de luxe au charme suranné évoquaient le temps de l’occupation anglaise.

Harcelés par les cochers voulant à tout prix nous faire visiter la ville dans leurs calèches décorées, nous avons eu du mal à nous en défaire. Les vendeurs de souvenirs et de journaux nous poursuivaient en vain pour placer leurs marchandises.

Nous avons enfin rejoint les quais par un escalier pour arriver au bateau. J’ai retrouvé la cabine avec soulagement. Je me suis allongée pour prendre un peu de repos. Mes chevilles enflées par la marche me faisaient souffrir, j’avais mal à la tête à cause du manque de sommeil. Ces petits inconvénients gâchaient un peu la joie de ce merveilleux voyage.

Une douche suivie d’un bain de pieds froid m’a permis de me délasser sans résoudre mon problème d’œdème. A la maison, les pieds de notre lit sont surélevés pour pallier ma déficience veineuse. Une solution m’est venue à l’esprit. Nous avions quatre oreillers pour deux, en mettant les deux oreillers supplémentaires sous mon matelas à l’emplacement des jambes, j’aurai une position correcte. Jacques fit aussitôt cette opération qui s’avéra efficace par la suite.

Le dîner se passa agréablement avec nos compagnons. L’annonce de la venue d’un groupe de 4 couples et 2 enfants pour le soir fit faire un peu la grimace à chacun de nous. Ces intrus prêts à troubler notre cercle n’étaient pas les bienvenus mais nous serions obligés de nous en accommoder !

La visite de Karnak prévue à 6 heures et demi le lendemain nous incita à nous coucher tôt. Le bruit infernal des moteurs perturba le sommeil de Jacques et de certains amis. A ma grande honte, j’ai dormi comme un bébé.

Cinquième jour, dimanche 5 février

Réveillés tôt par le bruit incessant des machines du bateau accolé au nôtre, nous avons retrouvé nos compagnons dont la majorité n’avait pas fermé l’œil de la nuit à cause de ce vacarme assourdissant.
Les serveurs attentifs et souriants nous proposaient café ou thé, pour le reste, un buffet copieusement garni était à notre disposition. Le groupe des nouveaux arrivants, composé d’un couple de retraités et de trois ménages plus jeunes avec deux fillettes, s’installèrent près de nous. Personne ne s’étant présenté, chacun resta sur ses positions.

Mostafa donna le signal du départ. Nous avons rejoint l’autocar après avoir traversé trois bateaux amarrés entre le quai et le nôtre. Un court trajet de quelques kilomètres nous a conduits au temple de Karnak consacré au dieu Amon, immense complexe d’1 kilomètre 500 sur 700 mètres, au nord de l’ancienne Thèbes. Construit sous le Nouvel Empire (entre 1550 et 1070 avant J.C), agrandi par chaque souverain, il constitue un témoignage grandiose des dynasties de l’ancienne Egypte.
Nous pénétrons par l’entrée ouest, en tournant le dos au Nil. Du fleuve, un canal conduisait à un débarcadère relié au temple par une voie sacrée. C’est ce chemin qu’empruntaient, lors des cérémonies, les barques sacrées portant les statues d’Amon et de son épouse Mout. Nous parcourons une allée bordée de sphinx à tête de bélier, animal sacré d’Amon. Chacun d’eux arbore entre ses pattes le cartouche de Ramsès II, fondateur de cette avenue.
Sans inscription ni décor, un premier mur appelé pylône, construit sous Ptolémée, est resté inachevé. C’est le plus haut et le plus large de l’endroit. Sur sa partie inférieure, un amas de briques crues forment les ruines présumées d’un échafaudage utilisé pour hisser les pierres.
La grande cour, reconnue comme la plus vaste d’Egypte, date aussi de l’époque ptolémaïque. Une colonne haute de 20 mètres, au chapiteau en forme de papyrus ouvert, est le seul témoignage du kiosque central aux nombreux piliers où reposait la barque sacrée d’Amon. Sur la droite de la cour se dresse le temple de Ramsès III avec trois chapelles dédiées à la triade thébaine : Amon, Mout et leur fils Khounsou. A gauche, un petit temple de Séthi 1er leur est également consacré.

Une statue colossale située avant un deuxième pylône représente le roi Pinedjem, pharaon de la XXIème dynastie avec sa femme reproduite à une échelle beaucoup plus petite.
Passé le second pylône, un spectacle fascinant s’offre à nos yeux émerveillés. La grande salle hypostyle (salle dont le plafond est soutenu par des colonnes) est une merveille architecturale avec ses 134 colonnes massives. Comment ne pas être impressionné par ce travail parfait accompli à une époque si lointaine ? Les ouvriers ayant exécuté ces œuvres, sans doute portés par une foi immense, méritent une admiration respectueuse.
La partie nord est consacrée à Séthi 1er, la partie sud à son fils Ramsès II. Les scènes gravées relatent leurs victoires sur leurs ennemis, remportées après avoir reçu la protection divine.
Entre le 3ème et le 4ème pylône subsiste un obélisque aux arêtes endommagées, seul rescapé des quatre primitifs. Plus loin, se dresse à 30 mètres de hauteur le plus haut obélisque d’Egypte construit sous le règne d’Hatshepsout, la reine-pharaon.

Après le sanctuaire aux barques sacrées, une salle est dédiée aux victoires de Thoutmosis III, le pharaon qui repoussa les frontières de l’Empire jusqu’en Libye et les rives de l’Euphrate. Les 52 colonnes soutiennent un plafond dont le ciel étoilé est intact.

Des peintures et des croix attestent la présence des chrétiens coptes au VIème siècle de notre ère. Une statue transformée en Christ déconcerte.
Sur la droite, le lac sacré accueillait les prêtres pour leurs ablutions. A l’extrémité nord, un scarabée géant aurait la vertu de porter bonheur si l’on en fait le tour ! Nous avons suivi la tradition, au cas où cela marcherait ! Je sors très impressionnée par ce pèlerinage dans le passé.

Après déjeuner, nous avons été conviés à monter sur le pont soleil pour faire connaissance avec les personnes du nouveau groupe. Chacun s’est installé autour du guide pour dévoiler identité, métier, lieu de résidence et éventuellement le nombre d’enfants. Ces présentations ayant un peu dégelé l’atmosphère, des conversations se sont engagées. Personne ne m’est apparu aussi sympathique que nos premiers compagnons.
Ensuite, Mostafa nota les engagements pour les sorties facultatives et encaissa les sommes dues.
Le temps superbe incitait à la détente, pour la première fois j’avais la sensation d’être en vacances.

Le bateau naviguait d’une allure tranquille. Des palmeraies, des champs de canne à sucre, des villages aux maisons carrées en bordure du fleuve, défilaient devant nos yeux étonnés. Derrière la végétation, des montagnes arides rappelaient la présence du désert, parfois très proche des bandes de terrain cultivé. Nous croisions des péniches chargées de canne à sucre et des felouques pleines de légumes que les fellahs emmenaient au marché pour les vendre. Le dépaysement était total.

Un arrêt au ras de la berge, laissa à penser que nous étions échoués ! Amarré avec des cordages par les matelots affairés, le bateau s’immobilisa un long moment sous nos regards inquiets. Une planche étroite jetée sur la rive m’a fait craindre une évacuation. Tout à coup, une colonne d’individus déboucha de la falaise par un chemin escarpé. Parvenus jusqu’à nous, aidés par les employés, ils empruntèrent la passerelle improvisée pour regagner les cabines. Le mystère était éclairci.

Nous avons redémarré jusqu’aux abords de l’écluse d’Esna où d’autres bâtiments attendaient leur tour. De nombreuses petites embarcations gravitaient autour de ces hôtels flottants. A leur bord, de modestes marchands essayaient de vendre leurs produits aux touristes. S’approchant le plus près possible, ils lançaient avec habileté des djellabas, nappes ou toute autre production locale. Les paquets emballés dans des sacs en plastique arrivaient à nos pieds. Les personnes intéressées renvoyaient les sacs lestés du règlement, les autres restituaient les marchandises.

Le passage de l’écluse s’est effectué à vitesse réduite, sous la surveillance de policiers armés montés à bord. D’autres agents contrôlaient les opérations depuis les rives. La manœuvre délicate à cause de l’étroitesse du chenal dura une bonne demi-heure. Le capitaine pilotait doucement pour ne pas heurter les bas côtés dans un espace aussi restreint. Le bateau passa sous nos applaudissements.
Suivant le plan de navigation, nous avons atteint Edfou au crépuscule.

Une soirée orientale était prévue après le dîner. Une boutique située sur le même palier que notre cabine offrait un grand choix de djellabas et de divers costumes. J’ai craqué pour deux robes et leur coiffure, le tout acquis pour 22 euros après un marchandage serré. Contente de mes emplettes, je les ai déposées dans la chambre.

Un apéritif de bienvenue offert par le commandant a réuni tous les vacanciers dans le grand salon-bar. Le verre de l’amitié consista en jus de fruit ou en karkadé, boisson nationale non-alcoolisée à base d’infusions de fleurs d’hibiscus, la religion musulmane proscrivant l’absorption d’alcool. Cet intermède sympathique a permis de côtoyer les gens des autres groupes.

Quelques personnes avaient suivi les consignes et s’étaient costumées pour manger. Craignant de la salir, je n’ai pas osé porter ma robe de mousseline ! Sitôt mon repas avalé, je suis montée pour la revêtir et mettre la coiffure munie d’une couronne et de nattes africaines. Après avoir maquillé légèrement mes yeux, j’ai fait une entrée remarquée sous les applaudissements !

J’ai convaincu Jacques à s’habiller couleur locale. Revêtu d’une tunique brodée achetée pour moi la veille, il a fait un Bédouin présentable avec sa coiffure typiquement Arabe. Nous pouvions rejoindre la salle de bal où nous avons retrouvé quelques personnes du second groupe. Une photo souvenir a immortalisé cet instant festif. La musique essentiellement locale ne nous incitait pas à danser. Seules, les personnes initiées aux danses orientales pouvaient suivre l’entraîneur de la soirée. Quelques tours de piste ont suffi à nous contenter.
La nuit serait courte, nous avons préféré rester raisonnables pour garder la forme.

Sixième jour, lundi 6 février

Réveillés tôt comme à l’accoutumée, nous avons retrouvé nos compagnons pour le petit-déjeuner. Robert et Christiane n’avaient pas dormi à cause de la musique du dancing situé au-dessus de leur chambre. Robert voulait partir, furieux d’avoir payé un supplément important pour retenir sa cabine. Sa femme essayait en vain de l’apaiser. Une réclamation auprès de la direction et de Mostafa arrangea les choses : une autre cabine située loin de la salle de bal fut mise à leur disposition.
Nous avons démarré à 7 heures pour visiter le temple d’Edfou, le mieux conservé du pays. Dédié au dieu Horus et à la déesse Hathor, il fut construit par Ptolémée III vers 237 avant notre ère et achevé seulement deux siècles plus tard. Nous y pénétrons par le grand pylône décoré d’énormes reliefs relatant l’histoire du roi et des dieux. Les rainures qui servaient à porter les hampes des drapeaux sont encore visibles. Un bas-relief montre le pharaon sacrifiant des captifs à Horus et à son épouse Hathor. La grande cour est bordée de colonnes relatant les rites accomplis par le pharaon. Devant le vestibule à 12 colonnes, le grand faucon coiffé du pschent (la couronne de haute et basse Egypte), incarne un gardien à l’expression agressive. La salle hypostyle aux 12 colonnes en forme de fleurs de lotus précède la chambre des offrandes. Au-delà de cette chambre, le sanctuaire entouré de nombreuses pièces possède un mur d’enceinte où est gravée la cérémonie de la pose de la 1ère pierre. Entre le corps du temple et le mur d’enceinte, un déambulatoire à ciel ouvert permet de découvrir la mythologie Egyptienne transcrite sur les murs.
Nous avons regretté de ne pouvoir emprunter l’escalier de 200 marches menant à la terrasse du grand pylône pour admirer le panorama superbe sur le temple, la vallée du Nil et le désert.
Un barbecue prévu pour le déjeuner sur le pont supérieur du bateau fut apprécié par tous.
La navigation avait repris jusqu’à Kom Ombo. Le temple illuminé est apparu en fin d’après-midi car la nuit tombait vite. La visite prévue eut lieu dès l'ancrage du bateau.
Une foule dense se pressait pour pénétrer dans le site où l’éclairage donnait une autre dimension aux ruines grandioses. Les pavés disjoints de la grande cour dallée rendaient la marche difficile parmi les bousculades des nombreux visiteurs. Edifié au début du 2ème siècle avant J.C contre un rocher surgi des sables, ce temple est structuré en deux parties. L’une est dédiée au dieu crocodile Sobeck et l’autre au dieu épervier Haroéris. Deux axes parallèles conduisent à la cour à portique, aux deux hypostyles et à trois chambres ornées de bas-reliefs aux peintures encore apparentes. Les deux entrées et sorties correspondent aux sanctuaires de chaque divinité. Des socles de granit noir servaient de reposoir aux barques sacrées des dieux. Au centre, on aperçoit les ruines d’un autel. Des bassins de granit, pris d’assaut par des Japonais au sans-gêne inouï, n’étaient pas accessibles.
En rentrant, nous avons apprécié le répit du dîner. Les anecdotes de Robert, rasséréné par la perspective de mieux dormir, nous ont fait rire aux larmes. Ce moment privilégié a détendu chaque convive. Une soirée disco n’a tenté personne, tout le monde était fatigué par le rythme des circuits. Nous n’avions pas la grande forme, j’avais des ampoules aux pieds, les genoux douloureux et les jambes lourdes. Des larmes coulaient sans interruption de l’œil droit de Jacques opéré récemment de la cataracte. Le bruit des moteurs a encore fortement perturbé le sommeil de Jacques. Insensible au vacarme, j’ai dormi d’une seule traite. L’arrivée à Assouan était prévue dans la nuit.

Septième jour, mardi 7 février

Dès 6 heures, nous avons retrouvé nos compagnons pour le petit-déjeuner. Le sourire de Robert et de Christiane prouvait qu’ils avaient mieux dormi. Jean-Claude, souffrant, n’était pas descendu, à la consternation générale. Sa femme Hélène était inquiète. Eliane et Michel de bonne humeur comme à l’accoutumée, mangeaient d’un solide appétit. Le programme de la journée s’annonçait chargé.
Nous avons traversé la jolie ville d’Assouan en direction du barrage. Arrivé à destination, le car s’est rangé dans un immense parking près de nombreux autres véhicules. La chaussée surplombait le barrage aux dimensions impressionnantes construit par des techniciens russes. Long de 4 kilomètres sur 40 mètres de large, profond de 110 mètres, il peut atteindre un débit de 80 milliards de mètres cubes d’eau. Douze turbines développent une force de 10 milliards de kilowatt/heure. Grâce à cette technique, le pays bénéficie d’une industrialisation et le moindre village possède l’électricité. Les conséquences écologiques sont moins positives. Les crues fertilisantes du Nil ayant disparu, les paysans utilisent de plus en plus d’engrais chimiques : c’est le revers de la médaille. Le réservoir nommé lac Nasser est long de 500 km dont 150 km dans le territoire du Soudan. La Nubie a disparu sous les eaux, des villages entiers ont été submergés, obligeant les habitants à émigrer en ville ou dans des reconstitutions de leurs habitats ouverts aux touristes. Les plus importants temples antiques ont été sauvés de la noyade grâce à l’Unesco, les autres gisent au fond du lac.
Un arrêt à Assouan dans une joaillerie ne m’a pas intéressée. Par contre, j’ai acquis quatre papyrus d’une exécution remarquable dans un magasin spécialisé. Contente de mes achats, je n’ai pas regretté les 100 euros déboursés ! Les paquets sont restés dans le car durant la prochaine excursion.
Une promenade en bateau à moteur manœuvré par deux Nubiens nous a transportés jusqu’au temple de Philae dédié à Isis. A bord, les bijoux artisanaux proposés par un marchand ont eu beaucoup de succès. Nous avons débarqué sur l’île d’Agikia où le temple a été reconstruit pierre par pierre grâce à l’Unesco, l’île de Philae ayant été engloutie par les eaux du barrage. De petites dimensions, il a été conçu au IIIème siècle avant J.C. en l’honneur d’Isis qui, selon la légende, était venue y pleurer la mort de son frère et époux Osiris, tué par leur frère Seth.
Après le pavillon de Nectanebo, deux longues colonnades mènent au premier pylône. Sur les murs sont gravés les exploits de Ptolémée. Après un second pylône, on accède dans le cœur du temple d’Isis transformé en église en l’an 557. Les bas reliefs martelés par les chrétiens attestent leur rejet des anciens cultes. Des graffitis incrustés en haut des colonnes témoignent de la campagne napoléonienne. Malgré ces dégradations, la composition d’une beauté remarquable mérite son surnom « la perle de l’Egypte » A l’est, le kiosque de Trajan surplombe l’ensemble.
L’après-midi, la visite d’un village nubien ne nous a pas tentés. Le côté voyeur de cette excursion nous gênait. Construites pour le plaisir des touristes, ces pâles copies ne sont pas le reflet de l’âme de ses habitants dont les racines gisent par 110 mètres de fond. Nous avons profité de quelques heures de répit pour nous reposer en attendant le spectacle « Son et lumières » du temple de Philae.
A la nuit tombée, le chauffeur nous a conduits à l’embarcadère en compagnie de vacanciers occupant un hôtel flottant voisin. Les nombreuses embarcations illuminées se bousculaient, les bateliers les poussaient à la main pour se dégager, la scène était folklorique à regarder. Le « Son et lumières » conté par des acteurs connus sur un texte d’Alain Decaux, était sensationnel. Nous étions enchantés de notre soirée. Des danses nubiennes prévues après le dîner nous laissa indifférents.

Huitième jour, mercredi 8 février

Réveillés à 3 heures pour visiter Abou Simbel, nous avons pris hâtivement un petit-déjeuner sommaire. Un paquet nous a été remis pour nous restaurer plus copieusement en cours de route. Montés à 4 heures dans un car confortable, nous avons rejoint un important convoi encadré de policiers, avant de prendre la route. Une attente d’une demi-heure a permis aux forces de l’ordre de contrôler les véhicules, à l’intérieur comme à l’extérieur, y compris les pneus. Notre guide a refusé la présence d’un agent dans notre autocar, sans doute pour ne pas nous choquer. Le démarrage a eu lieu vers 4 heures et demie. Les véhicules s’ébranlèrent dans la nuit pour un parcours de 300 kilomètres. Trop excitée à l’idée de voir l’apogée de notre voyage, j’ai contemplé la route au lieu de m’assoupir comme la plupart de nos compagnons !
Le paysage devenait aride, un désert jonché de pierres noires et de rochers pointus longeait la route. Au loin, des dunes surgissaient de l’horizon. Parfois, un îlot de verdure abritant quelques maisons carrées, tranchait sur la monotonie du paysage.
Nous avons traversé le tropique du cancer sans nous en apercevoir. La proximité de l’Afrique noire se devinait à chaque tour de roues. De nombreux dromadaires assis sur le sable attendaient patiemment leur départ pour le marché. Le soleil se leva au-dessus des dunes dans une apothéose de lumière, l’arrivée était imminente. Le véhicule stoppa au pied de la colline près d’une buvette touristique. Nous avons commandé un thé pour accompagner la collation amenée du bateau.

Impatients d’observer les merveilles si attendues, nous avons grimpé à la suite du guide jusqu’à l’arrière des monuments. Malgré son conseil de garder les yeux baissés jusqu’à son signal, j’ai relevé la tête pour apercevoir la façade du temple. Il s’en est aperçu et m’a fait en souriant un signe de remontrances.
Enfin face à l’édifice, nous avons poussé un cri d'enthousiasme en voyant ce gigantesque bâtiment baigné par les rayons du soleil. Les gens paraissaient minuscules au pied des quatre colosses assis, représentant Ramsès II à l’éternel sourire. Débordante d’admiration pour le travail effectué par les artisans de l’époque avec un outillage rudimentaire, j’avais froid dans le dos en pensant que ces magnifiques œuvres d’art auraient été englouties sans l’intervention de l’Unesco.

La porte franchie, une première salle est consacrée aux exploits guerriers de Ramsès II. Des gravures le représentent en guerrier invincible, volant sur son char pour vaincre les Hittites à la bataille de Qadesh. Le pronaos a un plafond de 10 mètres reposant sur des piliers auxquels sont adossées des statues du pharaon dans l’attitude d’Osiris. Suivent huit chambres latérales et une salle à 4 poteaux décorés de scènes religieuses où les déesses embrassent le roi. Le sanctuaire abrite 4 statues de dieux dont l’une du roi divinisé. Tout est monumental, à l’échelle de l’ambition démesurée de ce souverain qui savait si bien frapper l’imagination de son peuple en instituant le culte de sa personne déifiée. Nous lui en savons gré puisque nous avons le bonheur de contempler ces chefs-d'œuvre qui ont défié les siècles.
En contre-bas sur la gauche, le temple d’Hathor, édifié en l’honneur de Néfertari, grande épouse royale, est de dimensions plus modestes. Contre la façade longue de 28 mètres et haute de 12 mètres, 2 statues de la reine sont encadrées par 4 statues de Ramsès II avec leurs enfants.

Chacun regagna sa place dans l’autocar, l’esprit peuplé de visions grandioses. Certains, terrassés par le sommeil, gisaient inconscients sur leurs sièges. Comme à l’aller, je n’ai pas fermé l’œil pour ne pas perdre une parcelle des images qui défilaient sous mes yeux. Je ne reverrais sans doute jamais le désert avec ses dunes, ses cailloux et ses rochers.

Arrivés à bon port, nous avons goûté le charme du retour à bord pour le déjeuner. La journée n’était pas terminée pour autant mais le programme de l’après-midi n’était pas trop pénible.

Une promenade en barque nous délassa de la fatigue du matin. Une embarcation à moteur remplaçait la felouque promise à cause d’une interdiction récente. Le fleuve possède plusieurs îles à la végétation parfois luxuriante. Nous avons fait seulement le tour de l’île Eléphantine sans aborder. Le mausolée de l’Agha Khan est apparu en haut d’une colline sur la rive gauche du Nil. La visite est interdite au public depuis la mort de son épouse enterrée à ses côtés.

Tout un petit monde naviguait sur le fleuve. Des paysans transportaient leurs récoltes pour vendre au marché. Des plaisanciers voguaient avec insouciance.
Des enfants nubiens à bord d’une coque de noix pagayaient avec les mains. L’un d’eux s’est approché de nous en chantant en français « il était un petit navire » et « alouette », espérant récolter quelques pièces. Ces chansons apprises phonétiquement étaient sans doute les seuls mots de Français qu’ils connaissaient. Plus loin, deux gamins chavirés près d’un rocher ont causé une vive émotion. Ils sont finalement sortis indemnes, à notre soulagement.

L’hôtel « Old cataract », entrevu à l’extrémité sud d’Assouan, garde le souvenir d’Agatha Christie et du président Mitterrand qui venait s’y reposer pour oublier les tracas du pouvoir. Nous avons regagné nos cabines vers 15h30 avant l’appareillage en direction de Kom Ombo.
Les paysages avançaient au rythme lent du bateau. Nous pouvions observer les berges du fleuve pour avoir un aperçu de la vie des riverains.
Sur la rive gauche, des tombes rupestres creusées dans le roc offrent un triste spectacle. Le sable et la caillasse dominent, la maigre végétation atteste de la pauvreté des rares habitants.
La rive droite contraste avec l’aridité d’en face. Des palmeraies et des cultures de canne à sucre côtoient des champs d’un vert intense surprenant. Les paysans bénissent le ciel d’avoir une bonne terre à cultiver même si la disparition des crues du Nil les obligent maintenant à utiliser des engrais chimiques.

Le soir, après le dîner, tout le monde aspira à une bonne nuit de sommeil.

Neuvième jour, jeudi 9 février

Pour la première fois depuis notre départ, nous n’étions pas stressés à l’idée de nous lever aux aurores. Le petit déjeuner était prévu entre 7h30 à 9h, nous pouvions donc flâner. Réveillés à 6 heures sans doute par habitude, nous avions dormi profondément. Jacques n’avait pas été trop gêné par le bruit des machines grâce aux boules introduites dans ses oreilles. Les retrouvailles du petit déjeuner ont été attristées par l’indisposition de Jean-Claude, atteint sans doute de « tourista » malgré ses précautions pour s’alimenter. L’inquiétude d’Hélène faisait peine à voir.
Le bateau naviguait vers Esna après avoir dépassé Kom Ombo et Edfou. Nous profitions du temps splendide pour flâner sur le pont soleil. Certains se prélassaient aux abords de la piscine à remous mais personne ne se risquait à pénétrer dans une eau à 15 degrés.
J’observais les rives en imaginant tout un petit peuple vivant dans les villages en bordure du fleuve. Sur la rive gauche, les maisons bâties sur un terrain escarpé se confondent parfois avec le sable et la caillasse. Le terrain cultivable est réduit à une mince bande rejointe par les falaises découpées en arêtes arides. Des pompes rudimentaires amènent l’eau pour arroser les maigres cultures. Observant des femmes et des enfants faisant la lessive et la vaisselle directement dans le Nil, je frémissais en imaginant les bactéries. Probablement immunisés naturellement, ils ne craignaient sans doute plus rien. Quelle différence avec les vacanciers qui les regardent du haut de leurs bateaux de luxe !
Des nécropoles abandonnées constituées de tombeaux vétustes creusés dans la montagne, mettent une note de désolation dans le paysage.
La rive droite, beaucoup plus riche, est formée de champs étalés en vastes zones cultivées de céréales ou de cannes à sucre, entrecoupés de palmeraies au vert intense. Des stations de pompages posées sur des pontons permettent un arrosage permanent des plantations.
Les villages groupés autour d’une mosquée reflètent la prospérité. Une route parallèle au fleuve apparaît dans le lointain. Sillonnée par des véhicules à moteur ou des charrettes pleines de légumes tirées par des ânes, elle relie Alexandrie à Abou Simbel en passant par le Caire et Assouan. Le passage de l’écluse fut plus rapide qu’à l’aller. Le voyage s’est poursuivi en direction de Louxor, port d’attache de tous les bâtiments de croisière.
L’après-midi, une conférence sur l’Egypte contemporaine par Mostafa nous a réunis sur le pont supérieur. Il a parlé de son pays avec chaleur, ne négligeant aucun détail sur le mode de vie, l’éducation des enfants et la place de la religion au quotidien. Il répondait aux questions de ses auditeurs avides de connaître le rôle des femmes dans la société égyptienne. Malgré une certaine émancipation, elles acceptent de ne plus travailler pour élever leurs enfants, ce qui n’est pas dégradant. Leur culture est différente de la nôtre et personne ne doit les plaindre ou les juger.
Ensuite, nous avons apprécié le thé à la menthe accompagné de petits gâteaux, servi les jours de navigation vers 16 heures. Redescendue dans la cabine afin d’écrire les cartes postales destinées à la famille, j’ai laissé Jacques profiter du spectacle jusqu’à la tombée de la nuit. En fin d’après-midi, Louxor est apparu dans toute sa splendeur. L’accostage n’a pas posé de problèmes.
Une sangria offerte par la direction a réuni de nouveau tout le monde avant le dîner. Couchés tôt pour affronter les excursions du lendemain, nous avons encore subi le ronflement des machines.

Dixième jour, vendredi 10 février

La veille du retour, il restait encore des lieus incontournables à visiter.
Démarrés tôt pour atteindre la nécropole de Thèbes parmi les premiers, nous avons traversé le Nil avant d’arriver dans une vallée désertique entourée de montagnes arides. Ce vaste cimetière aux dimensions impressionnantes abrite les dépouilles de Thoutmosis II à Ramsès XI ainsi que celles des reines, princes et hauts dignitaires. Les sépultures sont rassemblées dans la vallée des rois, la vallée des reines et la vallée des nobles. Les « demeures d’éternité » creusées dans la montagne, construites pour être inviolées, n’ont pas échappé à la cupidité des voleurs, membres de tribus spécialisées dans le pillage des tombes dès la plus haute Antiquité. Celle de Toutankhamon, découverte en 1922 par Howard Carter, est la seule à ce jour ayant échappé au vandalisme. Sur une colline, la maison de cet éminent égyptologue témoigne de sa présence en ces lieux pendant 20 ans.

Transportés dans une navette depuis le parking jusqu’aux entrées des tombes ouvertes au public, nous avons écouté l’exposé de Mostafa avant de pénétrer dans celle d’Aménophis II. Un long couloir incliné aux murs décorés de fresques se termine par un puits, donnant l’impression qu’on ne peut aller plus loin. Cependant, dans un angle à gauche, un escalier et un étroit corridor descendent à la chambre funéraire. Le plafond au ciel peint sur un fond bleu foncé, les piliers et les murs décorés de fresques noires et rouges forment un ensemble d’une beauté remarquable. Au fond, le sarcophage vide ne contient plus la momie royale exposée au musée du Caire.

Ensuite, nous sommes entrés dans les tombes de Ramsès VI et de Séthi II, à la disposition similaire. Les bas-reliefs inachevés de la sépulture de Séthi II permettent de comprendre la façon dont les artistes travaillaient. Je sors de cet endroit un peu mal à l’aise en pensant à ces humains morts depuis si longtemps mais dont l’esprit hante ces lieux à jamais.

Conduits sur le site de Deir El Bahari, nous sommes montés dans un petit train touristique après avoir passé la barrière de sécurité gardée par les policiers. Le temple d’Hatshepsout la reine-pharaon, en partie creusé dans le roc, s’élève sur 3 terrasses reliées par des rampes centrales, autrefois bordées de jardins suspendus agrémentés de bassins. Le long de la rampe d’accès à la seconde terrasse, de magnifiques bas-reliefs relatent des scènes de voyages en Afrique noire. On y voit des girafes, des singes et des panthères.
A droite, une salle témoigne de la naissance divine de la reine en représentant sa mère fécondée par le dieu Amon. Sur les côtés, deux petites chapelles gravées de scènes aux couleurs intactes sont dédiées à Hathor et Anubis. Les statues à l’effigie de la reine ont été martelées sur les ordres de Thoutmosis III, son neveu et successeur, qui a fait construire son temple monumental au-dessus du sien pour démontrer sa domination.

Avant de regagner le car, une promenade le long des échoppes « des marchands du temple » nous a ramenés dans le monde actuel. Nous avons eu du mal à nous débarrasser des boutiquiers entreprenants, acharnés à essayer de vendre leurs statuettes du dieu Anubis.

Après avoir traversé la vallée, nous sommes arrivés à Médinet Habou, vaste ensemble de quatre bâtiments principaux. Le temple des Thoutmosis, le pavillon royal, les chapelles des « divines adoratrices » et le temple funéraire de Ramsès III ont défié le temps. Le palais royal, les magasins, les bâtiments administratifs et le lac sacré ont disparu. Le temple de Ramsès III est le plus monumental avec ses pylônes ornés d’images guerrières du roi. On le voit abattre ses adversaires, natifs des peuples de la mer et sacrifier des captifs devant Amon qui lui tend un glaive. L’amoncellement de leurs mains ou de leurs sexes coupés, gravés dans la pierre, évoque le comptage des ennemis anéantis. Trois salles hypostyles conservent des colonnes encore debout. Un tremblement de terre en a détruit une partie.

Sur le trajet du retour, une pause devant les colosses de Memnon s’imposait. Le temple d’Aménophis III dont ils étaient les gardiens n’existe plus. Leur visage méconnaissable ne ressemble plus à celui de leur illustre modèle. L’une de ces statues chantait au lever du soleil à cause du changement de température qui faisait éclater la pierre. La réparation ordonnée par l’empereur Septime Sévère l’a rendue muette.

Nous avons parcouru encore quelques kilomètres pour une dernière halte au village de Gourna aux maisons décorées de fresques aux couleurs vives. Cette coutume a pour origine le pèlerinage à La Mecque. La famille de l’absent en profite pour faire peindre sa maison. L’artiste représente le moyen de transport utilisé, le pèlerin lui-même en prière et la kaaba, pierre sacrée de l’islam, le tout agrémenté de scènes champêtres ou exotiques. Les commerces d’artisans aux façades colorées ont repris le thème à leur compte pour attirer les touristes.

Ayant atteint son objectif, notre chauffeur s’arrêta devant un magasin d’objets artisanaux en pierre. A l’extérieur, un homme assis sur le sol faisait une démonstration de gravure sur pierre. Son assistant expliquait le processus de la création. Entrés dans l’établissement où le thé et le karkadé étaient offerts en signe de bienvenue, nous avons examiné les produits exposés sans rien acheter.

A chaque retour d’excursion, les employés du bateau nous accueillaient dans le hall en nous tendant au bout d’une pince une petite serviette parfumée, chaude et humide.
Le repas pris dans la bonne humeur a redonné des forces à chacun d’entre nous. L’après-midi libre nous laissait maîtres de nos loisirs. Certains de nos amis projetaient de visiter le musée de Louxor. L’idée était bonne mais je n’aspirais qu’à dormir !

Et pourtant, après un bref repos, nous sommes partis déambuler dans les souks pour faire nos derniers achats. Les innombrables boutiques se côtoyaient, les détaillants essayaient de négocier, n’hésitant pas à nous agripper le bras. La bonne tactique était de ne pas leur prêter attention. Nos pas nous ont conduits dans la vieille ville grouillante de monde, loin de notre point de départ. Les rues étroites des quartiers populaires convergeaient sur une route principale en terre battue. Les gens neutralisaient la poussière en arrosant le sol où se formaient de petites mares vite transformées en boue. Les trottoirs, parfois inexistants, étaient extrêmement surélevés quand ils étaient présents.
Des scènes de la vie quotidienne défilaient sous nos yeux. Des artisans martelaient le cuivre ou l’étain pour façonner divers ustensiles. Assis sur le sol, des petits producteurs proposaient leurs récoltes. Un boucher débitait la viande dans un local malpropre en posant les morceaux sur une chaise, spectacle peu engageant pour des Européens ! Les marchands d’épices exposaient leurs produits aux senteurs exotiques.
Tout un petit peuple se pressait sur la chaussée. Des femmes et des enfants passaient avec des charges de pain sur la tête, des ménagères voilées s’arrêtaient devant les étals de fruits et légumes à la fraîcheur engageante, quelques enfants mendiaient. Tout un monde nous séparait, nous étions loin des hôtels de luxe des bords du Nil.
D’un minaret proche, le muezzin appelait à la prière. Ce chant aux accents gutturaux, transmis par haut-parleur 5 fois par jour, résonnera longtemps à nos oreilles !

Après une longue marche, nous avons fait demi-tour. A l’intérieur d’une échoppe correcte, j’ai choisi une djellaba brodée pour Jacques et une tunique pour moi. Le vendeur, ravi de l’aubaine, vantait la qualité de sa marchandise sans indiquer le prix. Devant notre insistance, il annonça la somme de 40 euros. C’était exorbitant, j’ai poussé de hauts cris pour jouer le jeu et proposé seulement 8 euros ! Le commerçant diminua un peu ses prétentions, pas assez à ma convenance. A bout d’arguments, nous sommes sortis du magasin. Il nous a rattrapés en proposant un prix plus bas. J’ai conclu le marché à sa dernière offre de 10 euros. Les palabres auraient pu durer des heures. Je me suis amusée mais Jacques commençait à s’énerver…
Un peu perdus dans les dédales des innombrables rues, nous avons eu du mal à retrouver notre point de départ. Le soleil dardait ses chauds rayons, la température s’élevait à 25 degrés. Trop chaudement vêtue, je transpirais !
Nous avons enfin retrouvé le bateau après avoir fait le tour du temple pharaonique. Harassée, les jambes lourdes, j’ai pris une douche pour me remettre d’aplomb.
Au dîner, Robert a proposé de commander une bouteille de vin en partageant les frais à cause de son prix élevé. Tout le monde étant d’accord, nous avons trinqué à notre départ. Une enveloppe a circulé pour récompenser les serveurs et le guide.
A la fois tristes et impatients de rentrer, nous avons échangé nos adresses. Le soir, les exhibitions d’un derviche tourneur et d’une vulgaire danseuse orientale n’ont pas obtenu de succès. Nous sommes tous montés nous coucher avant la fin de ce spectacle médiocre. Les valises prêtes m’ont fait songer avec nostalgie au retour dans la grisaille de l’hiver.

Onzième jour, samedi 11 février

Le matin un peu de tristesse se lisait sur les visages quand Mostafa nous a fait ses adieux. Le beau rêve touchait à sa fin, ce merveilleux voyage ne serait bientôt plus qu’un souvenir.
J’ai laissé quelques euros sur la table de la cabine pour récompenser les gentils jeunes gens chargés du nettoyage. Toujours souriants, ils brossaient tous les jours la moquette à genoux en écoutant la musique. Le matin, après avoir fait le ménage, ils pliaient les draps et les couvertures de nos lits d’une façon originale, avec des variantes, afin de nous amuser. Le soir, ils revenaient faire le lit d’une manière plus classique. Ils avaient l’air heureux d’effectuer ce travail qui leur procurait de nombreux avantages.
Les valises étaient déjà dans le hall, de nouveaux arrivants allaient nous remplacer, la roue tourne !
Pour plaisanter une dernière fois, Robert a fait cirer ses chaussures avant de monter dans le car qui nous conduisait à l’aéroport.
Arrivés vers 10 heures, nous avons eu le temps de parcourir les allées commerciales où de nombreuses boutiques offrent des marchandises hors-taxes. Je n’ai pas résisté à la tentation d’acheter encore un papyrus, moitié moins cher qu’à Assouan.
Au moment d’embarquer, Eliane et Michel ont fait sonner le dispositif du portique magnétique. Les policiers s’apprêtaient à les fouiller après leur avoir fait ôter leurs chaussures. Eliane, furieuse d’être suspectée, leur proposa de se déshabiller. Gênés, les agents les laissèrent passer.
Nous avons gagné notre place dans l’avion au rang 114, près d’Hélène et de Jean-Claude. Christiane et Robert se trouvaient au numéro 123, Eliane et Michel au 127. L’envol de l’airbus de la compagnie Corsair prévu à 12 heures 55 heure locale, fut avancé de 20 minutes à cause d’un fort vent de face qui risquait de ralentir l’appareil. Le décollage s’est fait sans incidents.
Un repas servi par un charmant steward nous a fait patienter. De nombreux enfants allaient et venaient dans un va-et-vient incessant. Des passagers dormaient, d’autres regardaient un film. Obligée de m’asseoir à la place numérotée qui m’avait été allouée, j’étais près de l’allée centrale et non vers le hublot comme je l’aurais souhaitée. Jacques se trouvait en vis à vis, de l’autre côté du couloir. L’itinéraire n’était pas tout à fait le même qu’à l’aller, nous devions survoler la Grèce et l’Italie. Au bout de 5 heures de vol, l’avion a commencé par perdre de l’altitude. C’est avec soulagement que nous avons vu apparaître les lumières de l’aéroport Charles de Gaulle. Un atterrissage impeccable nous a ramené sur la terre de France à la température nettement inférieure à celle d’Egypte. J’ai retardé ma montre d’1 heure.
Le temps de s’embrasser pour se dire au revoir, chacun est parti de son côté. Le visage de nos enfants est apparu à travers la vitre du hall. Je les ai rejoints pendant que Jacques récupérait les bagages. Les retrouvailles avec nos enfants ont été chaleureuses, nous avions beaucoup de choses à leur raconter. A la maison, un pot d’orchidées m’attendait au salon. Emue par ce geste, j’ai ressenti un élan de joie. Le bonheur de me retrouver chez moi l’emportait sur le regret d’avoir quitté des lieux sublimes. Nous allions enfin pouvoir dormir dans le calme !

Ce voyage inoubliable dont je rêvais depuis l’enfance, réalisé du 1er février au 11 février 2006 pour nos noces d’or, restera à jamais gravé dans mon cœur. Je le recommande à toute personne qui lira ces lignes

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Mon père disait toujours : "A force de naviguer au Sahara, on finit par devenir un marin des sable ".
Mon aventure jusqu'au NIL m 'a été qu'une pure gourmandise : croquer dans un "basboussa" (spécialité Egyptienne )qui déborde de sirop à la fleur d'oranger.
Incapable de résister à l' Appel du grand désert du monde !
J'ai décidé d'aller vers lui, car je n'ai pas eu la chance d'y être née, mais j'y ai vécu, toute mon enfance à travers les photographies et les longs récits de mon Père. C'était une passion familiale.

Nous partons d’Algérie, mon Père, mon Frère et moi.
Du haut de mes 13 ans, je sillonne les Oueds, participe avec mon coeur aux diverse courses de chameaux ; tout est dans la beauté du geste, j'observe, attentive à tous les détails. Je suis souvent hébergée dans des campements précaires où les nomades s'abritent d'une natte tressée de tiges de graminées, mais mon sommeil est sain et profond.

Mon coeur palpite, les 4x4 soulèvent des volutes de poussière pendant que la piste chamelière résonne de leur monture en Parade et que marche le touareg au voile pourpre scintillant comme du papier carbone, pour la fête du "Dav Moulay".
A ce moment là, je ne respire pas un nuage de sable mais je suis sur un nuage "rose", et lorsque les derniers rayons brulants nous invitent à monter le bivouac, je me réjouis de ce sable qui envahit les moindres recoins des massifs.
Alors, nous pouvons déguster ce succulent thé vert que nous préparent les "hommes bleus", qu' ils accompagnent de la "Tagella", galette de blé et de quelques herbes aromatiques récoltées de ci de là et je me fonds dans ce décor qui fait de moi une fillette heureuse, intégrée, presque Touareg qui jouit d' une grande liberté.
Nous traversons le désert Lybien où s'amoncellent des milliards de mètres cubes de sable.
Au creux de la dune, une maigre végétation éphémère accroche les rayons du soleil levant.
Les lac de "la Ramla des Daouada" nous invitent à la version terrestre du Paradis et nous rappelle aussitôt les "Hommes Bleus" qui y ont vécu en totale autarcie pendant des décennies.
Bientôt, le volcan "GOUAROU EN NAMOUS " nous annonce que notre voyage touche à sa fin.
L'EGYPTE est là, mystérieuse, impatiente de nous accueillir, derrière nos pare-brise, La VALLEE DU NIL, protégée du vent chaud du désert, surgit brusquement.
Et je ne comprends encore moins quel hasard m'a amené là, à bord "D'EL FELOUQUE", à naviguer sur l'eau alors que j'étais habituée à voguer sur une mer de sable.
Comme moi, tout le monde devrait connaitre le bonheur et je conseille à tout les internautes de se laisser bercer par cette grande mer, vivre de nouvelles expériences, comme le marin, nous ne revenons au port que pour préparer le prochain départ.... Prenez le large, évadez-vous dans dans ces ergs où le vent imprime la houle, dans ces ilots perdus de l'OCEAN SAHARIEN. J'ai eu la chance de découvrir cet eden de sable et de pierres, de rencontrer des peuples si attachants, si simples, si beaux, et d'aboutir vers ce long " FLEUVE DIEU", de saluer la terre d'EGYPTE.
Je remercie de tout coeur, mes amis : BERNY et ALAIN qui m'ont fait découvrir les plus belles merveilles du monde. Je les salue et grâce à eux, j'ai découvert le bonheur.

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A Saint Catherine dans le Sinai ; nous étions 5 à faire l’ascension du mont MOISSE 2100 Mètres d'altitude : arrivée en fin de journée au sommet quel beau spectacle.... Et ce coucher de soleil quel beau moment ; puis l'un d'entre nous propose et si nous restions là cette nuit ! OK mais nous n'avions rien pour nous protéger du froid ...vite nous voila partis vers des Bédouins leurs hospitalité légendaire va nous permettre de passer une nuit inoubliable ...ils nous donnent des couvertures ...mais là je vous avoue que dormir dans des couvertures qui sentent le chameau, la transpiration, assis entre des rochers ; avec le froid de la nuit ...pourtant ce fut une longue ; mais une de mes plus belles nuit ; car sur nos têtes des milliard d'étoiles veillaient sur nous. Oui assise contre un rocher et sous la voute céleste dans une couverture qui sent le chameau dans le froid, ce fut pour moi un moment extraordinaire... Essayez je le recommande, un détachement à notre confort cela fait du bien même qu'une nuit.

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