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Circuit en Bolivie : Une échappée entre terre et ciel
Fatigué du train-train quotidien ? Il n’y a rien de plus dépaysant que d’effectuer un circuit en Bolivie. La fascination sera au rendez-vous, à la vue des sommets majestueux de la cordillère occidentale, ou encore les massifs de la cordillère orientale abritant des vallées humides et des contreforts recouverts de forêts. Comparez les offres de Circuit Bolivie pas cher de nos partenaires.
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Mathilde Maïsano, 75 - Paris :
" Alojamiento San Pedro "
" Cela fait quelques heures que nous arpentons les rues de Cochabamba à la recherche d’un hôtel bon marché.
Alojamiento San Pedro, 20 Bolivianos la nuit, on ne pouvait trouver mieux. Nous nous installons dans notre spacieuse chambre et faisons une rapide visite des lieux. Les toilettes sont propres, la douche froide, et puis il y a une affiche épinglée à l’entrée qui invite les occupants de l`hôtel à utiliser des préservatifs! Etonnant, surtout dans un pays comme la Bolivie, où la grande majorité des gens est très conservatrice.
Le lendemain, nous nous baladons dans le quartier. Une boutique d’artisanat qui fait face à notre hôtel attire notre attention. La vendeuse nous explique que c´est en fait un foyer d´accueil et de réinsertion pour anciennes prostituées ; l’artisanat fait partie des activités qui leur sont proposées.
Puis, tout devient plus clair dans nos têtes… Tout d´abord l´affiche à l´accueil, puis ce foyer, et surtout, les allers et venues d´hommes et de femmes dans notre hôtel. Il n´y a plus aucuns doutes possibles, nous logeons dans un hôtel de passes ! On nous avait pourtant dit que le quartier de la gare n’était pas très fréquentable, mais là nous nous sentons un peu bêtes et naïves.
Nous y resterons en tout une petite semaine. Depuis notre fenêtre qui donne sur le patio, nous voyons défiler des femmes suivies d’hommes peu fiers rentrer dans une chambre au hasard et en ressortir quinze minutes plus tard. Le rez-de-chaussée comporte quatre chambres matrimoniales, et l’étage principalement de petites chambres avec lits simples. Il y a aussi deux dortoirs, dont celui où nous sommes.
Les plus vieilles dames ont visiblement leur quartier en bas. La plupart viennent de la campagne, et en portent encore les habits typiques : une jupe colorée bouffante avec un petit gilet assorti, et un chapeau de paille posé sur la tête. Les plus jeunes sont à l’étage, et ont troqué leur tenue traditionnelle pour des vêtements plus modernes, et surtout plus aguicheurs.
Un matin, nous sommes réveillées par la forte voix d’un homme. Assis dans le patio, téléphone portable pendu à l’oreille, il discutait de « ses filles ». Avec son costard, sa chemise à couleurs vives et ses mocassins cirés, il avait tout l’air d’un maquereau tout droit sorti d’une série des années 80. De ce qu’on comprend, le type paye les chambres au propriétaire de l’hôtel, et touche un pourcentage du butin des prostituées. C’est une façon pour elles d’être en sécurité plutôt que de rester dans la rue. Plus tard, nous devinons un autre arrangement : le propriétaire de l’hôtel fournit un rouleau de papier hygiénique et un préservatif pour chaque passe. Ce business sordide nous révolte et nous indigne. C’en est trop. L’ambiance devient trop lourde et le gérant, que nous croyions au départ neutre dans cette grotesque affaire, nous parait maintenant être un danger pour nous-mêmes. Nous nous sentons impuissantes face à tout ça. Que peut-il bien être arrivé à ces femmes pour qu’un jour, elles soient tombées dans la spirale infernale de la prostitution ? Que pouvons-nous faire ? Nos échanges avec elles se limitent à un « Hola ! » ou à un simple hochement de tête... "
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Gérard SALERT, 13 - Bouches-du-Rhône :
" La vie en Bolivie "
" Il y a une chanson de Jean Ferrat que j'adore et qui est un véritable hymne rendu au bonheur pour magnifier tous les plaisirs simples que la vie nous offre avec générosité pour nous faire tutoyer la sérénité.
C'est vrai que la vie est belle mais encore faut-il savoir regarder cette beauté qui n'est pas dans la nature même des choses mais qui réside dans notre façon de voir et de considérer celles-ci.
Que c'est donc beau la vie mais il est de contrées où il est plus difficile de l'affirmer tant les climats sont rudes et les terres ingrates. En parlant ainsi, je pense surtout aux plateaux andins et non en cuir où la vie est si dure pour les indiens qui s'y sont réfugiés.
Il faut être né dans ces altitudes non pas pour trouver la beauté qui vous coupe le souffle avec d'autant plus de facilité que l'oxygène se fait bien rare mais pour acquérir un peu de sérénité afin d'en prendre conscience et de la savourer. Pas toujours beau la vie en Bolivie où les gens en ont si gros sur la patate qu'ils se coiffent le chef d'un ...melon!
Le pays lui-même par rapport à ce qu'il pouvait être à l'époque de sa création par Bolivar est une véritable peau de chagrin que les défaites militaires contre Pérou, le Chili et le Paraguay ont privé de fenêtre maritime et réduit à une portion de l'Altiplano et quelques vallées environnantes.
La seule mer est désormais un lac intérieur sur lequel l'armée entretient sa flotte pour lui éviter de couler définitivement! Partagé avec le Pérou, le lac porte bien le nom du marasme dans lequel sont plongés ces deux états :
Titicaca célèbre avec ses îles flottantes sur lesquelles n'habite pas la crème de la société régionale, est le plus élevé du monde à presque 4000 m. d'altitude. La vue sur la cordillère royale et ses pics enneigés est magnifique. La navigation se fait au moyen de barques de joncs et roseaux dont on retrouve les mêmes modèles à l'île de Pâques et dans l'océan Pacifique. L'expédition du Kon-Tiki d'Heyerdhal a confirmé la thèse que ce sont bien des peuplades d'Amérique du Sud qui ont habités ces endroits esseulés. Au préalable, il avait prouvé que les radeaux de papyrus auraient pu traverser l'Atlantique avec son expédition Ra qui ne prit d'eaux qu'après de violentes tempêtes et tout près des Barbades.
A côté de Titicaca et dans l'ancien lit d'un glacier s'est fondé La Paz à plus de 3800 m. d'altitude. Les températures négatives au matin avoisinent les 35° l'après-midi. Près de mille mètres de dénivelé entre le haut et le bas de la ville où la classe bourgeoise a élu domicile pour demeurer toujours proche de la vallée de la Lune qu'ils ont décrochée avec leur réussite et donc nul besoin dans ce quartier de La Paz de lapis-lazuli pour voir la vie en bleu.
Les classes populaires habitent pour leur part sur les anciennes moraines latérales du glacier dans des logements de brique et de pisé pour qu'il ne soit pas surprenant d'apprendre qu'après de grosses pluies, les glissements de terrain et les coulées de boue sur ces pentes abruptes aient provoqué des catastrophes hélas prévisibles.
La population quoique majoritairement catholique n'a pas pu oublier grâce à tous les interdits chrétiens le culte rendu à la terre mère pour qu'on entende souvent parler de Pas-pa, Mama. On a ainsi recours ici à la magie et il existe en plein coeur de la capitale un marché aux sorcières où l'on peut trouver des foetus de lama, des cadavres de lama, des cadavres de chats, des crapauds séchés et toutes sortes d'amulettes pour jeter un sort ou se parer des coups de ce dernier.
Non, pas toujours beau la vie en Bolivie surtout quand on se dirige vers le sud de l'Altiplano où l'addition est encore plus salée avec les salars. Salar et sale air avec des différences de température de 50° entre le jour et la nuit. Une luminosité à vous aveugler. Ici nul besoin d'hallucinogène pour avoir des mirages : des mines de sel à ciel ouvert, une île de corail, des cactus géants et des flamants roses à 4000 m. d'altitude!! Pas de cervidés dans ces paysages andins mais des lamas pour vous chauffer les oreilles et vous constituer un bas de laine tout à fait utile ici malgré les geysers et piscines d'eau chaude voisinant les neiges éternelles et qui tout comme les volcans et leurs cheminées ne réchauffent en aucun cas l'air ambiant. Un vent sec et violent balaie l'altiplano que rien n'alpague et à qui rien ne résiste si ce n'est l'alpaga et tout naturellement vous êtes époustouflé face à la beauté qui a su mettre son grain de sel dans ce décor grandiose.
Non, pas toujours beau la vie en Bolivie quand il faut descendre dans les mines pour tirer le diable par la queue et se pour tirer le diable par la queue et se faire ensevelir vivant. Bien des potes à Potosi au pied du mont riche le savent mieux que nos mineurs occidentaux pour avoir besoin de recourir à la coca pour dissiper les crampes d'estomac, les céphalées provoquées par l'altitude et l'effort ainsi que la trouille qui tenaille chacun d'entre eux. Songez qu'ils signent un pacte avec ce diable d'El Tio à chacune de leur descente aux enfers en lui offrant alcool, tabac et coca pour qu'il leur permette d'avoir la force de remonter. L'efficacité n'est malgré tout pas démontrée pour que nombre d'entre eux soient victimes d'éboulements de galeries ou plus sournoisement de silicose. Une mort à petit feu pour dire que les mineurs ne paient pas de mine puisque la mine lamine mieux que les aciéries et les mine à limiter leur espérance de vie à 40 ans !
Quant aux statistiques concernant les accidents, il ne faut pas les chercher: elles ont été les premières à être enterrées pour ne pas effrayer les mineurs eux-mêmes et leur famille qui ont bien besoin d'avoir des tripes dans les boyaux du Mont Riche.
Ce mont qui domine la ville a été dénommé ainsi pour avoir fait la richesse de tous les conquistadors. La mastication des feuilles de coca a été légalisée car elle permettait d'obtenir plus de rendement dans les mines où des esclaves africains
ont été amenés jusqu'en ces lieux. Il parait que l'on pourrait faire un pont d'argent de Potosi à Madrid avec tout le minerai de ce métal sorti du ventre de cette montagne.
La preuve en est flagrante à l'intérieur même de la ville où les demeures coloniales et les principaux bâtiments possèdent une architecture des plus recherchées de leur époque avec des balcons et des façades baroques qui ont fait classer la cité au patrimoine mondial de l'Unesco. Il en est de même dans la localité voisine qui a si bien su profiter de ces richesses qu'elle a été baptisée Sucre mais je sais que vous allez me traiter d'ignare pour me dire que c'est en fait le nom du compagnon d'armes de Bolivar et maréchal de ce pays.
Non, pas toujours beau la vie en Bolivie car il est déjà bien compliqué de parvenir à ces sommets sur des pistes épousant les flancs vertigineux de véritables murs. Songez par exemple à cette route de la mort qui de 1200 m. d'altitude environ dans la forêt amazonienne des Yungas qui sont un peu les jardins de La Paz, on parvient en 60 kms et 4h de route à 4800 m d'altitude.
Ce n'est pas d'ailleurs à proprement parler une route mais une piste glissante dès que la pluie se met de la partie ou qu'une cascade y déverse ses eaux. Pas plus large de 3 m. à certains endroits, il est impossible de se croiser et les marches arrières quand le brouillard est à tailler au couteau sont une loterie plus aléatoire que la roulette russe.
Un camion sur mille descendait au fond du ravin profond de mille mètres. Cent morts par an et heureusement la route a été mise en sens unique toutes les 6 heures avant d'attendre une route goudronnée prévue pour 2007/2008.
Vous partez au travers des bananeraies et des plantations de coca, avec le ronflement des vols de moustiques couvrant celui de votre moteur puis au fil de votre ascension, vous traversez les nuages, surplombez des précipices impressionnants, croisez tous les 50 m. des croix signalant la chute d'un tel, vous prenez des lacets qui étouffent chacun de vos mots étranglés dans votre gorge, et enfin posé en haut du col vous dominez le vol des aigles et condors qui attendent la prochaine inattention ou maladresse d'un chauffeur pour prendre leur repas.
Ne croyez pas pour autant être sur le toit du monde: vous êtes juste au pied de la cordillère royale avec les monts Illimani, Huyana ou le massif Ilampu culminant tous à plus de 6000 m.
Non, pas toujours beau la vie en Bolivie malgré la beauté et la variété de ces paysages. L'indien le sait mieux que personne pour n'avoir été rien durant des siècles et, sans pouvoir desserrer les dents pour arborer un sourire, ressembler aux portes des prisons dans lesquelles on l'enfermait au moindre signe de contestation. Il a été si maté qu'il en boit le calice jusqu'à la lie dans les infusions ou les chiques de feuilles de coca qui lui permettent de supporter de si terribles épreuves. Il faut espérer que les condors planant dans les cieux leur laissent augurer une ère aussi dorée que celle des incas, leur glorieux ancêtre.
Gérard SALERT "
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