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Mon voyage en Haïti je l'ai fait en fin juin-début juillet 2011. C'est la première fois que je passais plus de temps dans un pays étranger. Je voulais connaître les us et coutumes des gens du pays et je l'ai réalisé.
La première semaine je l'ai passé à Port-au-Prince. Je me suis baladée dans la ville. À Pétionville, j'ai découvert un endroit formidable où l'on pouvait se gaver de crème glacée délicieuse. On vendait aussi des pizzas, hamburgers. Dans la première partie on trouvait une boulangerie-pâtisserie.
Malheureusement ce fut un an après le tremblement de terre. Le pays n'avait pas terminé de nettoyer les villes et villages. Des maisons, des cathédrales effondrées ici et là. Cependant, je suis allée passer une semaine à la campagne. On se trouvait passé Jacmel dans un village appelé Ticoton.
J'ai passé la plus belle semaine de ma vie. Relaxation totale, assise sous les manguiers, se reposer dans l'après-midi, prendre ses repas dehors en plein air. Passer la majorité de ses journées à l'extérieur sans se soucier du temps. Les rayons de soleil qui nous caressent, manger des aliments sans additifs. Bref! C'est la vie que je souhaiterais à longueur d'année. Les gens se contentent de l'essentiel. Nous au Québec on est trop «consommateur» et la vie est trop rapide. Ce fut une expérience formidable. Prendre le temps de vivre !

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Décembre 98. Port-au-Prince est déjà, à 8 heures du matin, moite de chaleur et vibrante d'animation. "Tu ne pourras pas passer. Il n'y a pas de pistes, rien. Et c'est trop dangereux, il y a les zenglendos, la malaria, pas d'hygiène". Tout le monde m'a vivement déconseillé d'entreprendre ce raid Jérémie-Les Cayes en longeant la côte, à l'extrémité sud-ouest d'Haïti. "Là-bas, c'est la préhistoire, des villages oubliés, perdus, des gens qui n'ont jamais vu de Blancs !" Ce lundi, l'avion pour Jérémie part à 9 heures. Théoriquement. Le zinc à hélices inspire vaguement confiance. A 10 h, il décolle enfin. Vue du ciel, l'île de la Gonâve révèle son douloureux déboisement et ses habitations dispersées.

Une heure de vol et nous atterrissons sur une piste caillouteuse, envahie d'herbes folles. Hélas, Jérémie est à plusieurs kilomètres à l'est et je pressens une marche forcée. Mais non, un gars me propose sa voiture. Évidemment, nous sommes huit, serrés comme des anchois, dans le 4x4 exténué. La piste est défoncée, les fauteuils idem. Le chauffeur s'arrête fréquemment pour régler divers problèmes personnels, y compris à Jérémie où je visite ainsi les faubourgs sans avoir rien demandé. "Jérémie est, avec Jacmel et Cap-Haïtien, la plus belle ville du pays", affirmait la rumeur. Mais la rumeur n'y est certainement pas retournée depuis belle lurette. C'est plutôt une ville qui a de beaux restes. Mais la déglingue la ronge, elle se bidonvilise elle aussi, et son bord de mer n'est guère engageant, livré aux décharges d'immondices. Pourtant, de belles maisons de style colonial ou gingerbread essaient de résister ici et là. Les rues ne sont pas autant souillées de “fatras” qu'à Port-au-Prince, et la circulation automobile est agréablement dérisoire. Sur les flancs encore boisés des collines environnantes, de riches demeures sont tapies, vue sur la mer et charme paisible garantis. Une ou deux fois par semaine, des bateaux relient la ville à la capitale. Surchargés et vétustes comme il se doit, il leur faut 8 heures pour ainsi briser quelque peu l'isolement de Jérémie, qui semble s'éloigner chaque jour un peu plus de Port-au-Prince. Par la route - enfin, ce qu'il en reste - il convient de prévoir 12 heures, via Les Cayes. L'homme blanc y est encore plus rare. On le dévisage avec une curiosité mitigée de suspicion. Quelques enfants cèdent à la tentation de s'en moquer gentiment. De rares mendiants lui tendent une main désabusée et incrédule.

Après une journée passée à arpenter rues et places sous un implacable soleil, l'envie de déguerpir se fait pressante. Mais, il n'y a pas de lignes régulières vers Trou Bonbon et Les Abricots. Un jeune gars me sourit et accepte de me conduire jusqu'à Anse-du-Clerc sur sa moto. On m'a parlé d'un hôtel sympa près d'un hameau de pêcheurs. Le taxi motard réclame d'abord 50 gourdes (17,5 f.), mais ajoute qu'il y a l'essence à payer en sus, car ici, loin de tout, elle coûte beaucoup plus cher. Sur la place centrale, un petit revendeur d'essence étale ses récipients de récupération. Un gallon est acquis, moyennant 50 gourdes. A cet instant, le prix n'est plus de 50 mais carrément de 500 gourdes (175 f.) ! Compte tenu de l'état de la piste et du retour en nocturne. Négociation délicate et acceptation résignée de ma part à 300 gourdes (105 f.).

Nous voilà partis vers l'ouest. On grimpe d'abord, puis longe en la surplombant une côte qui s'avère sauvage et magnifique. Après une heure et demie de très mauvaise piste, ravinée et rocailleuse, nous voici à Anse-du-Clerc. J'ai les fesses douloureuses et les reins brisés. Une chose est sûre : à quelque 15 km de Jérémie, c'est déjà le bout du monde. Quant à Trou Bonbon, est-il nécessaire de préciser que ce charmant village tient davantage d'un trou que d'un bonbon ? La végétation cache les bungalows de l'hôtel, aussi agréable que discret. Le bouche à oreille assure son existence. Une réputation de dépaysement et de calme véritable, dans un écrin de beauté naturelle miraculeusement intacte. Ajoutez la gentillesse de Danielle et Michel qui ont créé et qui gèrent ce petit paradis perdu.
Comme c'est souvent le cas en Haïti, le confort est autonome. L'eau est captée à une source, de telle sorte que des sanitaires sont opérationnels. Rien ne manque, même si la touche rustique est privilégiée - avec bonheur - sur le clinquant des palaces tape-à-l'œil. L'éclairage est assuré par une électricité maison, issue de capteurs solaires et batteries. Une brise légère agite les palmiers criblant une avenante pelouse. Tout autour, la végétation en prend à son aise, se laisse aller à un délire d'essences et de couleurs. Côté bande sonore, le chuchotis régulier des vagues sur les galets s'efforce de ne point couvrir les timides causeries des insectes. La baignade est de rigueur, sous les yeux d'enfants rigolards, alors que des femmes lavent du linge dans une vaste flaque qui est en fait le bout d'une rivière s'alanguissant, hésitante à rallier la mer. La nuit est vite là. Langoustes boucanées et lambis grillés me rappellent que je suis au bord d'une mer encore bienveillante. Des lampes à huile pendues aux branches autorisent des flâneries nocturnes.
Les chambres sont adorables. Rustique traditionnel assorti d'un confort appréciable après les rigueurs du voyage. Le chant étrange et roucoulant des anolis, cette berceuse exotique, ne peut lutter contre la fatigue. Des serpentins verts se consument lentement, tenant les moustiques à distance. La note, comprenant le dîner, la nuit et le breakfast, se monte à 43 dollars US, ce qui n'est certes pas excessif pour ce petit nirvana que je dois si vite abandonner.
Auparavant, j'avais négocié avec des pêcheurs la poursuite de mon voyage. Affables et peu bavards, ils se montrent fermes sur le prix : 600 gourdes (210 f.) pour m'emmener en chaloupe jusqu'à Dame-Marie, avec escale aux Abricots, ancien site sacré des Arawaks. Départ au lever du jour. A 5 heures du matin, le petit déjeuner est royal, face à la mer qui bleuit faiblement. La fraîcheur relative est bien agréable. Des ombres se faufilent jusqu'à moi. Les pêcheurs sont prêts. Nous traversons bientôt le village qui s'anime déjà malgré l'obscurité. J'ai déjà pu constater que les Haïtiens ont des yeux de chat. Nous poussons la barque à l'eau. Les vagues la soulèvent. Le qualificatif archaïque est ici un euphémisme, tant la chaloupe semble contemporaine de la Santa-Maria. Prudents, les trois marins ont pensé aux vivres et à l'eau douce. Les voiles, incroyablement rapiécées, sont hissées avec dextérité. Dans la baie, la mer est plutôt calme, mais au large c'est une autre histoire. Le vent soufflant du nord oblige à tirer des bords et à progresser en larges zigzags. Le soleil pointe son museau et commence à nous taquiner. La mer se fait furieuse et notre coquille de noix joue à saute-mouton d'une façon qui ne semble pas inquiéter les pêcheurs. Ils mouillent quelques lignes à tout hasard.

La côte, tantôt déchiquetée, tantôt ourlée de plages fabuleuses, est splendide. Des falaises brunes sont percées de grottes et surmontées d'une végétation touffue. Des voiles passent à l'horizon, et nous croisons d'audacieux pêcheurs dans leurs bois-fouillés (pirogues) chahutés par la houle. Une heure et demie plus tard, nous voici aux Abricots. Hop ! Il faut sauter à l'eau, le sac à dos à bouts de bras. Outre le charme de ce village qui s'engourdit à l'écart des pistes fréquentées, hors d’atteinte de l'hystérie port-au-princienne, les vestiges d'une sucrerie coloniale invitent à s'enfoncer dans les terres. Apitoyé et amusé, un paysan me prête un mulet en m'assurant que j'en aurais pour 2 heures et demie minimum. Le bestiau n'est pas un foudre de guerre. Sa “tok” (selle) de paille tressée est assez confortable. Craintif et peu enthousiaste, il m'emmène sans hâte sur une piste de terre brune, boueuse et ravinée, à travers une végétation assez exubérante. Il a plu et l'humidité m'enveloppe agréablement. Par trois fois, il faut franchir un cours d'eau. Le mulet rechigne, et il me faut en descendre, puis le tirer dans une eau plutôt fraîche. Il peut bien y avoir un tremblement de terre en Chine ou des hommes débarqués sur Mars, on ne le saura jamais ici. Ces villages vivent dans un isolement d’un autre âge, à peine lézardé par des raids d'ONG, ou de touristes intrépides. Quelques pans de murs noircis et rongés par la végétation constituent les fameuses ruines. La balade pourrait être décevante, s'il n'y avait la découverte d'une région encore farouche et de modes de vie inchangés depuis des lustres. Sur le chemin du retour, je prends en croupe un petit garçon qui va à l'école avec les chaussures trop étroites de sa sœur, malgré ses hésitations face à un Blanc dont la présence ici lui paraît bien incongrue. Plus loin, des écoliers traversent une rivière sur un petit bac artisanal.

Une fois retourné au hameau, je grimpe un sentier escarpé pour aller rendre visite à un couple étonnant. Il est canadien et, après avoir épousé une haïtienne, s'est installé avec elle aux Abricots où elle dirige plusieurs écoles qu'elle a créées. Insolite et superbe maison avec vue sur la baie et confort occidental. Radioamateur, il est relié à la planète entière. Il connaît bien l'histoire de ce pays, y compris celle des Taïnos Arawaks. Je tente ensuite de visiter un de ces sanctuaires indiens qui pourrait conserver une vague trace. Audacieusement parvenu à l'entrée d'une grotte, trou béant à flanc de falaise, je distingue la masse sombre des chauves-souris qui garnissent la voûte. "Surtout, pas de flash, ni de torche", m'avait-on prévenu. Impossible de voir des gravures rupestres ni quoi que ce soit dans l'obscurité. Pauvres Arawaks qui n'ont laissé qu'un souvenir flou. Les malheurs d'Haïti sont-ils votre vengeance posthume, comme une éternelle malédiction ?...

Quatre heures sont nécessaires pour atteindre Dame-Marie à la voile. Nous avons beaucoup discuté à bord, en créole mitigé de français, et beaucoup ri. En Haïti, on rit à tous propos, comme pour exorciser le malheur. Se doutant que le Blanc serait insouciant, les pêcheurs avaient pris des comparettes (biscuit local) et des cassaves (galette de manioc) pour moi. Je suis trempé, la mer est si coquine. Dame-Marie n'a rien d'une mégalopole. Un wharf lui permet d'accueillir des cargos ravagés par l'âge, et de grosses chaloupes ventrues, surchargées. Une vive animation règne sur ce petit espace portuaire. Je flâne, cause avec des gens surpris et amusés. Non, pas d'hôtel, et pas de tap-tap pour Anse-d'Hainault. Pas question de rebrousser chemin. Je finis par dénicher un ami du cousin d'un gars rencontré ailleurs. Il accepte de m'emmener à Anse-d'Hainault avec son fly-boat (canot à moteur). Combien ? Rien, il ne veut rien puisque je suis un ami du cousin de son propre ami. Toutefois, il me tend un bidon et me prie d'aller quérir de la "gasoline". Cette emplette apparemment anodine fait partie des démarches pouvant revêtir, en Haïti, une épuisante complexité, en exigeant beaucoup de temps et de patience. C'est ainsi qu'après bien des kilomètres à pied et quantité d'échecs, je rapporte enfin 2 gallons payés 100 gourdes (35 f.).
Le canot file gaillardement, manque plusieurs fois de s'envoler tant la houle est forte, et vient se planter sur une grève pentue moins d'une heure après. Mon pilote exhibe un large sourire pour me signifier qu'une gratification, mettons de 100 gourdes, ne serait pas de refus, compte tenu de la vie qui est si rude par ici. Je les lui donne en soupirant car mon budget commence à prendre du gîte.

Coquet et plutôt paisible, le village est coincé entre les mornes et le rivage. La végétation semble assez épargnée alentour. Ici, on produit des bananes, de la canne à sucre, du cacao, mais le charbon de bois est hélas bien plus lucratif. Un paysan m'explique qu'il doit produire et porter des régimes de bananes, à dos d'âne jusqu'au port où il en tire 15 gourdes (5,25 f.) pièce, mais qu’il préfère produire et porter du charbon à 150 gourdes le sac (52,50 f.) ! Une épave de cargo gît au pied d'une falaise, non loin du wharf très animé et garni de bateaux. Un caboteur par semaine autorise les échanges avec Jérémie et la capitale. Jadis, la famille Duvalier possédait 2000 hectares d'hévéas dans la région, employant 100 personnes et produisant 300 ballots de caoutchouc par mois. A la chute de la dynastie, tout fut abandonné et les arbres promptement convertis en charbon. Une petite centrale thermique produit de l'électricité, partagée avec Dame Marie, ce qui entraîne quelques querelles. A part les innombrables projets de développement tombés successivement à l'eau dans le passé, restent celui de fabriquer des bûchettes à partir des résidus de la canne à sucre et du manioc, ce qui réduirait le massacre des arbres, et celui d'installer un moulin à moudre. Des cours devraient être bientôt assurés par un agronome afin d'apprendre aux paysans le greffage et les plantations les mieux adaptées à la région. Ici aussi, les conflits entre factions politiques rivales entraînent plus de sabotages que de réalisations. Cette torpeur des villes oubliées est à peine troublée par les jeux des enfants et les frappés des joueurs de dominos, attablés au milieu d'une rue fangeuse et exempte de véhicule. Naturellement, je suis l'attraction locale pour ces habitants du bout du monde. Une kyrielle de mômes m'escorte. Questions et quolibets pleuvent serrés : "Youhou, blan gwozotèy !” (gros orteils : nom donné aux pauvres qui vont pieds nus). Mes sandales sont accrochés à mon sac à dos, et le fait d’aller pieds nus est, en Haïti, lourd de symbole. C’est indigne, c’est la marque honteuse de la misère. Encore une fois, les autochtones sont pris de pitié pour ce “blan-misè” égaré. Non, il n'y a plus d'hôtel ici, et plus de restauration possible à cette heure. Je suis trempé de sueur, couvert de poussière, maculé de boue, et je sens le poisson comme la halle de Concarneau. Pas une fontaine en vue, mais un gosse m'indique une source, à 20 minutes de marche. Je m'y abreuve et m'y lave avec délectation. Scène qui va se reproduire maintes fois, une vieille femme ne peut résister à l'envie de toucher mes poils des bras, puis mes cheveux, ce qui la plonge dans une sorte d'admiration extatique. Ces poils et cheveux "soie", lisses et fins, naturellement "repassés", la laissent ébaubie et rieuse. Elle s'excuse mollement de son audace.

La nuit est un brin avancée lorsque je tente une dernière chance de gîte et couvert. Un employé communal occupé à réparer un muret m’assure que les superbes bâtisses à flanc de colline, celles des Frères de Saint-Gabriel, accueillent parfois des hôtes de passage. J'y avise un type en short et chemisette, grand et mince. Présentations. Frère Denis m'écoute, me sourit et me prie d'attendre un moment. J'en profite pour visiter. Un autre frère, en short et débardeur, sort du bâtiment d'habitation. Il me propose tout de go de dormir dans un local genre dortoir. Il y a 7 lits munis de moustiquaires, des douches, des lavabos, des WC.?Une colo de vacances de standing. "J'espère que ça vous convient car on n'a rien d'autre. Des soldats américains ont logé ici pendant un bon mois. Nous leur comptions 13 dollars US par jour, avec les repas. Le dîner est à 19 h. et la cuisine est française aujourd'hui", me dit-il, péremptoire. Je suis aux anges. Après la douche d'urgence et le lavage de mes vêtements, je sors musarder. Des enfants en haillons s'agglutinent rapidement autour de moi. Ils ne maîtrisent guère le français. Tout simplement parce qu'ils ne sont pas scolarisés. Ce sont les délaissés que les parents ont sacrifié au bénéfice des plus doués. Ils sont très intrigués par ma présence et par mon appareil photo. Je le prête à une petite fille délurée aux dents de travers qui prend maladroitement un cliché, déclencheur de fous rires. Le repas, précédé de la prière de rigueur, est à la bonne franquette et excellent. Les frères deviennent bavards. Ils sont visiblement heureux de pouvoir discuter avec un "touriste" francophone. Leur accent canadien est à couper à la hache et ne laisse aucun doute sur leur origine. J'apprends bien des choses sur la région. Les frères ont apporté pas mal de mieux-être aux autochtones, mais ils semblent un peu désabusés lorsqu'ils songent au bilan global de leurs 15 ans de présence ici. Malgré tout, frère Denis ne veut pas décrocher. Il y croit encore. Les projets se bousculent dans sa tête.

Dehors, la nuit est tombée et quelques menues lumières scintillent ici et là. Le calme s'épaissit, sporadiquement haché d'aboiements lointains et d'ultimes cocoricos éraillés. Le petit déjeuner canado-haïtien est délicieux. Conciliant, frère Denis envoie un garçon prospecter en ville, afin de me trouver un moyen de rallier Les Irois, un patelin d'où est censé partir une chaloupe pour Tiburon en milieu de journée. Pour un transport à moto, il faudra donner 300 gourdes (105 f.) au moins, estime-t-il. Le temps passe. Attendre est une spécialité haïtienne. Je prends congé de mes gentils hôtes et, impatient, je pars visiter, “m'ap flané” (je vais flâner) dans des rues proprettes et étrangement calmes. Le propriétaire de l'une des deux seules motos du village est soucieux. Il me demande de patienter un instant qui va durer plus d'une heure. Puis, il consent à me prêter l'engin, à la condition de lui faire quelques livraisons sur le trajet. "Oké Dako". Aux Irois, je devrais laisser la moto à son ami. Dernières recommandations : ne jamais abandonner la moto, et surtout ne pas m'arrêter si des gens m'y invitent sur la piste, d'autant plus s'ils ont une machette à la main ! “Mèsi anpil” (merci beaucoup), mais combien dois-je pour cette location ? Rien, puisque je suis un ami de frère Denis. Et me voilà parti avec la pétaradante. La piste longe les plages, grimpe dans les mornes, traverse des villages paisibles. J'y fais mon petit effet. Je prends mon temps et pas mal de clichés. Le coin est un petit paradis, la végétation est superbe, les gués innombrables. Une fillette m'arrête. Pas vraiment l'air d'un zenglendo (bandit des chemins), cette gamine. Elle veut en savoir plus. On cause gentiment. Nadiège n'a guère l'occasion de raconter sa vie à un Blanc tombé du ciel, et elle en profite, me dit les chieries de l'existence autant que le plaisir de vivre ici. Elle m'interroge surtout sur ma vie privée, ma famille, d'où je viens et où je vais, et pourquoi. Son père a disparu, peut-être noyé en boat-people. Maman cultive son lopin, achète et revend des bricoles, fait la cuisine pour une ONG. La fillette va chercher de l'eau au diable vauvert. "M'té kontan wè ou !" (J’ai été contente de te voir) - "Moi aussi, petite, moi aussi”.

Je m'écarte souvent de la piste, voudrais en voir davantage, me brûler les yeux d'images définitivement imprimées. A droite, la caye aux volets bleus; j'y livre les deux cartouches de cigarettes "Comme il faut" à un vieillard rigolard dont la dentition est à claire-voie. L'arrivée aux Irois est décoiffante. C'est le marché et je fends une foule hyper dense qui s'écarte, interloquée. Une image folle m'assaille : Christophe Colomb traversant à moto une masse d'Arawaks épatés. La moto déposée, je continue à pied vers l'embarcadère. Le village a son charme, le béton y tarde à remplacer les jolies maisons en bois, vivement colorées. Le marché vaut le détour. J'y achète une pipe traditionnelle pour 5 gourdes (1,75 f.), et de succulents pâtés (beignets salés genre friands, garnis de viande, d'œufs durs ou de légumes) dont les prix varient de 2 à 5 gourdes. A l'officine "Téléco", cordon ombilical avec la capitale, impossible de téléphoner. Pas de ligne. Sur la plage, hélas dépôt d'ordures fourragées par quelques cochons "planches" désabusés, l'animation est grande face à plusieurs chaloupes que l'on charge par le va-et-vient de bois fouillés. Le boss capitaine de celle qui va aux Cayes, via Tiburon, me réclame d'avance les 75 gourdes (27 f.) du trajet. Petite altercation avec ses marins qui estiment ce tarif trop bas pour le Blanc. Ma faible maîtrise du créole me permet de piger la chose. Histoire de calmer le jeu, j'offre des "fritailles" à l'équipage. Les discussions s'engagent. L'attente, encore elle, s'éternise. Ce n'est qu'à 15 h. 30 que le capitaine décide de lever l'ancre, estimant le nombre des passagers suffisant. L'embarquement commence grâce aux bois-fouillés des enfants. Ils réclament 5 gourdes ("ba'm dola, blan !") pour transporter un voyageur jusqu’à la chaloupe qui se dandine à quelques encablures du rivage. Plus de 50 personnes s'entassent dans cette barque, certes ventrue mais cependant pas assez, sur les caisses et les sacs de charbon. Chacun a ses bagages et les disputes vont bon train dans cet empilage désordonné. La barcasse est rudement secouée. On se tient comme on peut, blottis par force les uns contre les autres. Des gosses pleurnichent, des femmes crient, les visages se ferment. A l'arrière, le barreur guette les écueils, surveille la forte houle et peste entre ses dents. A côté de moi, une femme s'abîme dans une prière qui doit la protéger d'un naufrage imminent. Allez savoir pourquoi je songe au Titanic, puis à “l’Aviron 1” englouti dans ces mêmes eaux en 1996. Le moteur pousse vaillamment cet autobus de mer. Alternativement, nous frôlons des caps tourmentés et découvrons des criques charmantes. Au bout d'un moment, la confiance revient, la détente s'installe. Les conversations s'animent, les rires fusent, les gamelles de riz-pois jaillissent des sacs, des bouteilles d'eau circulent de mains en mains. Une micro société s'organise à bord, avec ses responsables de ceci ou cela, ses conteurs, ses administrés, ses protégés, ses conseillers en navigation, ses pasteurs et leurs ouailles. La solidarité étend ses ailes protectrices, ceux qui ont à manger partagent avec ceux qui n'en ont pas. Les nouvelles se propagent ici. Gouvernement et "grands mangeurs" sont largement assaisonnés de reproches amers. Mais la rigolade reprend vite le dessus. Une dame fait un signe discret à un marin qui écope l'eau embarquée dans le chevauchement des vagues furieuses. Il lui lance alors son petit récipient en plastique. Avec un sourire emprunté, la dame se cale contre le flanc de la chaloupe, soulève sa robe et place le récipient à l'endroit adéquat. Il s'agit de soulager un besoin naturel pressant de la façon la plus honorable possible, compte tenu des circonstances. La dame n'en interrompt pas pour autant la discussion engagée avec ses voisins, lesquels s'inquiètent vaguement d'éventuelles éclaboussures ou d'un soubresaut mal venu de la barque. Une fois la chose effectuée, reste l'évacuation du produit. Rien de plus simple, elle extirpe le récipient de son entrecuisse, rabat ses jupes et, le soulevant un peu trop haut, balance le contenu à la mer. Las, la vitesse et le vent rabattent en embruns le liquide indésirable. Une douzaine de personnes en aval tentent une esquive désespérée. Bien sûr, touché ou pas, tout le monde rit aux éclats. Une dame est assise sur mon pied, l'ankylose est le lot commun dans cet entassement. Une jeune fille somnole, la tête sur mon épaule. Ils sont nombreux à sommeiller malgré l'inconfort coriace de cette bétaillère flottante. Je tente une manœuvre d'assouplissement en me levant et, appuyé au rebord un brin vermoulu de la chaloupe, je respire à fond cet air vif.
Un plouf léger et un cri terrible retentissent. Tout se passe en un éclair. Je vois le gosse passer devant moi, le corps déjà immergé. Réflexe incontrôlé, je bascule vers le flot, lance la main et cueille le gamin par une cheville. On me tire par l'épaule, j'arrache le petit garçon de l'eau. Pendu par un pied, il est hébété, puis tousse. Déjà, sa mère est sur moi, l'attrape, l'embrasse et l'engueule en même temps. Un ange passe, puis la chaloupée se soulage dans un brouhaha de commentaires. Me voilà héros du bord, félicité, remercié, embrassé. Une voix regrette que ce soit toujours les Blancs qui soient "meilleurs". Au-delà de l'incident, je lis dans les regards la bousculade des pensées, et toute l'ambiguïté historique des relations entre Blancs et Noirs.
La chaloupe cingle vers le fond d'une crique où quelques cayes sont tapies. Il s'agit d'y débarquer un couple. Puis, nous repartons vers le cap suivant. La nuit s’installe et enflamme le ciel lorsque l'ancre est enfin jetée près du rivage de Tiburon. Une nuée de bois-fouillés cerne la chaloupe. Cris, bousculades, des gens descendent, d'autres montent à bord. Chacun essaie de récupérer ses bagages dans la mêlée. Des enfants se disputent le débarquement du seul Blanc.

Me voilà sur la plage, sale, en sueur et imbibé d'eau de mer. Il est trop tard pour rallier Les Anglais; un seul tap-tap par semaine fait la liaison et il est parti hier matin. Visite, discussions, négociations reprennent. Non, plus d'hôtel ici. Je trouve un soda glacé dans une boutique où des volailles exigeantes refuseraient de loger. Au comptoir, la vieille dame traîne son âge sans conviction. Oui, quelqu'un ici possède une moto. Non, il ne me mènera pas aux Anglais ce soir. Oui, on peut trouver où dormir, si Dieu veut. Plus tard, le propriétaire de la moto me propose le service complet : dodo chez une parente et transport demain dès l'aube jusqu'aux Anglais. Là-bas, il y a un bus qui part pour les Cayes vers 8 h. du matin. Mais, il est gourmand : 500 gourdes (175 f.) pour le tout. Ce Blanc est un cadeau du ciel qu'il faut rentabiliser. N'ayant pas trouvé mieux, surtout pour rallier le village suivant, j'accepte son offre. Bien entendu, il faut attendre. Il part, revient, repart, revient et me conduit finalement chez lui.
Le temps passe. La nuit s'épaissit. Le jeune gars installe une télévision et un magnétoscope sur une table bancale, dans sa petite cour encombrée de mille objets déglingués. D'autres jeunes installent des bancs et des chaises face à ce cinéma de fortune. Je donne un coup de main, ce qui choque légèrement car le suis considéré comme un hôte de marque qui ne doit pas mettre la main à la pâte. La distraction principale de la jeunesse locale se prépare. Le plus délicat est de lancer le générateur à essence qui va alimenter les appareils. La faim me pousse à chercher un snack de campagne mais je dois vite déchanter.
Heureusement, un jeune garçon propose de s'en occuper. Il s'enfonce dans l'obscurité de la rue. Le gros générateur public du village est en panne et les réverbères demeurent muets. Dans le faisceau de ma lampe torche passent des gens à pied ou à dos d'âne. Ils se déplacent avec aisance dans une obscurité totale. Les gosses se sont massés devant la télé où défilent des clips vidéo enregistrés sur une chaîne quelconque, à Port-au-Prince. La maison proposée est une cahute folklo au toit de chaume et aux murs de torchis. Le sol est en terre battue et la baraque penche dangereusement. La chambre évoque une bergerie de Haute-Provence. Derrière la maisonnette, on me montre un seau d'eau et un savon : la salle de bains. J'en profite aussitôt, à la lueur d'une bougie. La dame qui vit là m'explique qu'elle va aller dormir ailleurs, et qu'elle n'avait plus vu de Blancs depuis bien des mois. Suspendus entre l'âge de pierre et le XXIe siècle, villages et habitants de ce far-west haïtien oublié se laissent porter. Les yeux semblent perdus dans quelques rêves pas encore frelatés. Comme s'ils attendaient un signe du ciel, une intervention divine, sans se faire trop d'illusions.
Ici, plus qu'ailleurs, on pare au plus pressé. Vivre n'est pas une obsession, survivre est déjà pas si mal. On tue le temps en regardant la mer d'où viennent toujours les ennuis, et qui porte aussi tous les espoirs secrets. Devant la télé qui repasse en boucle les mêmes images, je peux enfin manger un plein saladier de poissons frits et bananes pesées, partagés avec un jeune chien qui n’en revient pas. Beaucoup plus tard, après de savoureuses causeries, je vais me coucher. La chaleur et les bruits nocturnes sont supportables. Encore une fois, j'ai bu beaucoup d'eau d'origine inconnue, ce qu'il faudrait éviter, mais les sodas sucrés sont lassants.

Pas de café à 5 h. du matin. Il fait encore nuit. La moto est prête, le pilote aussi. Il veut les 500 gourdes maintenant. Nous partons aussitôt, mais le phare est intermittent, ce qui entraînera quelques chutes sans gravité. Très vite, les lueurs de l'aube révèlent un paysage sauvegardé dans sa beauté naturelle. Plages de rêve ourlées de cocotiers, bananeraies touffues, cayes éparses, végétation triomphante. La moto tressaute, patine et cale souvent. La selle est aussi confortable qu'un sac de cailloux.
Près de deux heures plus tard, nous débouchons dans les rues des Anglais, déjà animées. Le motard me laisse sur une vaste place où courent des plantes sauvages et prend congé. Le bus est là. En fait un camion à ridelles où quelques passagers sont déjà assis. Des petits marchands de fritailles sont à pied d'œuvre tout autour. J'avise des marmites de café "chaussette" sur des braseros. Une dame me sourit et me tend une tasse fumante à l'émail émoussé. Avec 2 petits pains, ça fera 5 gourdes en tout. Ce moment est divin. Etonnés et curieux, des gens viennent engager la conversation avec le Blanc.
Il est 7 h. 30. Le chauffeur du camion, sur lequel est inscrite sa destination : "express partout", me répond qu'il ne partira pas avant 9 h. Je musarde donc en attendant et prends quelques photos. Un gars, qui me prend sans doute pour un Blanc bourré de “kobs”, me fait remarquer qu’un centre culturel serait le bien venu. Le raid jusqu'aux Cayes va s'avérer épique, long, épuisant et riche en péripéties. Le camion est évidemment surchargé lorsqu'il part enfin vers 9 h. 30. Je me suis assis sur la barre étroite d'une ridelle. Grossière erreur, car plus de 5 heures dans cette position instable vont me meurtrir sévèrement les fesses et les mains. La coxalgie fait partie de ces petits souvenirs émouvants rapportés d’Haïti Sur le pare buffle, à l'avant, un bouc tout blanc est fermement attaché. Il manifeste fréquemment sa désapprobation. D'autres cabris, ligotés et piétinés sur le plateau du camion, ne sont pas mieux lotis. Les Haïtiens ne sont ni tendres ni patients avec les animaux qui servent couramment de souffre-douleur. Les chiens, errants faméliques, sont particulièrement maltraités, repoussés et donc extrêmement craintifs.

Les pistes sont abominablement défoncées, tantôt caillouteuses, tantôt boueuses, tantôt ravinées au point que le camion prend un gîte inquiétant. Et puis, il y a les traversées de rivières où souvent il s'embourbe. Alors, tout le monde doit descendre, dans l'eau qui peut monter à la taille, pousser ou bien s'en aller attendre le camion plus loin. Le soleil est cuisant, impitoyable, et seul le vent du déplacement en calme les ardeurs. La poussière recouvre vite passagers et bagages. Les cheveux virent au gris. Je regrette la perte de ma casquette, envolée quelques jours auparavant d'un tap-tap. La vie s'organise à peu près comme sur la chaloupe. On bavarde, on se moque du Blanc, on partage les en-cas et l'eau. Le camion s'arrête fréquemment, parfois en pleine campagne, pour déposer un passager ou en charger un autre. Il stoppe aussi pour les arrêts pipi ou à la demande de marchandes de “manger cuit” groupées au bord de la route.

Et puis, survient un obstacle imprévu : un pont a disparu. Impossible de franchir la rivière ici. Palabres et protestations commencent. Finalement, les passagers doivent descendre et marcher jusqu'à un carrefour de pistes, à quelques kilomètres de là. Ils devraient, si tout va bien, y retrouver le camion qui va tenter de traverser plus en amont et doit pour cela rouler à travers la brousse. Les voyageurs s'éparpillent, en quête d'un gué plus commode, mais inaccessible aux véhicules. Pour ma part, j'empile des branches et des feuilles et dépose sur ce radeau de fortune mon sac à dos et mes vêtements. Et hop ! Me voilà à l'eau, poussant mon porte-bagages devant moi. Personne ne me suit dans cette entreprise, et voilà comment on arrive premier au rendez-vous fixé. Par chance, il y a des marchandes à l'ombre d'une poignée d'arbustes rabougris.

Les autres voyageurs finissent par arriver, débouchant d'un peu partout, puis le camion jaillit au bout d'une piste, dans les beuglements joyeux de son Klaxon à trompes. Et c'est reparti, après le tohu-bohu de la remontée à bord. Les paysages changent constamment, des bords de mer sauvages et déserts aux plantations de petit mil, des espaces encore boisés aux prairies ondulantes, des mornes farouches aux jardins quelque peu irrigués, dans un très joli dégradé de verts griffés d'ocres. Je suis étonné par la rareté des véhicules. De même, les pistes sont pauvres en piétons et bétail dans ce sud-ouest isolé, protégé peut-être. Port-à-Piment, Côteaux, Roche-à-Bateau, les villages défilent lentement et se ressemblent. Certains ont leurs rues pavées. Un calme inattendu y règne, l'activité y est à l'évidence réduite. Des banderoles pendent ici et là en travers des rues signalant une campagne de vaccination, une action de prévention du sida, un concert, des projets divers. Port-Salut et sa plage somptueuse totalement déserte m'apparaissent depuis mon perchoir de plus en plus inconfortable. Un superbe hôtel ceinturé de hauts murs semble fermé. Bientôt 13 h. et le camion commence à grimper vers le col qui permet de rejoindre la plaine de l'Acul. La mer s'éloigne. Les cahots dispensateurs d'hématomes ne sont pas encore terminés. Cent fois, j’ai failli être éjecté du camion dans ce rodéo des “freeway” haïtiens.?Le camion peine dans les côtes violemment ravinées par les orages tropicaux. Puis, la descente vers la mer des Caraïbes qui apparaît à l'horizon.
Après les interminables plaines quadrillées de rizières, l'arrivée aux Cayes est un soulagement général. Il ne reste qu'une trentaine de voyageurs, soit la moitié du nombre embarqué aux Anglais. A peine sauté du camion exténué, il faut s'ébrouer, vacillant de cet engourdissement, le corps douloureux, et s'enlever le plus gros de la poussière à grandes claques. La ville vibre et gronde. Pétarades, Klaxons, brouhaha et grouillement de la foule tranchent brutalement avec la sérénité des jours précédents. Ouf ! Je suis passé, j'ai vu ce bout du monde hors du temps, ces laissés-pour-compte de la civilisation et de ses bienfaits présumés. L'expérience, condensée dans ces lignes, est fabuleuse mais trop courte, faute de budget suffisant et de temps. Plus tard, il faudra rentrer à Port-au-Prince, à 8 ou 10 heures de là.

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